Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une étude internationale remet en question l’efficacité de la définition de l’infection respiratoire aiguë sévère (IRAS) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour détecter les cas de grippe et de virus respiratoire syncytial (VRS) chez les enfants, suggérant une possible sous-estimation de leur prévalence.
- La définition de l’IRAS utilisée par l’OMS présente une sensibilité réduite et une spécificité faible chez les enfants.
- La sensibilité de cette définition diminue significativement chez les plus jeunes enfants (moins de cinq ans).
- Les systèmes de surveillance basés sur ces définitions pourraient donc sous-estimer le fardeau des maladies respiratoires virales chez les enfants.
Une méta-analyse récente, publiée dans Réseau JAMA ouvert, a examiné 13 études portant sur des données de surveillance provenant de 65 hôpitaux répartis dans huit pays : Canada, Égypte, Ghana, Inde, Jordanie, Kenya, Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud. Les données analysées concernaient des patients pédiatriques hospitalisés entre 2007 et 2023.
Les chercheurs ont constaté que la définition de l’IRAS la plus couramment utilisée, celle élaborée par l’OMS en 2014, affichait une sensibilité de 75,7 % et une spécificité de 30,6 % pour la grippe. Pour le VRS, les chiffres étaient de 70,6 % de sensibilité et 38,7 % de spécificité. La sensibilité s’avérait particulièrement plus faible chez les enfants de moins de cinq ans.
Il est important de rappeler que la sensibilité d’un test indique sa capacité à identifier correctement les personnes atteintes d’une maladie, tandis que la spécificité mesure sa capacité à identifier correctement les personnes qui n’en sont pas atteintes. Une faible sensibilité signifie un risque accru de faux négatifs, tandis qu’une faible spécificité augmente le risque de faux positifs.
Une analyse des études utilisant la définition de l’IRAS 2011 de l’OMS a révélé des résultats différents : une sensibilité de 68,7 % et une spécificité de 18,0 % pour la grippe, et une sensibilité de 51,2 % et une spécificité de 80,9 % pour le VRS.
Les auteurs de l’étude soulignent que ces résultats suggèrent que les outils de surveillance virale actuels, qui s’appuient sur les définitions de l’IRAS, pourraient sous-estimer la véritable ampleur des maladies respiratoires chez les jeunes enfants. Ils insistent sur la nécessité d’ajuster les calculs d’incidence pour tenir compte de la sensibilité limitée de ces définitions, en particulier chez les plus petits.
« Une implication clé de la plus faible sensibilité observée des définitions de cas de SARI parmi les cohortes plus jeunes est le potentiel de sous-estimation de la charge de morbidité. »
Auteurs de l’étude
L’étude précise que la plupart des données analysées proviennent d’avant la pandémie de COVID-19 et se concentrent principalement sur les enfants de moins de cinq ans. Les chercheurs notent également un manque d’évaluation de l’exactitude diagnostique de la définition de l’IRAS pour d’autres virus que la grippe et le VRS, notamment le SARS-CoV-2. Ils appellent à des recherches supplémentaires pour mieux comprendre l’efficacité de ces définitions dans différents contextes et pour différents agents pathogènes.
Les auteurs concluent en soulignant l’importance d’une meilleure compréhension de l’exactitude diagnostique de la définition de l’IRAS en pédiatrie, afin d’améliorer la surveillance et la préparation aux pandémies.
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