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Le Venezuela rompt les accords gaziers avec Trinité-et-Tobago pour sa « complicité » avec les États-Unis

by Nicolas Lefèvre

Publié le 17 décembre 2025 à 04h30. Caracas rompt ses accords énergétiques avec Trinité-et-Tobago après l’interception par les États-Unis d’un pétrolier vénézuélien, intensifiant les tensions régionales et accusant Port of Spain de complicité.

  • Le Venezuela a suspendu tous les contrats de fourniture de gaz naturel avec Trinité-et-Tobago en représailles à la saisie d’un navire transportant 1,9 million de barils de pétrole.
  • Caracas accuse le Premier ministre trinidadien, Kamla Persad-Bissessar, d’avoir transformé son pays en « porte-avions américain » contre le Venezuela.
  • Le Venezuela dénonce une opération « sous fausse bannière » visant ses installations militaires, orchestrée selon lui par les États-Unis.

Le gouvernement vénézuélien a annoncé ce lundi la rupture immédiate de tous les accords et négociations concernant la fourniture de gaz naturel à Trinité-et-Tobago. Cette décision radicale fait suite à l’interception, la semaine dernière, d’un pétrolier transportant 1,9 million de barils de pétrole au large des côtes vénézuéliennes par les autorités américaines. Caracas qualifie cet acte de « piraterie » et accuse Trinité-et-Tobago de complicité.

Dans un communiqué virulent, la vice-présidence vénézuélienne a dénoncé le rôle de Kamla Persad-Bissessar, la Première ministre trinidadienne.

« Cette responsable a transformé le territoire de Trinité-et-Tobago en porte-avions américain pour attaquer le Venezuela, dans un acte de vassalité sans équivoque. »

Vice-présidence du Venezuela

Face à cette « complicité de vol de pétrole », le gouvernement bolivarien du président Nicolas Maduro met fin à tout contrat ou négociation impliquant la fourniture de gaz à son voisin.

Les tensions entre les deux pays se sont considérablement accrues. Maduro a personnellement accusé Kamla Persad-Bissessar de mener un « agenda hostile contre le Venezuela » depuis son arrivée au pouvoir en mai 2025. Cette mesure intervient après une première dénonciation, fin octobre, de l’accord-cadre de coopération énergétique signé avec Trinité-et-Tobago.

Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Yván Gil, a également alerté sur une opération « sous fausse bannière » en cours contre les installations et équipements militaires américains présents sur le territoire trinidadien. Selon lui, cette opération vise à « rejeter la faute sur le Venezuela et à offrir à Washington un prétexte pour lancer des attaques directes sur le territoire vénézuélien ».

L’accord énergétique entre Caracas et Port of Spain, conclu en 2015 et automatiquement renouvelé cette année, prévoyait notamment le développement d’infrastructures pour l’exploitation conjointe de gisements gaziers, comme celui de Campo Dragón, situé dans les eaux vénézuéliennes. Début octobre, les États-Unis avaient accordé à Trinité-et-Tobago une licence de six mois pour négocier un accord gazier avec le Venezuela sans craindre de sanctions américaines, selon les autorités trinidadiennes.

Le gouvernement vénézuélien a souligné que la confiscation du pétrolier, baptisé Skipper, constitue une « transgression flagrante des principes de libre navigation et de libre-échange ». Le navire, naviguant sous pavillon inconnu, a été arrêté le 10 décembre sur ordre d’un juge américain en raison de ses antécédents de contrebande de pétrole iranien. Bien qu’il transportait à ce moment-là du brut vénézuélien, le navire était déjà sous le coup de sanctions américaines, selon le New York Times.

L’agence Reuters a révélé ce lundi que la surveillance américaine des navires utilisés par le Venezuela pour contourner les sanctions pétrolières s’est intensifiée, entraînant des déviations de routes pour certains cargos.

Parallèlement, le gouvernement de Trinité-et-Tobago a confirmé ce lundi qu’il autoriserait le transit d’avions militaires américains via ses aéroports dans les semaines à venir, dans le cadre de la coopération bilatérale en matière de sécurité. Ces autorisations, qualifiées de « de nature logistique » par les États-Unis, visent le réapprovisionnement et les rotations de personnel dans le cadre du déploiement militaire étendu ordonné par Donald Trump dans les Caraïbes, qui maintient la région sous tension depuis août.

Les deux pays entretiennent une coopération étroite en matière de défense, qui s’est traduite ces derniers mois par des exercices militaires conjoints, l’amélioration des capacités de surveillance et l’installation d’un système radar avancé destiné à soutenir les opérations antidrogue.

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