Publié le 13 octobre 2025 à 09h32. Loin d’être systématiquement bénéfiques pour le cœur, les régimes à base de plantes peuvent s’avérer contre-productifs si l’on privilégie les produits ultra-transformés au détriment des aliments végétaux bruts.
- Une étude européenne révèle que remplacer la viande par des substituts végétaux ultra-transformés peut augmenter le risque de maladies cardiovasculaires.
- Les chercheurs distinguent les aliments végétaux non transformés (légumes, fruits, légumineuses) des produits ultra-transformés (substituts de viande, snacks, plats préparés végétaliens).
- L’étude souligne que ce n’est pas tant ce que l’on supprime de son alimentation que ce que l’on y ajoute qui compte.
Manger moins de viande est souvent présenté comme un gage de bonne santé et un moyen de réduire les risques de maladies cardiovasculaires. Pourtant, une nouvelle recherche européenne nuance cette affirmation. Remplacer la viande par des produits végétaux ultra-transformés – substituts de viande prêts à l’emploi, snacks industriels ou plats préparés végétaliens – pourrait en réalité être plus néfaste pour le cœur que de continuer à consommer de la viande.
L’étude, publiée dans The Lancet Régional Santé Europe, s’appuie sur l’analyse des données de dizaines de milliers de participants européens suivis pendant plusieurs années.
Aliments végétaux transformés et non transformés
Les chercheurs n’ont pas seulement examiné si les individus adoptaient un régime à base de plantes, mais surtout quel type de régime ils suivaient. Ils ont opéré une distinction claire entre les produits végétaux non transformés – légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes, noix – et les produits végétaux hautement transformés, tels que les substituts de viande, les plats préparés végétaliens et les collations sucrées. Ces produits ultra-transformés présentent des risques pour la santé, et augmenteraient même les chances de décès prématuré.
Les résultats sont sans équivoque : les personnes dont l’alimentation était principalement composée de produits végétaux non transformés présentaient un risque significativement plus faible de maladies cardiovasculaires. En revanche, chez les participants consommant de nombreux aliments végétaux ultra-transformés, le risque était plus élevé que chez ceux qui suivaient un régime alimentaire mixte mais moins transformé. Il ne s’agit donc pas seulement de réduire sa consommation de viande ou de produits laitiers, mais surtout de choisir des alternatives saines et nutritives.
« Végétalien » ou « à base de plantes » n’est pas synonyme de « sain »
Les chercheurs insistent sur le fait qu’il s’agit d’une étude observationnelle et qu’il est donc impossible d’établir un lien de causalité direct. Néanmoins, l’échantillon est vaste et les associations observées persistent même après prise en compte du mode de vie et d’autres facteurs de santé.
Les spécialistes de la nutrition avertissent depuis un certain temps que les termes « végétalien » ou « à base de plantes » ne garantissent pas automatiquement une alimentation saine. De nombreux substituts de viande et snacks végétaux contiennent des quantités importantes de sel, de sucre ou de graisses saturées, et sont relativement pauvres en fibres. Ces ingrédients ne sont pas bénéfiques pour le cœur.
L’alimentation végétale aux Pays-Bas
La popularité de l’alimentation à base de plantes est en forte croissance aux Pays-Bas, en partie en raison des préoccupations liées au climat et de la large disponibilité de substituts de viande dans les supermarchés.
Le Centre de Nutrition souligne qu’une alimentation saine à base de plantes doit privilégier les produits non transformés, tels que les légumineuses, les noix et les céréales complètes. Les substituts de viande peuvent être utiles en complément, mais ne doivent pas être présents à tous les repas.
Réduire sa consommation de viande peut être bénéfique pour la santé, à condition de choisir des alternatives nutritives et non transformées. Un label « végétalien » ou une étiquette verte ne sont pas une garantie de qualité nutritionnelle.
