L’euro a connu un tassement face au dollar américain ces dernières semaines, mais les perspectives d’un affaiblissement durable du dollar restent d’actualité, malgré l’incertitude persistante concernant la politique monétaire américaine. Les investisseurs semblent désormais privilégier une période de stabilité plutôt qu’un nouveau rallye pour la paire EUR/USD.
Il y a six semaines à peine, l’euro dépassait brièvement la barre des 1,19 dollar (USD). Des indicateurs économiques américains robustes et un revirement dans les anticipations d’assouplissement monétaire ont ensuite ramené le taux de change autour de 1,15. Les spéculateurs à la baisse (les « ours ») semblent avoir abandonné leurs positions, et une faible volatilité apparaît comme le scénario le plus probable, même si une vision légèrement négative du marché persiste.
La réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) de fin octobre a apporté un soutien supplémentaire au dollar. La question demeure de savoir si la Fed souhaite réellement introduire une certaine flexibilité dans les discussions concernant de futures baisses de taux, ou si elle n’a tout simplement pas encore de stratégie claire. Quoi qu’il en soit, le consensus d’un affaiblissement du dollar américain, basé sur l’anticipation de baisses de taux par la Fed, est devenu plus complexe.
Une baisse des taux d’intérêt aux États-Unis aurait traditionnellement affaibli le dollar, car les investisseurs augmenteraient leurs couvertures de change sur leurs actifs américains. Cependant, si les taux directeurs restent stables autour de 3,75 %, la nécessité de se couvrir diminue.
Le marché des options de change suggère que les investisseurs sont plus enclins à réduire leurs positions courtes sur le dollar américain qu’à prendre activement des positions longues, du moins en ce qui concerne la paire EUR/USD. La volatilité implicite à trois mois est tombée en dessous de 6,0 % et pourrait atteindre son plus bas point de l’été 2024, à 5,4 %. Cela indique un désintérêt croissant pour les fluctuations de l’EUR/USD et une préférence pour un marché plus calme d’ici la fin de l’année.
Malgré ce tassement, les facteurs défavorables au dollar américain persistent. Les analystes prévoient encore trois baisses de taux supplémentaires par la Fed, et l’évolution du marché du travail américain reste incertaine. La pression politique pourrait également influencer les décisions de la Fed l’année prochaine. Par ailleurs, la baisse des prix de l’énergie, attendue en 2026, devrait réduire l’un des avantages compétitifs du dollar et profiter aux importateurs de combustibles fossiles, comme la zone euro.
L’euro pourrait également bénéficier d’une croissance accrue de la zone euro à partir de 2026, grâce à la mise en œuvre de mesures de relance budgétaire en Allemagne, selon les prévisions de l’équipe macroéconomique. La prévision initiale de 1,20 pour l’EUR/USD d’ici la fin de l’année semble désormais un peu optimiste, mais la saisonnalité de fin d’année et la situation réelle du marché du travail américain pourraient favoriser de modestes gains l’année prochaine.
Concernant la livre sterling, des données économiques plus faibles et les anticipations d’un budget rigoureux présenté par la chancelière Rachel Reeves ont entraîné une baisse des rendements obligataires à court terme britanniques et de la livre sterling en octobre. Le marché anticipe un cycle d’assouplissement de la Banque d’Angleterre (BoE) qui ramènerait les taux à environ 3,25 % en 2026. La livre sterling n’a donc pas nécessairement besoin de baisser davantage en raison de l’évolution de la politique de la BoE.
Le budget britannique constitue toutefois un risque majeur. Le scénario de base prévoit que la livre sterling restera soutenue si Rachel Reeves parvient à rassurer les marchés obligataires sans remettre en question les perspectives de croissance du Royaume-Uni ou le cycle d’assouplissement de la BoE. Cependant, une politique budgétaire trop restrictive ou, au contraire, trop laxiste pourrait s’avérer négative pour la livre sterling, le second scénario étant le plus préoccupant.
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