Home SantéLes cancers du côlon connaissent une augmentation alarmante chez les jeunes. Nous avons un suspect : la sédentarité

Les cancers du côlon connaissent une augmentation alarmante chez les jeunes. Nous avons un suspect : la sédentarité

by Sophie Martin

Publié le 24 octobre 2025 19h00. L’incidence du cancer colorectal augmente de manière alarmante chez les jeunes adultes, une tendance qui interpelle la communauté scientifique et nécessite une adaptation des stratégies de prévention et de dépistage.

  • Le nombre de cas de cancer colorectal chez les moins de cinquante ans a augmenté jusqu’à quatre fois plus vite que chez les personnes âgées dans de nombreux pays.
  • L’obésité, le diabète de type 2 et certains facteurs liés au mode de vie, comme une alimentation ultra-transformée et la consommation excessive d’alcool, sont identifiés comme des facteurs de risque majeurs.
  • Des recherches récentes mettent en lumière le rôle du microbiote intestinal, notamment de certaines souches de E. coli, dans le développement de la maladie.

Le cancer colorectal, l’une des formes de cancer les plus fréquentes et les plus agressives, est en hausse chez les jeunes adultes. Cette évolution inquiétante oblige les chercheurs à réévaluer les causes et à repenser les approches de prévention et de diagnostic précoce. Le traitement de ce cancer est souvent lourd, pouvant nécessiter une ablation partielle du côlon et présentant un taux de mortalité significatif.

Le diagnostic précoce est crucial pour améliorer les chances de survie. En Espagne, de nombreuses communautés autonomes ont mis en place des programmes de dépistage, bien que leur efficacité puisse varier, comme en Andalousie selon certaines études. Le défi réside dans la détection précoce chez les jeunes, qui ne sont généralement pas inclus dans les programmes de dépistage systématiques.

Une étude publiée dans Annales de médecine interne a révélé que l’augmentation du nombre de cas chez les moins de cinquante ans est jusqu’à quatre fois plus rapide que chez les personnes plus âgées dans de nombreux pays. Cette tendance a relancé le débat sur les causes sous-jacentes et les stratégies à adopter pour inverser cette tendance.

L’Institut de recherche sur le cancer de Londres a identifié deux explications principales. La première est liée au dépistage, qui est principalement ciblé sur les adultes plus âgés. La limite d’âge à partir de laquelle les tests de dépistage sont proposés pourrait expliquer pourquoi les cancers sont diagnostiqués plus tardivement chez les jeunes, lorsque la maladie est souvent plus avancée.

La seconde raison évoquée est l’obésité, considérée comme un facteur de risque important selon les recherches. Le diabète de type 2, souvent associé à un mode de vie sédentaire et à une alimentation déséquilibrée, semble également augmenter le risque de développer un cancer colorectal, bien que l’ampleur de cette relation chez les jeunes reste à déterminer.

Des recherches menées par le groupe CNIO Digital Genomics en Espagne ont mis en évidence l’influence du microbiote intestinal, en particulier de certaines souches de E. coli productrices de la toxine colibactine. Cette toxine peut causer des dommages génétiques aux cellules du côlon, favorisant ainsi le développement de tumeurs.

Outre ces facteurs, la consommation excessive d’aliments ultra-transformés, d’alcool et de boissons sucrées est également pointée du doigt. Une étude suédoise a démontré que les personnes atteintes de diabète présentent un risque de cancer colorectal équivalent à celui des personnes plus âgées, soulignant la nécessité d’une prévention et d’un suivi précoces chez les patients diabétiques.

Les experts s’accordent à dire qu’il n’existe pas de cause unique, mais plutôt une combinaison de facteurs génétiques, biologiques, environnementaux et sociaux. Ils préconisent la mise en œuvre de politiques de prévention globales, adaptées à ces réalités, incluant un dépistage personnalisé tenant compte de l’obésité, du diabète et des antécédents familiaux, ainsi qu’une recherche approfondie sur le rôle du microbiote intestinal.

Il est également suggéré d’adapter les recommandations de démarrage du dépistage pour les groupes à risque, comme les jeunes diabétiques ou ayant des antécédents familiaux, en commençant la surveillance à l’âge de 40 ans.

Images | Ramon Inciarte Julia Koblitz

Jusqu’à présent, différents types de cancer nécessitaient différents types de traitement. Un nouveau vaccin veut changer cela

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.