Publié le 28 octobre 2025 16h18. Marisa Drew, responsable du développement durable chez Standard Chartered, révèle les clés de son succès : une approche pragmatique axée sur les résultats, une soif d’innovation et l’importance de trouver sa propre voie, même face aux conventions du monde de la finance.
- Marisa Drew supervise 300 milliards de dollars (environ 280 millions d’euros) de financements durables chez Standard Chartered.
- Elle met l’accent sur la rapidité d’exécution et l’obtention de résultats concrets.
- Son expérience auprès d’une figure influente de Wall Street lui a appris à affirmer son style personnel.
Marisa Drew ne renie pas son impatience. Au contraire, elle la considère comme un atout essentiel pour mener à bien des projets d’envergure. Chez Standard Chartered, elle est à la tête du développement durable, supervisant un portefeuille colossal de 300 milliards de dollars (environ 280 millions d’euros) destiné à financer des initiatives à fort impact environnemental et social.
« Je sais que je suis impatiente, et je dois aller vite et j’ai besoin d’avoir des résultats, ou nous devons passer à autre chose », a-t-elle confié à Julia Boorstin de CNBC dans le cadre du podcast “CNBC Changemakers et Power Players”. Cette exigence de résultats, explique-t-elle, est le moteur de son désir d’innover et de proposer des solutions concrètes aux défis majeurs, comme la transition de Standard Chartered vers une neutralité carbone d’ici 2050.
Marisa Drew attribue cette approche à une formation universitaire qui lui a inculqué la capacité d’apprendre rapidement et de s’adapter. Elle recommande vivement à chacun de suivre un cours de lecture rapide, une compétence qui lui a été particulièrement utile tout au long de sa carrière. « Si je pouvais donner un seul conseil, ce serait de suivre un cours de lecture rapide au début de votre parcours », a-t-elle déclaré. Diplômée en finance et en marketing de l’Université de Virginie, puis titulaire d’un MBA de la Wharton School, elle souligne que ces cours permettent de saisir rapidement l’essentiel de l’information et d’enrichir sa réflexion.
« J’étais curieuse de savoir pourquoi les gens s’inscrivaient à ce type de formation », a-t-elle admis. « Mais en réalité, cela m’a été d’une grande aide. Je retiens toujours des éléments précieux de ce que je lis, qui influencent ma façon de penser et d’agir. »
Ce qu’elle a appris en travaillant avec une figure autoritaire
Un autre moment clé de son parcours professionnel a été son expérience auprès de Joyce Greenberg, l’une des premières femmes à occuper des postes de direction générale à Wall Street. Marisa Drew se souvient d’une patronne redoutée. « Je sais qu’elle ne m’en voudra pas de le dire, mais les gens avaient peur d’elle », a-t-elle confié. « Elle était une force avec laquelle il fallait compter. »
Marisa Drew considère que cette figure autoritaire portait une sorte d’« armure » pour s’imposer dans un environnement dominé par les hommes et réussir à Wall Street. Elle a perçu cette attitude comme une nécessité pour s’affirmer. Elle a débuté en tant qu’analyste sous la direction de Joyce Greenberg et témoigne de l’opportunité que cela a représenté. « C’était une chance formidable de travailler pour quelqu’un d’exigeant, mais cette exigence était motivée par un réel souci de mon développement. »
Marisa Drew, qui se décrit comme ayant toujours eu un esprit rebelle, a adopté une approche différente. Elle a transformé cette expérience en une occasion de définir son propre style de leadership. Elle a réalisé qu’elle ne voulait pas « enfiler un costume qui ne lui allait pas » simplement pour correspondre aux codes de la banque. « Si c’était le cas, ma carrière aurait été de courte durée », a-t-elle expliqué. « J’ai donc cherché à trouver ma propre voie et mon propre style. »
Par exemple, elle a choisi de porter des tailleurs-pantalons plutôt que des tailleurs-jupes dans les salles de marché, un choix qui lui a valu quelques regards, mais aussi des messages de soutien d’autres femmes du secteur. « Cela envoyait le message qu’il était possible d’avoir son propre style, de s’habiller confortablement tout en restant professionnelle, de tracer son propre chemin », a-t-elle souligné. « Ce n’est qu’un petit exemple, mais il illustre la nécessité de s’affirmer à chaque étape. »
Elle reconnaît qu’en tant que femme, il est important de trouver un équilibre entre l’affirmation de soi et l’intégration au sein du groupe. Elle préconise l’humour pour désamorcer les tensions et la volonté de dépasser les attentes dès le début afin de se forger une réputation solide. Dans le secteur bancaire, cela signifiait exceller lors de ses premières transactions. « Ensuite, le bouche-à-oreille se répand et on entend dire : ‘J’ai entendu dire qu’elle a surperformé et qu’elle a fait un travail remarquable.’ Cela crée une dynamique positive et vous donne plus de latitude pour progresser au sein de l’organisation. »
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