Mis à jour le 10 novembre 2025 à 16h15. Contre toute attente, la consommation modérée de café pourrait s’avérer bénéfique pour la santé cardiaque, en particulier pour la régulation du rythme cardiaque, selon de récentes études.
- Une consommation modérée de café (2 à 3 tasses par jour) est associée à une réduction du risque d’arythmie.
- Des recherches suggèrent que le café pourrait même être protecteur chez les personnes déjà atteintes de fibrillation auriculaire.
- Un essai clinique, le programme DECAF, vise à évaluer l’impact de l’arrêt de la consommation de café sur les patients souffrant de FA.
Longtemps pointé du doigt comme un facteur aggravant les troubles cardiaques, le café est réévalué par la communauté scientifique. Des études récentes, menées sur de vastes populations, remettent en question cette idée reçue et suggèrent même un effet protecteur contre les arythmies, notamment la fibrillation auriculaire (FA).
Une analyse de cohorte portant sur plus de 386 000 participants au Royaume-Uni, publiée dans la revue JAMA Internal Medicine, a révélé qu’une tasse de café supplémentaire était associée à une diminution de 3 % du risque de développer une arythmie. Ces résultats contredisent l’opinion traditionnelle selon laquelle le café perturbe le rythme cardiaque.
Une méta-analyse de 2022, examinant 10 études impliquant plus de 723 000 personnes, a confirmé cette tendance. Elle a montré qu’une tasse de café supplémentaire par jour était associée à une réduction de 2 % du risque de FA. Bien que ce pourcentage puisse sembler faible, sa constance dans différentes études renforce l’hypothèse d’un effet neutre, voire légèrement bénéfique.
Les bénéfices potentiels du café ne se limitent pas à la prévention. Une étude menée en Suisse et en Allemagne, sur 3 835 patients déjà diagnostiqués avec une FA, a révélé que ceux qui consommaient du café quotidiennement présentaient un risque réduit de 23 % de subir des événements cardiovasculaires indésirables majeurs (ECIM : crise cardiaque, insuffisance cardiaque, décès d’origine cardiovasculaire) par rapport à ceux qui en consommaient moins fréquemment.
Pour aller plus loin, l’essai clinique randomisé DECAF – qui signifie « Does Elimination of Caffeine Avoid Fibrillation » (l’élimination de la caféine permet-elle d’éviter la fibrillation ?) – évalue actuellement l’impact de l’abstinence de café chez des patients atteints de FA après une cardioversion. Menée aux États-Unis, au Canada et en Australie, cette étude impliquera 200 participants et apportera, à terme, des données plus précises sur le sujet.
Mais comment le café pourrait-il exercer un effet protecteur ? Plusieurs mécanismes sont envisagés. Le café est riche en antioxydants et en composés anti-inflammatoires, tels que les acides chlorogéniques, qui pourraient réduire le stress oxydatif et l’inflammation, des facteurs impliqués dans la FA. La caféine pourrait également stimuler une légère augmentation de l’activité physique et de la vigilance, améliorant ainsi indirectement la fonction cardiaque. Enfin, son effet diurétique modéré pourrait aider à réduire la surcharge volumique, un facteur pouvant contribuer aux arythmies.
Il est important de noter que ces bénéfices observés ne signifient pas que le café doit remplacer un traitement médical. Les personnes souffrant d’arythmies sévères, d’hypertension non contrôlée ou qui identifient que le café déclenche des symptômes doivent consulter leur cardiologue avant de modifier leurs habitudes de consommation. Une consommation modérée, de l’ordre de 2 à 3 tasses par jour, semble être la plus bénéfique, selon les études. Il est également crucial de prendre en compte d’autres facteurs de risque cardiovasculaire, tels que le poids, l’alimentation, l’activité physique et la tension artérielle.
En conclusion, si l’arôme du café flottant dans la cuisine peut être une métaphore du rythme cardiaque, les preuves accumulées suggèrent que sa consommation modérée pourrait contribuer à un meilleur contrôle de ce rythme. Il est toutefois essentiel de souligner que ces résultats ne constituent pas une incitation à consommer du café en excès, ni à négliger les facteurs de risque cardiovasculaire traditionnels.
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