Publié le 2024-02-29 14:53:00. Une étude rétrospective menée aux États-Unis révèle que les personnes âgées de 50 ans et plus hospitalisées pour une infection respiratoire aiguë due au virus respiratoire syncytial (VRS) ou à la grippe présentent un risque significativement accru de complications cardiovasculaires, de décompensation d’affections respiratoires chroniques et de décès dans l’année qui suit.
- Les patients atteints du VRS présentent un risque de décès toutes causes confondues plus élevé que ceux atteints de la grippe ou ceux n’ayant pas contracté d’infection respiratoire aiguë.
- L’étude met en évidence un risque accru de crise cardiaque, d’exacerbation de l’asthme et de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) après une hospitalisation pour VRS ou grippe.
- Les résultats soulignent l’importance de la prévention du VRS chez les adultes de plus de 50 ans.
Une analyse approfondie des données de santé américaines, publiée récemment dans la revue Clinical Infectious Diseases, a permis de quantifier l’impact à long terme des infections respiratoires aiguës (IRA) causées par le VRS et la grippe chez les adultes. L’étude, menée par des chercheurs de GSK et du groupe Analysis Group, a comparé les résultats cliniques de près de 150 000 patients hospitalisés entre octobre 2015 et juin 2023.
Les chercheurs ont constaté que les patients hospitalisés pour le VRS, dont l’âge moyen était de 76,5 ans, présentaient un risque de décès considérablement plus élevé que les témoins non infectés, en particulier dans les 30 jours suivant l’hospitalisation (un risque ajusté de 10,8 fois supérieur). À 30 jours et un an après l’hospitalisation, le risque de décès toutes causes confondues est passé de 6,5 % à 26,3 % dans le groupe VRS, contre 6,6 % à 23,3 % chez les patients grippés et de 0,3 % à 3,1 % chez les témoins.
L’étude a également révélé une augmentation significative du risque de crise cardiaque dans les cohortes VRS et grippale par rapport au groupe témoin. Le risque de crise cardiaque est passé de 10,0 % à 14,5 % dans le groupe VRS, de 10,3 % à 14,0 % dans le groupe grippal et de 0,2 % à 1,6 % chez les témoins, 30 jours et un an après l’admission à l’hôpital.
Chez les patients souffrant d’asthme, le VRS était associé à un risque plus élevé d’exacerbation de la maladie (un rapport de risque ajusté de 1,5 par rapport à la grippe et de 6,5 par rapport aux témoins). De même, les patients atteints de BPCO et infectés par le VRS présentaient un risque accru d’exacerbation de leur affection (un rapport de risque ajusté de 1,1 par rapport à la grippe et de 2,8 par rapport aux témoins).
Les patients atteints du VRS diagnostiqués comme souffrant d’insuffisance cardiaque avaient également un risque plus élevé d’hospitalisation que ceux atteints de la grippe (un rapport de risque ajusté de 1,1) et les témoins (un rapport de risque ajusté de 3,1). Le taux de réadmission à l’hôpital était de 16,1 % chez les patients VRS à 30 jours et de 26,1 % à 3 mois, contre 14,4 % et 23,3 % pour les patients grippés, respectivement.
« Ces résultats soulignent la nécessité d’une sensibilisation accrue au fardeau clinique du VRS chez les adultes âgés de 50 ans et plus et au rôle de la prévention du VRS dans la réduction du risque de résultats cliniques indésirables. »
Chercheurs de GSK et du groupe Analysis Group
Les auteurs de l’étude soulignent que le VRS semble avoir des effets à long terme plus importants sur les résultats cliniques que l’absence d’infection respiratoire aiguë, et des effets comparables à ceux de la grippe. Ils concluent que la prévention du VRS pourrait apporter des bénéfices significatifs au-delà de la simple réduction des symptômes aigus de la maladie.
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