Home MondeLa Déclaration de Belém sur la faim et la pauvreté place les populations les plus vulnérables du monde au centre de la politique climatique mondiale — Global Issues

La Déclaration de Belém sur la faim et la pauvreté place les populations les plus vulnérables du monde au centre de la politique climatique mondiale — Global Issues

by Clara Dubois

Belém, Brésil – La Conférence des Nations unies sur le climat (COP30) a été le théâtre de promesses concrètes pour les populations les plus vulnérables face aux bouleversements climatiques. Un nouveau partenariat axé sur la protection sociale et le financement de l’agriculture paysanne a été lancé, témoignant d’une volonté de placer la lutte contre la faim et la pauvreté au cœur de l’action climatique mondiale.

Juliana Kerexu Mirim Mariano, coordinatrice de la Commission Guarani Yvyrupaa, a expliqué que son organisation se bat « pour les droits des peuples Guarani dans le sud et le sud-est du Brésil, en particulier la récupération de leurs terres ancestrales dans la forêt atlantique. » Sa mission est d’organiser une lutte politique pour la démarcation des terres, essentielle à la préservation des traditions culturelles et du mode de vie Guarani.

La situation est critique. Mirim Mariano a souligné que les communautés Guarani ne parviennent plus à récolter de nourriture depuis plus de trois ans, et que même les cérémonies traditionnelles liées à l’agriculture sont compromises par les aléas climatiques.

« Si nous n’avons pas notre terre et notre territoire sain, nous n’avons pas de nourriture saine, et sans nourriture, nous ne survivons pas. La nourriture doit devenir une pièce maîtresse du discours climatique mondial, et il ne s’agit pas de n’importe quelle nourriture, mais d’une nourriture saine qui correspond à notre ascendance, aux traditions et à la spiritualité locales », a-t-elle déclaré.

Les défis ne se limitent pas au Brésil. Njagga Touray, représentant du Parti de Gambie, a mis en évidence la dégradation des terres en Afrique de l’Ouest, due à des précipitations de plus en plus irrégulières, qui menace la sécurité alimentaire d’une population croissante.

« La situation alimentaire dans le pays, comme dans beaucoup d’autres, n’est pas très prometteuse. Le changement climatique entraîne une dégradation des terres en raison de précipitations de plus en plus irrégulières, ce qui diminue notre production ; nous devons nourrir une population croissante et planifier pour la prochaine génération », a-t-il affirmé.

La Déclaration de Belém sur la faim, la pauvreté et une action climatique centrée sur l’humain, approuvée par 44 pays la semaine dernière, est au cœur de cette nouvelle dynamique. Elle prévoit la création d’un groupe de coordination conjoint des donateurs du financement climatique d’ici 2028, afin de soutenir les efforts de lutte contre la faim et la pauvreté.

Par ailleurs, deux outils numériques innovants ont été lancés : un modèle d’intelligence artificielle (IA) open source pour l’agriculture, développé par le Brésil, les Émirats arabes unis, la Fondation Gates et Google, et AIM for Scale, un outil de prévision basé sur l’IA qui pourrait aider plus de 100 millions d’agriculteurs d’ici 2028.

Un engagement financier de plus de 2,8 milliards de dollars (montant initial) a été annoncé pour l’adaptation et la résilience des agriculteurs, afin de renforcer les systèmes alimentaires mondiaux. Martin van Nieuwkoop, directeur du développement agricole à la Fondation Gates, a souligné que « l’innovation agricole est le moteur de la résilience climatique. »

L’histoire de Joyce Chimbi, une jeune femme dont la famille a été déplacée il y a près de 60 ans en raison des changements climatiques dans les Sundarbans, la plus grande forêt de mangrove du monde, située entre l’Inde et le Bangladesh, illustre l’urgence de la situation. Elle est venue à la COP30 avec la mission de récupérer les terres ancestrales de sa famille.

Les Sundarbans, un site du patrimoine mondial de l’UNESCO, sont confrontés à l’élévation du niveau de la mer, à l’augmentation de la salinité des sols et de l’eau, ainsi qu’à des cyclones de plus en plus fréquents et intenses, qui perturbent l’agriculture et les moyens de subsistance de millions de personnes.

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