Publié le 2025-12-11 13:53:00. Une étude menée à Londres révèle une surreprésentation significative de personnes atteintes de TDAH et de troubles du spectre autistique (TSA) dans le système carcéral, soulevant des questions sur le diagnostic et la prise en charge de ces neurodivergences.
- Une proportion notable de détenus à Londres n’ont jamais reçu de diagnostic de TDAH ou de TSA, mais présentent des scores élevés suggérant la présence de ces troubles.
- L’étude souligne l’importance d’améliorer le dépistage et le diagnostic précoce de ces conditions, sans pour autant exonérer les individus de leurs responsabilités pénales.
- Les chercheurs mettent en garde contre les autodiagnostics en ligne et insistent sur la nécessité d’un avis médical professionnel.
Des recherches antérieures suggèrent qu’il existe une surreprésentation des personnes neurodivergentes, en particulier celles atteintes de trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et de troubles du spectre autistique (TSA), dans les prisons. Cette observation soulève la question de savoir si un nombre disproportionné de personnes atteintes de ces troubles se retrouvent impliquées dans le système judiciaire, et si un manque de diagnostic contribue à cette situation.
Pour approfondir cette question, le chercheur associé à l’Autism Research Center de l’Université de Cambridge, Procyshyn, a lancé une étude visant à déterminer la prévalence du TDAH et de l’autisme non diagnostiqués parmi les personnes détenues à Londres. L’objectif était d’évaluer si des interprétations erronées de comportements liés à ces neurodivergences pouvaient conduire à un traitement injuste ou à des erreurs judiciaires.
Avant de présenter les résultats de cette étude, il est important de souligner deux points essentiels. Premièrement, identifier un TDAH ou un TSA ne doit en aucun cas être interprété comme une excuse pour un comportement criminel. Cependant, comme pour d’autres facteurs atténuants, ces troubles pourraient être pris en compte dans l’évaluation d’une affaire si leur présence n’avait pas été négligée. Deuxièmement, bien que l’étude utilise le terme « autisme », il est plus précis de parler de troubles du spectre autistique (TSA), car il s’agit d’un ensemble de conditions variées.
L’étude a été menée sur une période de huit semaines en 2024, dans six centres de garde à vue de la police métropolitaine de Londres. Les chercheurs ont proposé à 303 détenus de se soumettre volontairement à un test de dépistage du TDAH ou du TSA, réalisé par un professionnel de la santé, un agent de détention ou un policier formé. Il est important de noter qu’il ne s’agissait pas de diagnostics cliniques formels, mais plutôt d’une évaluation préliminaire.
Sur les 71 % des participants ayant consenti à l’étude, 8 % avaient déjà reçu un diagnostic de TDAH, un chiffre supérieur à la prévalence observée dans la population générale (5 %). Plus frappant encore, parmi ceux qui n’avaient pas été diagnostiqués, la moitié a obtenu un score égal ou supérieur au seuil suggérant un possible TDAH non diagnostiqué, et 17 % ont présenté un score particulièrement élevé. En ce qui concerne l’autisme, 4,2 % des participants avaient déjà reçu un diagnostic, contre 3 % dans la population générale, et 5,4 % des personnes non diagnostiquées ont obtenu un score élevé indiquant des traits autistiques significatifs.

Les résultats de l’étude révèlent également que de nombreux détenus ont été arrêtés pour des infractions liées à la drogue. Des recherches antérieures suggèrent que les personnes atteintes de TDAH peuvent être plus vulnérables à la toxicomanie, mais cette tendance tend à diminuer lorsqu’elles reçoivent un traitement approprié. Cela souligne l’importance d’un diagnostic précoce et d’une prise en charge adéquate pour prévenir les comportements à risque.

Bien que cette étude ait été menée à Londres, les chercheurs estiment que ses conclusions pourraient être transposables à d’autres villes. Il est donc crucial d’améliorer les processus de diagnostic et de prise en charge du TDAH et des TSA. Cependant, ils mettent en garde contre l’autodiagnostic, qui peut être source de confusion et d’inexactitude. Si vous pensez souffrir de l’un de ces troubles, il est essentiel de consulter un professionnel de la santé pour obtenir un diagnostic précis et un plan de traitement adapté. Enfin, il est important de rappeler que le diagnostic ne saurait justifier un comportement illégal.
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