Home AffairesLa cour d’appel des demandeurs d’asile a dépensé 1,4 million d’euros en frais l’année dernière

La cour d’appel des demandeurs d’asile a dépensé 1,4 million d’euros en frais l’année dernière

by Amélie Bernard

Publié le 15 octobre 2024 à 17h21. Le Tribunal d’appel en matière de protection internationale (IPAT) a dépensé près de 1,4 million d’euros en frais d’avocats l’année dernière pour traiter les recours des demandeurs d’asile, révélant des disparités significatives dans les honoraires perçus par les différents praticiens.

  • L’IPAT a versé un total de 1,37 million d’euros à 80 avocats en 2024.
  • Maître John Noonan a été le mieux rémunéré, avec 199 705 € pour son travail.
  • Plus de 18 000 appels ont été déposés auprès de l’IPAT au cours des 20 derniers mois, dont 71 % se sont soldés par un rejet de la demande d’asile.

Les chiffres publiés récemment par l’IPAT, accessibles via une demande d’accès à l’information, mettent en lumière les coûts liés à l’examen des recours des demandeurs d’asile dont la demande initiale a été rejetée. L’avocat John Noonan s’est distingué en percevant le montant le plus élevé, 199 705 €, pour son travail auprès du tribunal en 2024. Il est l’un des deux seuls avocats à avoir dépassé le seuil des 100 000 € de rémunération pour cette activité.

Les honoraires versés aux 80 avocats ont considérablement varié, allant de 245 € pour les dossiers les plus simples, ne nécessitant qu’un examen des pièces, à plus de 199 000 €. Quatre avocats ont perçu entre 50 000 et 100 000 €, tandis que 17 ont été rémunérés entre 25 000 et 50 000 €. Treize autres ont reçu des indemnités comprises entre 10 000 et 25 000 €, et 44 ont gagné moins de 10 000 € pour leur travail.

Depuis février 2023, l’IPAT a enregistré plus de 18 000 appels de personnes s’étant vues refuser le droit de rester en Irlande. Sur ces 18 000 appels, 6 205 décisions ont été rendues, avec un taux de rejet de 71 % (4 408 cas). Cependant, 1 797 demandeurs ont obtenu gain de cause, soit en voyant leur décision initiale annulée, soit en se voyant accorder le statut de réfugié en appel.

L’analyse des données de l’IPAT révèle également des différences de taux de succès selon la nationalité des demandeurs. Les Géorgiens, par exemple, ont vu 22 % de leurs appels aboutir, tandis que le taux de succès pour les Nigérians s’élève à environ 14 % et celui pour les Somaliens à environ 12 %.

L’IPAT précise que les honoraires sont basés sur des tarifs fixes, établis en fonction de la nature de l’audience. Une affaire examinée uniquement sur la base des documents écrits donne droit à une indemnité de 490 €, un montant plus élevé s’appliquant en cas de présence d’un conjoint ou d’enfants. Une audience orale est rémunérée à 730 €, avec des majorations pour les membres de la famille supplémentaires. Des frais sont également prévus pour les décisions relatives à la recevabilité ou aux recours ultérieurs, ainsi que pour les retraits de recours, allant de 245 € pour un retrait avant l’audience à 490 € pour un retrait postérieur. Un report d’audience le jour même entraîne des frais de 245 €.

Contacté à ce sujet, un porte-parole de l’IPAT a indiqué qu’il n’avait pas d’autres informations à communiquer au-delà de celles déjà rendues publiques dans le cadre de la demande d’accès à l’information.

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