Publié le 11 janvier 2026 à 08h17. Le jeûne intermittent, popularisé comme méthode de perte de poids, ne produit pas les mêmes effets chez les femmes que chez les hommes, en particulier chez les jeunes, les sportives ou celles soumises à un stress important. Une nutritionniste met en garde contre l’application aveugle de protocoles conçus pour les hommes.
- Le jeûne intermittent peut perturber l’équilibre hormonal et le métabolisme des femmes.
- Le corps féminin réagit au manque de nourriture en augmentant le cortisol, l’hormone du stress, ce qui peut nuire à la récupération et à la fertilité.
- La scientifique souligne le manque de recherches spécifiques sur l’impact du jeûne intermittent sur le corps des femmes.
Le jeûne intermittent, régime alimentaire consistant à alterner des périodes de jeûne et des périodes d’alimentation, est devenu un phénomène de bien-être très en vogue. Promu par de nombreux influenceurs et experts en santé comme un moyen efficace de perdre du poids et de brûler les graisses, son efficacité est pourtant remise en question, notamment en ce qui concerne les femmes. Selon le Dr Emily Prpa, PhD, scientifique en nutrition, les effets de cette pratique diffèrent considérablement selon le sexe.
Dans une publication sur Instagram datée du 8 janvier, le Dr Prpa a mis en lumière les spécificités du corps féminin et sa réaction au jeûne. Elle explique que, contrairement aux hommes, les femmes voient leur système hormonal et leur niveau de stress perturbés lorsque l’apport alimentaire est retardé. Cela peut avoir des conséquences sur l’humeur, la récupération physique, le métabolisme et les hormones responsables de la fertilité.
« Quand nous, les femmes, nous réveillons et sautons simplement le petit-déjeuner, notre hypothalamus – le siège hormonal de notre cerveau – passe en mode alerte. C’est comme : « Où est la nourriture ? » Cela déclenche un signal d’alarme biologique. »
Dr Emily Prpa, PhD, scientifique en nutrition
Cette alerte biologique entraîne une augmentation de la production de cortisol, l’hormone du stress, et une activation de mécanismes de conservation d’énergie. Le corps féminin peut alors ralentir son métabolisme, réguler à la baisse les hormones de fertilité et affecter l’humeur et la capacité de récupération. En d’autres termes, le jeûne est interprété comme une menace pour la survie.
Le Dr Prpa souligne qu’elle est exaspérée de constater que des données issues d’études menées sur des hommes sont trop souvent appliquées sans discernement aux femmes. Elle dénonce également le manque de recherches spécifiques sur le corps féminin. Elle précise qu’elle n’est pas opposée au jeûne en soi, mais s’insurge contre une approche simpliste et non scientifique.
« Je suis anti-bro-science qui ignore les faits clés sur le corps des femmes, vous laissant sans une vision complète pour prendre une décision éclairée. »
Dr Emily Prpa, PhD, scientifique en nutrition
La scientifique nuance toutefois son propos en indiquant que le jeûne intermittent peut être bénéfique dans certains cas, notamment pour les femmes sédentaires, ménopausées ou présentant une résistance à l’insuline. En revanche, elle déconseille cette pratique aux jeunes femmes actives, aux sportives, aux femmes stressées ou souhaitant concevoir un enfant. Elle insiste sur la nécessité d’adapter l’alimentation aux spécificités physiologiques de chaque femme.
« La première étape est de manger littéralement. Allez vous nourrir », conclut-elle.
Note aux lecteurs : cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas un avis médical professionnel. Consultez toujours votre médecin pour toute question concernant un problème de santé.
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