Publié le 14 novembre 2025 à 14h00. Promu par les stars d’Hollywood comme un élixir de jouvence, le NAD⁺, une molécule essentielle au fonctionnement cellulaire, fait l’objet d’études prometteuses, notamment dans le domaine de la maladie d’Alzheimer, mais les experts appellent à la prudence face aux promesses excessives.
- Une étude de l’Université d’Oslo suggère que l’augmentation des niveaux de NAD⁺ pourrait améliorer la mémoire chez des souris atteintes d’une forme de maladie d’Alzheimer.
- Les suppléments de NAD⁺ et ses précurseurs, comme le NMN et le NR, connaissent un essor important, mais leur efficacité chez l’homme reste à prouver.
- Les scientifiques mettent en garde contre les perfusions coûteuses de NAD⁺, qui semblent peu efficaces en raison de la faible pénétration de la molécule dans les cellules.
Le NAD⁺ (nicotinamide adénine dinucléotide) est une coenzyme présente dans toutes les cellules vivantes. Elle joue un rôle crucial dans de nombreux processus biologiques essentiels, tels que la production d’énergie, la réparation de l’ADN et la communication cellulaire. Naturellement, sa production diminue avec l’âge, ce qui a conduit à un intérêt croissant pour les suppléments visant à augmenter ses niveaux.
L’engouement pour le NAD⁺ a été alimenté par des témoignages de célébrités vantant ses bienfaits : plus d’énergie, une meilleure concentration, un effet anti-âge et une récupération plus rapide. Mais les récentes recherches menées par des scientifiques norvégiens ont apporté un nouvel éclairage sur le potentiel de cette molécule, en particulier dans le contexte de la maladie d’Alzheimer.
L’équipe de l’Université d’Oslo a travaillé avec des souris génétiquement modifiées pour présenter une mutation de la protéine tau, une caractéristique de la maladie d’Alzheimer chez l’homme. Ces souris souffraient de troubles de la mémoire et de lésions cérébrales. En leur administrant du NMN (nicotinamide mononucléotide), un précurseur du NAD⁺, les chercheurs ont observé une amélioration significative de leurs performances aux tests de mémoire.
Cette amélioration semble liée à une voie cérébrale impliquant la protéine EVA1C. Les chercheurs ont constaté que des niveaux plus élevés de NAD⁺ permettaient à cette protéine de réparer les erreurs d’épissage de l’ARN, un processus essentiel au bon fonctionnement des cellules cérébrales. L’un des chercheurs impliqués dans l’étude a souligné que le maintien de niveaux adéquats de NAD⁺ pourrait contribuer à ralentir le déclin cognitif.
Cependant, il est crucial de souligner que ces résultats ont été obtenus sur des souris et ne peuvent être directement transposés à l’homme. D’autres scientifiques se montrent donc prudents quant aux promesses du NAD⁺.
Des chercheurs de l’Université d’Amsterdam ont récemment publié un article soulignant le manque de données probantes issues d’études menées sur des humains. Le biologiste moléculaire David Vaux a déclaré au Guardian qu’il était « bien trop tôt » pour promouvoir le NAD⁺ comme un agent anti-âge, faute de preuves convaincantes chez l’homme.
« Il est bien trop tôt pour promouvoir le NAD⁺ comme agent anti-âge, car il manque des preuves convaincantes chez l’homme. »
David Vaux, biologiste moléculaire
De plus, les experts mettent en garde contre l’efficacité des perfusions intraveineuses de NAD⁺, proposées dans certaines cliniques de bien-être à des prix élevés (jusqu’à 1 000 € par séance). Selon eux, le NAD⁺ a du mal à pénétrer dans les cellules sous cette forme, ce qui limite son impact réel.
Alors, que peut réellement apporter un supplément de NAD⁺ ? Voici un résumé objectif :
- Point positif : le NAD⁺ joue un rôle important dans la production d’énergie, la récupération et la santé cellulaire.
- Point positif : des études sur des animaux suggèrent des effets intéressants sur le cerveau et le processus de vieillissement.
- Non prouvé : son efficacité pour améliorer la mémoire ou ralentir le vieillissement chez l’homme.
- Incertain : si les suppléments augmentent suffisamment les niveaux de NAD⁺ dans les cellules cérébrales humaines pour avoir un effet significatif.
- Inutile : les perfusions intraveineuses coûteuses, qui semblent peu efficaces sur le plan biologique.
En conclusion, le NAD⁺ représente un domaine de recherche fascinant, mais pour l’instant, il s’agit surtout d’un sujet de battage médiatique avec un potentiel prometteur, plutôt que d’un remède miracle.
Ce qui a été prouvé pour favoriser la production naturelle de NAD⁺ : un sommeil suffisant, un entraînement en force régulier, une activité physique et une alimentation équilibrée, riche en végétaux, en graisses saines et en vitamines B. Une approche moins coûteuse, plus saine et potentiellement plus efficace qu’une simple gélule à 40 €.
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