Publié le 30 juillet 2025 à 17h30. La Banque populaire de Chine (PBOC) a mis en garde contre une résurgence de la spéculation sur les cryptomonnaies, entraînant une chute des actions hongkongaises liées à ce secteur après l’adoption récente d’un cadre juridique pour les stablecoins dans la région.
- La Banque populaire de Chine (PBOC) s’engage à réprimer les activités illégales impliquant les pièces stables.
- Les actions de sociétés hongkongaises actives dans le domaine des cryptomonnaies ont connu un recul significatif en bourse.
- Cette prise de position intervient après l’adoption en mai d’une législation sur les stablecoins à Hong Kong, visant à faire de la ville une plaque tournante pour les actifs numériques.
Les marchés financiers hongkongais ont réagi négativement ce jour aux déclarations de la Banque populaire de Chine (PBOC) concernant les cryptomonnaies. La PBOC a averti contre une possible reprise de la spéculation et a promis de sévir contre les activités illégales, en particulier celles liées aux pièces stables.
Selon Liu Honglin, fondateur du cabinet d’avocats Man Kun, cette communication de la PBOC met fin à toute ambiguïté concernant la politique chinoise en matière de stablecoins.
« Cette déclaration a effacé toute ambiguïté, spéculation et illusion »
Liu Honglin, fondateur du cabinet d’avocats Man Kun
Il ajoute que les régulateurs ont clairement défini les limites d’un secteur qui était jusqu’alors en pleine expansion.
Les conséquences se sont immédiatement fait sentir sur les marchés. Le groupe Yunfeng Financial, qui a diversifié ses activités dans le domaine des cryptomonnaies et de la tokenisation, a vu ses actions chuter de plus de 10 % en début de séance, enregistrant ainsi sa plus forte baisse en deux mois. Bright Smart Securities and Commodities Group a perdu environ 7 % de sa valeur, tandis que la plateforme d’actifs numériques OSL Group a reculé de plus de 5 %.
L’intérêt pour les cryptomonnaies avait connu un regain d’attrait après l’adoption en mai d’un projet de loi sur les stablecoins à Hong Kong. Cette législation visait à établir un cadre juridique pour les cryptomonnaies adossées à des monnaies fiduciaires, dans l’espoir de faire de la ville un centre financier majeur pour les actifs numériques. Cet enthousiasme s’était même propagé au-delà de la frontière, en Chine continentale, où le commerce des cryptomonnaies est interdit depuis 2021.
La déclaration de la PBOC, publiée à l’issue d’une réunion impliquant 13 agences gouvernementales, a spécifiquement mis en évidence les préoccupations concernant les pièces stables, soulignant leur non-conformité avec les exigences en matière d’identification des clients et de lutte contre le blanchiment d’argent.
En septembre dernier, des sources proches du dossier avaient révélé à Reuters que l’organisme chinois de surveillance des valeurs mobilières avait conseillé à certaines maisons de courtage locales de suspendre leurs activités de tokenisation d’actifs réels à Hong Kong.
Par ailleurs, le Financial Times avait rapporté en octobre que des entreprises technologiques chinoises, telles que Ant Group (soutenue par Alibaba) et JD.com, avaient suspendu leurs projets d’émission de pièces stables à Hong Kong suite aux inquiétudes exprimées par la PBOC concernant la prolifération des devises contrôlées par le secteur privé.
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