Publié le 11 octobre 2025 00:33:00. Des chercheurs chinois ont identifié une souche de bactérie probiotique capable de bloquer efficacement les infections virales respiratoires chez les porcs, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies de prévention et de traitement, potentiellement applicables également aux humains.
- Une souche de Bacillus subtilis, isolée chez des porcs élevés en plein air, démontre une forte capacité à coloniser les muqueuses nasales et à neutraliser un large éventail de virus.
- Des expériences ont montré une protection significative contre le syndrome reproducteur et respiratoire porcin (SDRP) et le virus de la diarrhée épidémique porcine (PEDV), avec une réduction de la charge virale et une amélioration des taux de survie.
- L’action antivirale repose sur deux métabolites clés : de nouveaux dérivés de la surfactine et le piceatannol, qui perturbent l’enveloppe virale et empêchent l’entrée du virus dans les cellules.
Les maladies virales respiratoires représentent un défi majeur pour la santé animale et la sécurité alimentaire mondiale, en particulier dans le secteur porcin intensif. Des virus tels que le SDRP, le virus de la grippe porcine (SIV), le virus de la pseudorage (PRV) et le PEDV sont responsables d’épidémies coûteuses, entraînant une mortalité élevée chez les jeunes porcs, des problèmes de reproduction chez les truies et des pertes économiques considérables. Les vaccins actuels, souvent limités par les mutations virales et une immunité de courte durée, ne suffisent pas à contrôler efficacement ces maladies, soulignant l’urgence de développer de nouvelles approches antivirales.
L’équipe de recherche de l’Université agricole de Nanjing a découvert que les porcs ayant accès à l’extérieur étaient moins souvent porteurs de ces virus respiratoires, un phénomène corrélé à une présence accrue de Bacillus subtilis dans leur cavité nasale. En isolant et en étudiant la souche NS12, ils ont constaté qu’elle pouvait persister dans la muqueuse nasale jusqu’à deux semaines et sécréter des métabolites antiviraux puissants, capables de neutraliser un large spectre de virus enveloppés.
Les tests en laboratoire ont confirmé l’efficacité de NS12. Dans des expériences contrôlées, les porcelets traités avec NS12 ont été protégés contre les infections par le SDRP et le PEDV, avec une diminution significative de la charge virale, une réduction des lésions tissulaires et une amélioration des taux de survie. De plus, des études menées sur des souris ont démontré une forte protection contre le PRV, suggérant une action antivirale qui transcende les espèces.
L’étude a identifié deux composés antiviraux clés sécrétés par NS12 : de nouveaux dérivés de la surfactine (C16/C17) et le piceatannol. Les dérivés de la surfactine, des lipopeptides cycliques, sont plus sûrs et moins toxiques que la surfactine standard. Ils agissent en perturbant la structure des phospholipides de l’enveloppe virale, empêchant ainsi la fusion du virus avec les cellules hôtes. Le piceatannol, un composé phénolique, se lie aux lipides de l’enveloppe virale, augmentant sa saturation et réduisant sa fluidité, ce qui bloque l’entrée du virus sans endommager sa structure.
« Ce travail démontre qu’un probiotique nasal naturel peut inhiber directement l’invasion virale par le biais de mécanismes médiés par les métabolites. Contrairement aux vaccins qui ciblent des antigènes viraux spécifiques, NS12 agit au niveau de l’enveloppe virale, qui est dérivée des cellules hôtes, créant ainsi une résistance virale beaucoup moins probable. »
Professeur Qian Yang, auteur correspondant de l’étude
Les chercheurs envisagent de développer NS12 sous forme de sprays probiotiques intranasaux, d’additifs alimentaires fonctionnels ou de nouveaux antiviraux vétérinaires. Ils soulignent également le potentiel de cette stratégie pour lutter contre les virus respiratoires humains, tels que la grippe et les coronavirus, en raison de son mode d’action ciblant l’enveloppe virale.
Source:
Référence du journal :
Li, Y., et al. (2025). Élimination du virus à large spectre par Bacillus subtilis de type sauvage colonisé par la muqueuse nasale. Research. doi.org/10.34133/research.0781
