La maladie d’Alzheimer pourrait être une forme de diabète, selon de nouvelles recherches qui ouvrent la voie à des diagnostics précoces et à des traitements potentiellement révolutionnaires. Un dysfonctionnement métabolique, et plus précisément une résistance à l’insuline dans le cerveau, pourrait être à l’origine de cette maladie neurodégénérative qui touche des millions de personnes.
Le psychiatre, interniste et spécialiste en toxicomanie Muhamad Aly Rifai explique que la résistance à l’insuline prive les neurones, notamment ceux de l’hippocampe – une zone cruciale pour la mémoire – du glucose dont ils ont besoin pour fonctionner correctement. Ce manque d’énergie favoriserait alors l’accumulation de plaques amyloïdes et d’enchevêtrements de tau, les marqueurs pathologiques de la maladie d’Alzheimer.
« Nous parlons de la maladie d’Alzheimer comme d’un trouble métabolique, et nous l’appelons même diabète de type 3 », a déclaré le Dr Rifai. Selon ses estimations, les personnes atteintes du syndrome métabolique ou du diabète présentent un risque de développer la maladie d’Alzheimer multiplié par trois à cinq.
Des avancées récentes permettent désormais d’identifier ce risque avant même l’apparition des premiers symptômes de perte de mémoire. De nouveaux tests sanguins, récemment approuvés par la FDA, analysent les niveaux de protéines amyloïdes dans le sang pour évaluer la probabilité de développer la maladie. Certains patients et célébrités ont déjà été testés, ce qui a influencé leurs décisions de vie et leur approche de la santé.
Le Dr Rifai souligne que la prise en charge de la maladie d’Alzheimer ne se limite pas aux traitements médicamenteux traditionnels, tels que les inhibiteurs de la cholinestérase, dont l’efficacité est modeste. Les interventions sur le mode de vie – régime alimentaire équilibré, activité physique régulière, stimulation cognitive – jouent un rôle essentiel dans la prévention et la gestion de la maladie. De plus, de nouveaux médicaments contre le diabète, notamment les agonistes du GLP-1, pourraient offrir des perspectives prometteuses.
« La maladie d’Alzheimer ne doit pas être une fatalité », insiste le Dr Rifai. « Elle peut être évitée, gérée et peut-être même inversée en s’attaquant à ses fondements métaboliques. » Il encourage les professionnels de santé à sensibiliser leurs patients, à proposer un dépistage précoce et à donner la priorité à la dimension métabolique des troubles cognitifs.
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