Home SantéLe manque de sommeil, un nouveau motif d’arrêt maladie ?

Le manque de sommeil, un nouveau motif d’arrêt maladie ?

by Sophie Martin

Le manque de sommeil n’est plus seulement une affaire personnelle : il est désormais une cause d’arrêt de travail reconnue par plus de la moitié des actifs français, et les ressources humaines commencent à s’en emparer comme un indicateur clé de la santé et de la performance.

Une étude récente menée par Resmed révèle que 56 % des salariés ont déjà été contraints de s’absenter pour cause de troubles du sommeil. Ce phénomène, particulièrement marqué chez les jeunes adultes, souligne un changement profond dans la perception de la santé au travail.

Les 18-26 ans sont les plus concernés : 12 % d’entre eux prennent un arrêt maladie pour un problème de sommeil plus d’une fois par mois, un chiffre dix fois supérieur à celui des baby-boomers. Près d’un quart (23 %) de cette tranche d’âge s’absente jusqu’à quatre fois par an pour cette raison. Loin d’un désengagement, cette tendance traduit une moindre tolérance à la fatigue chronique, expliquent les chercheurs.

Les conséquences d’un mauvais sommeil sur la productivité sont significatives. Plus de la moitié des actifs (51 %) souffrent de somnolence excessive au travail après une mauvaise nuit. 31 % éprouvent des difficultés de concentration, 48 % ressentent un état d’humeur dégradé et 36 % une irritabilité accrue.

À l’inverse, un sommeil réparateur a un impact positif direct sur les performances : 42 % des salariés se sentent plus positifs, 41 % plus concentrés et 35 % plus productifs. Pour 89 % des personnes interrogées, un sommeil suffisant contribue également à une meilleure image de soi.

Pour les professionnels des RH, le sommeil devient un enjeu majeur de qualité de vie au travail. 71 % des salariés déclarent avoir déjà pris au moins un arrêt maladie au cours de leur carrière en raison de troubles du sommeil. Cependant, plus de 60 % d’entre eux estiment que leur employeur ne se préoccupe pas de la qualité de leur sommeil.

Ce décalage engendre des coûts cachés pour les entreprises, favorisant non seulement l’absentéisme, mais aussi le présentéisme – le fait d’être présent au travail tout en étant peu productif. Il peut également entraîner une baisse de l’engagement des employés et une diminution du chiffre d’affaires, en particulier chez les jeunes.

Certaines populations sont plus vulnérables que d’autres. Les femmes signalent en moyenne 3,83 nuits de sommeil de qualité par semaine, contre 4,13 pour les hommes. 44 % des femmes ménopausées ont des difficultés à s’endormir au moins trois nuits par semaine, contre 33 % pour les autres femmes.

Le stress, l’anxiété et les difficultés financières exacerbent ces problèmes. 57 % des femmes estiment que le stress affecte leur sommeil, 47 % évoquent l’anxiété et 31 % les pressions financières. Ces données soulignent la nécessité pour les entreprises de renforcer leurs politiques de prévention et d’accompagnement.

Face à ces constats, certaines organisations commencent à agir en proposant des mesures telles que la flexibilité des horaires, le télétravail occasionnel après des périodes de surcharge, ou encore des sensibilisations à l’impact de la lumière bleue et de la charge cognitive. Le sommeil s’impose ainsi comme un axe stratégique de prévention, au carrefour de la santé, de la performance et de l’attractivité employeur.

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