Publié le 2025-10-09 13:40:00. Une étude récente suggère que l’efficacité de l’élimination du méthotrexate (MTX), un médicament clé dans le traitement de certains cancers pédiatriques, pourrait être plus directement liée au volume d’urine produit par le patient qu’à la quantité de liquide administrée par voie intraveineuse. Ces résultats pourraient conduire à une optimisation des protocoles de traitement et à une réduction de la durée d’hospitalisation.
- Une diurèse (volume d’urine) plus élevée est associée à une élimination plus rapide du MTX chez les enfants atteints de leucémie lymphoblastique aiguë (LLA).
- Bien que l’élimination du MTX soit plus rapide avec une diurèse élevée, cela ne se traduit pas nécessairement par une réduction significative des effets secondaires liés au médicament.
- L’utilisation de diurétiques en complément de l’hydratation pourrait être une stratégie intéressante pour maintenir une diurèse optimale, en particulier chez les patients qui ne tolèrent pas de grandes quantités de liquide.
Le méthotrexate (MTX) demeure un pilier du traitement de diverses tumeurs malignes, notamment la leucémie lymphoblastique aiguë (LLA) chez l’enfant. Cependant, son utilisation est délicate, car il est essentiel de trouver un équilibre entre son efficacité thérapeutique et le risque de toxicité. Une élimination retardée du MTX est particulièrement préoccupante, car elle augmente le risque d’effets indésirables, surtout lorsque des doses élevées sont utilisées 1, 4.
Traditionnellement, les médecins ont privilégié une hydratation agressive pour favoriser l’excrétion du MTX, en particulier lors des traitements à haute dose (HD-MTX) chez les enfants atteints de LLA. Cependant, cette approche est remise en question par des études récentes 6, 7. Les nouvelles données suggèrent que la diurèse réelle, c’est-à-dire le volume d’urine effectivement produit, pourrait être un facteur plus déterminant que le volume total de liquide administré.
Dans le cadre d’une étude rétrospective, les chercheurs ont défini un seuil de 5 mL/kg/h pour distinguer les patients présentant une diurèse élevée (H-UO) de ceux présentant une diurèse faible (L-UO), en se basant sur la médiane observée dans la cohorte étudiée (5,4 mL/kg/h). L’étude a révélé une association entre une diurèse plus élevée et une élimination plus rapide du MTX. De plus, les premières concentrations sériques de MTX étaient généralement plus faibles dans le groupe H-UO, ce qui suggère que l’augmentation de la diurèse favorise une élimination accélérée du médicament. Il est important de noter que, malgré une clairance plus rapide, les niveaux thérapeutiques du MTX étaient maintenus dans les deux groupes.
Bien que l’élimination du MTX ait été plus rapide dans le groupe H-UO, cela ne s’est pas traduit par une réduction significative des toxicités majeures liées au médicament. Cela pourrait s’expliquer par l’amélioration des soins de soutien et la faible incidence d’effets indésirables graves dans les centres spécialisés. Aucun effet indésirable significatif, tel qu’une hépatotoxicité ou une interruption du traitement, n’a été observé dans l’un ou l’autre des groupes. Cependant, la durée d’hospitalisation était significativement plus courte dans le groupe H-UO, ce qui pourrait avoir des implications positives en termes de réduction des coûts et de l’utilisation des ressources de santé.
Pour maintenir une diurèse élevée pendant le traitement par HD-MTX, les médecins peuvent recourir à une hydratation agressive ou à l’ajout de diurétiques. Si l’hydratation agressive reste la norme, elle n’est pas sans risque, notamment en raison du risque de surcharge hydrique, de complications cardiovasculaires et pulmonaires 9. L’utilisation de diurétiques, bien que suggérée par certaines études 10, 11, n’a pas été confirmée par les résultats de cette étude. La plupart des patients ayant reçu des diurétiques appartenaient au groupe L-UO, ce qui suggère que leur utilisation était souvent une réponse à une clairance retardée du MTX plutôt qu’une mesure préventive.
Parmi les patients ayant reçu des diurétiques, une augmentation de la diurèse a été observée après l’administration, ce qui confirme leur potentiel thérapeutique dans certaines situations. Les chercheurs suggèrent que le traitement diurétique pourrait être envisagé comme une stratégie de soutien pour maintenir une diurèse optimale, en particulier chez les patients qui ne tolèrent pas de grandes quantités de liquide. Cependant, ils soulignent la nécessité de surveiller attentivement la diurèse et d’adapter le traitement en fonction des besoins individuels de chaque patient.
Cette étude présente certaines limites, notamment sa conception rétrospective, sa taille d’échantillon relativement petite et le fait que la décision d’utiliser des diurétiques était laissée à l’appréciation du médecin traitant. De plus, la proportion plus élevée de patients de plus de 10 ans dans le groupe L-UO pourrait avoir introduit un biais. Malgré ces limitations, les résultats de l’étude confirment l’importance de maintenir une diurèse adéquate pour favoriser l’élimination du MTX et optimiser le traitement de la LLA chez l’enfant.