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L’Espagne réduit la co-infection par l’hépatite C chez les personnes séropositives à un niveau historiquement bas

by Sophie Martin

Madrid, le 13 octobre 2025. Une étude nationale révèle une baisse spectaculaire de la co-infection par le VIH et le virus de l’hépatite C (VHC) en Espagne, grâce à l’introduction de traitements antiviraux innovants, mais souligne la nécessité de poursuivre la surveillance et la prévention, notamment chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes.

  • La prévalence de l’infection active par le VHC chez les personnes séropositives a chuté en dessous de 1 % depuis 2021.
  • L’introduction des antiviraux à action directe (AAD) a permis de réduire l’infection active de 100 % chez les personnes hétérosexuelles, de 94 % chez les usagers de drogues injectables et de 71 % chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes.
  • Malgré ces progrès, le fardeau des maladies hépatiques résiduelles reste élevé, nécessitant un suivi clinique à long terme.

L’Espagne enregistre des avancées significatives dans la lutte contre la co-infection par le VIH et le VHC. Une étude récente, publiée dans la revue Clinical Infectious Diseases, démontre une diminution sans précédent de la prévalence de l’infection active par le VHC chez les personnes vivant avec le VIH. Les chiffres, issus d’une analyse de données collectées entre 2002 et 2023 auprès de plus de 40 hôpitaux répartis dans 14 communautés autonomes, indiquent que cette prévalence est tombée en dessous de 1 % depuis 2021.

La recherche, coordonnée par la Fondation SEIMC/GeSIDA et menée par les docteurs Juan Berenguer (Hôpital général universitaire Gregorio Marañón) et Juan González (Hôpital universitaire La Paz), tous deux à Madrid, met en évidence une baisse continue de la séroprévalence – la présence d’anticorps contre le VHC – qui est passée de 60,8 % en 2002 à 27,4 % en 2023. L’infection active, détectée par la présence d’ARN viral, a quant à elle diminué de 46,3 % à 0,9 % sur la même période.

Cette amélioration spectaculaire est directement liée à l’arrivée sur le marché, à partir de 2015, des antiviraux à action directe (AAD). Ces médicaments ont révolutionné le traitement de l’hépatite C grâce à leur efficacité élevée. Les résultats de l’étude montrent que les AAD ont permis d’éradiquer l’infection active chez 100 % des personnes hétérosexuelles, chez 94 % des usagers de drogues injectables et chez 71 % des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH).

L’étude révèle également une évolution des modes de transmission du VIH en Espagne. En 2002, l’usage de drogues injectables était la principale voie de contamination (55 % des cas), mais elle ne représente plus que 21 % des nouvelles infections en 2023. En parallèle, la proportion de personnes séropositives appartenant à la communauté HSH a augmenté, passant de 17 % à 46 %. Bien que ce groupe ait initialement présenté des taux de co-infection plus faibles, il représente désormais une part importante des cas actifs de VHC, ce qui suggère un besoin accru de prévention ciblée auprès des personnes ayant des comportements à risque.

Malgré ces succès thérapeutiques, les auteurs de l’étude insistent sur le fait que le fardeau des maladies hépatiques résiduelles demeure important. En 2023, 20,4 % des personnes séropositives guéries du VHC (ayant obtenu une réponse virologique soutenue) souffraient de cirrhose du foie. Cela souligne l’importance d’un suivi médical régulier et à long terme, en particulier chez les patients présentant des facteurs de risque supplémentaires tels que la consommation d’alcool ou des troubles métaboliques, afin de prévenir des complications graves comme le carcinome hépatocellulaire ou la décompensation hépatique.

Les chercheurs insistent sur la nécessité de maintenir des systèmes de surveillance épidémiologique performants, de renforcer les interventions préventives auprès des populations les plus exposées – en particulier les HSH – et de consolider des modèles de soins intégrés garantissant une prise en charge globale du VIH et de la santé hépatique.

Par ailleurs, les autorités sanitaires ont récemment identifié un premier cas de transmission autochtone de la variole du singe (mpox) de la variante clade 1b à Madrid. L’homme de 49 ans diagnostiqué avait eu des relations sexuelles avec plusieurs résidents espagnols. Il est important de noter que le clade 1b est considéré comme plus contagieux et potentiellement plus grave. Un autre cas de clade 1b, importé de Tanzanie, avait été détecté à Madrid en septembre dernier. Plus d’informations sur Antena 3.

Les résultats de cette étude témoignent de l’efficacité des politiques publiques qui ont garanti un accès universel à des traitements efficaces et ont priorisé les interventions auprès des populations vulnérables. Toutefois, l’élimination définitive de la co-infection VIH-VHC nécessitera un engagement continu, une adaptation aux nouveaux modes de transmission et une prise en charge des séquelles cliniques persistantes, même après la guérison.

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