L’euro a atteint un sommet de deux semaines face au dollar américain, grimpant à 1,0453 vendredi, avant de stabiliser sa progression. Ce rebond s’explique par un apaisement des tensions commerciales et une stabilisation des inquiétudes liées à l’inflation, mais la divergence de politique monétaire entre les États-Unis et la zone euro pourrait freiner cette dynamique à long terme.
La décision du président américain Donald Trump de lancer une étude sur les éventuelles mesures de rétorsion commerciales, sans imposer immédiatement de nouveaux droits de douane, a joué un rôle clé dans cette appréciation de l’euro. Cette annonce a dissipé les craintes d’une escalade rapide des tensions commerciales, qui auraient pu alimenter les pressions inflationnistes. Les marchés interprètent l’absence de représailles immédiates comme un signe de stabilisation des risques d’inflation, réduisant ainsi l’incertitude quant à la future politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Par ailleurs, un certain relâchement des tensions géopolitiques contribue à réduire la prime de risque sur le marché des changes, soutenant ainsi le cours de l’EUR/USD. Cependant, la politique monétaire constitue un point de vigilance. La Fed maintient une approche prudente et ne semble pas pressée de baisser ses taux d’intérêt, tandis que la Banque centrale européenne (BCE) envisage activement des réductions de taux. Cette divergence pourrait peser sur la valeur de l’euro à terme.
D’un point de vue technique, l’EUR/USD a prolongé sa phase de croissance jusqu’à 1,0466 avant d’entrer dans une phase de consolidation. La rupture de cette fourchette suggère un potentiel de baisse vers 1,0372, suivie d’un possible rebond correctif vers 1,0416. L’indicateur MACD confirme ce scénario, avec sa ligne de signal à des niveaux élevés, signalant une correction imminente. Sur une période plus courte, l’analyse graphique horaire montre une consolidation étroite, avec une attente de cassure à la baisse vers 1,0420, suivie d’une correction potentielle vers 1,0444, avant une nouvelle phase baissière vers 1,0394 puis 1,0372. L’oscillateur stochastique renforce cette perspective négative, sa ligne de signal étant positionnée sous le seuil de 50 et orientée vers 20, indiquant une pression vendeuse croissante.
À ce stade, bien que l’euro ait bénéficié d’un allègement des tensions commerciales et d’une stabilisation des craintes inflationnistes, une correction à court terme semble probable. La divergence de politique monétaire entre la Fed et la BCE demeure un facteur déterminant qui pourrait limiter les gains futurs de la monnaie unique. Les acteurs du marché suivront attentivement les évolutions de la politique commerciale américaine et les anticipations concernant les taux d’intérêt de la Fed pour orienter leurs stratégies.
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