Les habitants de la région de la baie pourraient être appelés à voter en novembre 2026 sur une nouvelle taxe de vente dédiée aux transports en commun, une initiative qui pourrait débloquer des centaines de millions de dollars pour moderniser et étendre les réseaux existants. Le gouverneur Gavin Newsom a donné son feu vert à cette proposition, ouvrant la voie à une campagne de sensibilisation et de collecte de signatures.
À retenir
- Une taxe de vente régionale pourrait générer jusqu’à 264 millions de dollars par an pour les réseaux de transport en commun de la baie dès 2031.
- La coalition « Connect Bay Area Transit Committee » doit recueillir plus de 186 000 signatures dans cinq comtés d’ici juin 2026.
- Sans ce financement, des réductions de service importantes sont envisagées par BART, Caltrain et d’autres agences.
Contexte
Le 13 octobre, le gouverneur Newsom a promulgué le projet de loi du Sénat 63, également connu sous le nom de « Connect Bay Area Transit Act ». Cette loi autorise la mise en place d’une initiative électorale visant à instaurer une taxe de vente de 14 ans pour soutenir les agences de transport en commun de la région. Une coalition regroupant des associations de défense des transports, des syndicats et des entreprises s’est rapidement formée pour mener à bien cette initiative.
Baptisée « Connect Bay Area Transit Committee », cette coalition devra obtenir plus de 186 000 signatures auprès des électeurs des comtés de Santa Clara, San Mateo, San Francisco, Alameda et Contra Costa d’ici le 3 juin 2026. Jeff Cretan, porte-parole de la coalition, précise que la collecte de signatures ne pourra débuter qu’en 2025, les premiers mois étant consacrés à la levée de fonds et au renforcement des soutiens.
« C’est un effort considérable, qui concerne cinq comtés », explique Cretan. « Nous avons un groupe de défense qui travaille à mobiliser ses membres, mais qui va également à la rencontre des communautés pour expliquer l’importance de cette mesure. »
Ce qui change
Si elle est approuvée par les électeurs, cette taxe pourrait générer une augmentation annuelle d’environ 264 millions de dollars (environ 235 millions d’euros) pour la VTA (Valley Transportation Authority) d’ici 2031, permettant ainsi d’éviter des déficits importants. Ces fonds supplémentaires pourraient être utilisés pour étendre les services et améliorer les infrastructures.
Le taux de la taxe varierait selon les comtés, allant d’un demi-cent à un cent. L’argent serait réparti proportionnellement entre les agences de transport en commun desservant chaque comté. La VTA, par exemple, recevrait la majorité des recettes générées dans le comté de Santa Clara.
Pour d’autres agences, comme BART (Bay Area Rapid Transit), cette taxe est une question de survie. Les fonds d’urgence de BART devraient être épuisés en 2026, et des réductions de service drastiques – notamment la suppression de neuf stations et la réduction des horaires – seraient nécessaires pour combler le déficit. Selon les estimations de la Metropolitan Transportation Commission (MTC), BART pourrait recevoir jusqu’à 330 millions de dollars par an (environ 295 millions d’euros) grâce à cette nouvelle taxe.
Les défenseurs de cette mesure soulignent qu’elle est essentielle pour maintenir la qualité des transports en commun et, par conséquent, la qualité de vie dans la région de la baie.
« Sans cette initiative régionale, BART, Caltrain et toutes les autres agences envisagent des réductions massives de service, ce qui transformerait les autoroutes 101, 280, 680 et 880 en parkings géants », alerte Carter Lavin, cofondateur de la Transbay Coalition. « Imaginez le chaos si Caltrain disparaissait, si des milliers de passagers de BART en provenance de Berryessa North devaient se rabattre sur la voiture ! »
Prochaines étapes
Les premiers sondages sont encourageants. Une étude menée par la MTC en janvier, portant sur une version préliminaire de la mesure (sans le comté de Santa Clara), a révélé qu’une majorité d’électeurs soutiendraient la taxe pour éviter les réductions de service. Un sondage réalisé par la VTA en mai a également confirmé cette tendance. La MTC mène actuellement une nouvelle étude sur la version finale de la mesure, dont les résultats seront publiés prochainement.
En tant qu’initiative électorale, la mesure devra obtenir une majorité simple des voix pour être adoptée. Le conseil d’administration de la VTA a voté en faveur de son soutien, mais l’agence ne peut, pour l’instant, communiquer que des informations factuelles à son sujet. Sergio Lopez, président du conseil d’administration de la VTA et maire de Campbell, a toutefois indiqué qu’il envisageait de soutenir publiquement la mesure.
Bien que certains membres du conseil d’administration de la VTA aient exprimé des inquiétudes quant à la pertinence de demander aux électeurs d’approuver une nouvelle taxe dans le contexte économique actuel, les défenseurs de la mesure estiment que les résultats positifs des sondages témoignent d’une prise de conscience de la nécessité d’améliorer les transports en commun.
« Les gens ne veulent pas de statu quo, ils veulent un système de transport en commun plus pratique et plus facile à utiliser », affirme Adina Levin, directrice exécutive de Seamless Bay Area. Lopez ajoute que cette mesure permettrait à la VTA d’améliorer la fréquence, la couverture et la connectivité des services dans tout le comté et au-delà, notamment en améliorant la qualité de vie des passagers grâce à des transferts gratuits ou à tarif réduit.
Chiffres clés
- 264 millions de dollars : Augmentation annuelle estimée des revenus pour la VTA d’ici 2031.
- 186 000 : Nombre minimum de signatures requises pour qualifier la mesure pour le scrutin de novembre 2026.
- 330 millions de dollars : Revenus annuels estimés pour BART d’ici 2031.
Sources
Projet de loi du Sénat 63 (Connect Bay Area Transit Act)
