Publié le 8 janvier 2024 12h00. Le gouvernement irlandais s’oriente vers des logements étudiants plus compacts, avec des espaces communs, afin de faire face à la crise du logement et de maîtriser les coûts, tout en prévoyant une régulation triennale des loyers.
- Le ministre de l’Enseignement supérieur, James Lawless, estime que des salles de bains individuelles pour chaque étudiant représentent un gaspillage de ressources.
- Une nouvelle réglementation sur les loyers, permettant leur révision tous les trois ans plutôt qu’à chaque fin de bail, devrait entrer en vigueur en mars.
- Le gouvernement cherche à augmenter le nombre de lits étudiants disponibles sans augmenter la surface au sol des constructions.
Face à une pénurie croissante de logements étudiants et à une flambée des loyers, le gouvernement irlandais explore des solutions innovantes pour augmenter l’offre et la rendre plus abordable. James Lawless, ministre de l’Enseignement supérieur, a dévoilé une stratégie axée sur une optimisation de l’espace et une régulation des loyers.
Selon le ministre, la construction de logements étudiants équipés de salles de bains individuelles pour chaque étudiant est une approche coûteuse et inefficace.
« Si nous avons 10 chambres individuelles, et que chacune dispose d’une salle de bains privative, cela me semble un gaspillage. Nous pourrions probablement avoir 20 lits d’étudiants dans le même espace, avec peut-être cinq salles de bains communes. »
James Lawless, ministre de l’Enseignement supérieur
Il privilégie un modèle de cohabitation avec des espaces communs, sans pour autant imposer le partage des chambres. Il précise :
« Je ne parle pas de forcer les étudiants les uns sur les autres. »
James Lawless, ministre de l’Enseignement supérieur
Le partage de chambres doubles ou triples resterait une option, mais ne serait pas obligatoire.
Parallèlement, le gouvernement entend mettre fin aux augmentations annuelles des loyers, jugées trop fréquentes et préjudiciables aux étudiants. Une nouvelle réglementation, prévue pour mars, permettra aux propriétaires de réviser les loyers tous les trois ans, en les liant à la propriété plutôt qu’au bail.
« Je sais que les étudiants et peut-être l’opposition n’aiment pas parler de ces termes, mais c’est une réalité, car qui construit les maisons ? En fin de compte, ce sont les fonds de pension qui construisent les maisons… l’argent qui sert à les construire est constitué de capitaux qui inondent les marchés internationaux à la recherche d’une maison. »
James Lawless, ministre de l’Enseignement supérieur
Le ministre souligne que le marché du logement étudiant est influencé par des dynamiques internationales et des investissements financiers provenant de centres financiers tels que Zurich, New York et Anvers.
« [Le logement] concerne les marchés internationaux. C’est en fait une feuille de calcul à Zurich, à New York ou à Anvers, plus qu’un constructeur examinant un chantier à Longford ou Roscommon, qui décide réellement de ce qui se passe ici. »
James Lawless, ministre de l’Enseignement supérieur
Cette nouvelle approche vise à apporter de la simplicité et de la certitude au marché, tout en répondant à l’urgence de la crise du logement étudiant.
