Publié le 2025-11-19 04:05:00. La République dominicaine fait face à une augmentation inquiétante de la résistance aux antimicrobiens, menaçant l’efficacité des traitements contre des infections courantes et compliquant la prise en charge des patients vulnérables. Les autorités sanitaires appellent à une action coordonnée pour inverser cette tendance.
- La Société Dominicaine d’Infectologie (SDI) alerte sur la progression de la résistance aux antimicrobiens (RAM) dans le pays.
- Les bactéries Escherichia coli, Klebsiella spp. et Staphylococcus aureus, y compris des souches multi-résistantes, sont particulièrement concernées.
- L’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe la RAM parmi les dix principales menaces pour la santé publique mondiale.
La résistance aux antimicrobiens, un phénomène où les bactéries, les virus, les champignons et les parasites évoluent et ne répondent plus aux médicaments conçus pour les tuer, constitue un défi majeur pour la santé publique en République dominicaine. Selon le dernier bulletin épidémiologique de la Direction générale de l’Épidémiologie, cette résistance s’intensifie, compromettant la capacité du système de santé à traiter efficacement les infections.
La SDI souligne que cette situation a des conséquences directes sur la prise en charge des patients, notamment ceux hospitalisés et soumis à des interventions chirurgicales, des soins intensifs, des greffes, des traitements oncologiques ou des thérapies immunosuppressives. L’augmentation des bactéries résistantes, en particulier Escherichia coli, Klebsiella spp. et Staphylococcus aureus, rend les infections plus difficiles à soigner et augmente le risque de complications.
L’OMS considère la RAM comme l’une des dix principales menaces pour la santé mondiale, et sa progression rapide dans la région exige une réponse immédiate et durable. Un rapport publié en octobre dernier par l’agence internationale Europa Press met en garde contre l’augmentation de la résistance aux antibiotiques essentiels qui représentent une menace pour la santé mondiale. Entre 2018 et 2023, les combinaisons d’agents pathogènes et d’antibiotiques surveillées ont augmenté de plus de 40 %. En 2023, une infection bactérienne sur six était résistante aux traitements antibiotiques.
Face à cette situation alarmante, la SDI appelle à renforcer les efforts nationaux en matière de surveillance épidémiologique. Cela passe par l’élargissement et la modernisation du réseau de microbiologie dans les hôpitaux publics et privés, ainsi que par la communication rapide des données sur la résistance aux organismes de santé compétents. Il est également crucial de mettre en œuvre des programmes d’optimisation des antimicrobiens (PROA), impliquant des équipes multidisciplinaires composées de spécialistes des maladies infectieuses, de pharmaciens cliniciens, de microbiologistes et d’épidémiologistes hospitaliers.
La promotion d’une prescription responsable d’antibiotiques et la surveillance des micro-organismes à usage restreint sont également des mesures essentielles. Les autorités sanitaires insistent sur la nécessité de renforcer le respect du recours aux antibiotiques sur ordonnance et de lutter contre l’automédication et la vente illégale de ces médicaments. Par ailleurs, il est recommandé d’intensifier les mesures d’hygiène des mains pour prévenir les infections et d’accroître la couverture vaccinale contre des maladies telles que la grippe, le pneumocoque, le virus de l’hépatite B et la COVID-19, afin de réduire le besoin d’antibiotiques.
Le rapport de l’OMS met également en évidence la dangerosité croissante des bactéries Gram-négatives résistantes aux médicaments, notamment E. coli et K. pneumoniae, qui sont considérées comme les principales bactéries résistantes de ce type. La résistance aux antibiotiques est particulièrement élevée dans les régions de l’Asie du Sud-Est et de la Méditerranée orientale, où une infection sur trois présente une résistance.
