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Manifestations en Iran : les forces de sécurité ripostent brutalement

by Clara Dubois

Publié le 11 janvier 2026 à 21h50. Après deux semaines de contestation sociale, le régime iranien réprime brutalement les manifestations, coupant les communications et faisant craindre un bilan lourd de victimes.

  • Le régime iranien a coupé l’accès à Internet et aux lignes téléphoniques dans tout le pays.
  • Des organisations de défense des droits de l’homme font état de violences extrêmes de la part des forces de sécurité et craignent un massacre.
  • La situation est aggravée par un black-out informationnel total, rendant difficile la vérification des informations.

La réponse du régime iranien aux manifestations, qui ont débuté il y a près de deux semaines en raison de la situation économique désastreuse et se sont étendues à une contestation plus large du pouvoir, s’est durcie. Après des jours de spéculations sur la stratégie de Téhéran, les autorités semblent avoir opté pour une répression massive.

L’Iran est désormais coupé du monde extérieur. L’accès à Internet et aux lignes téléphoniques a été interrompu depuis plus de 48 heures, et les vols internationaux sont également affectés. Seules quelques images, informations et extraits de vidéos parviennent à filtrer, dressant un tableau alarmant de la situation sur le terrain.

Des organisations non gouvernementales, comme le Centre pour les droits de l’homme en Iran, basée aux États-Unis, mettent en garde contre un possible massacre. Des médecins de plusieurs villes iraniennes ont témoigné à la BBC Persian, rapportant que leurs services d’urgence sont submergés de blessés graves et de décès. Des manifestants ont également fait état de violences dans des messages vocaux, et de courtes vidéos diffusées via Starlink montrent des scènes brutales : véhicules et mosquées incendiés, coups de feu et cris.

En raison du black-out informationnel, il est difficile de vérifier les chiffres avancés par les organisations de défense des droits de l’homme, qui parlent de plusieurs centaines de morts. Le bilan réel pourrait être bien plus élevé.

Le régime est combatif

Malgré la gravité de la situation, les représentants du gouvernement iranien affichent un front uni et déterminé. Le président Masud Pezeshkian, initialement plus conciliant, a rejoint le discours dur. Les autorités accusent Israël et les États-Unis de fomenter le soulèvement, qualifiant les manifestants d'”ennemis de Dieu” et menaçant indirectement de les punir de mort. Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a lui-même ordonné une répression impitoyable dans un discours prononcé vendredi.

L’Amérique est-elle en train d’intervenir ?

Des observateurs iraniens à l’étranger s’interrogent sur la solidité du régime, tant sur le plan économique que politique. Certains estiment que les forces de sécurité restent loyales et qu’une chute du gouvernement n’est pas imminente, mais reconnaissent que des réformes sont inévitables. D’autres, comme l’Institut pour l’étude de la guerre, soulignent des signes de division au sein des forces de sécurité, avec des menaces de désertion et des difficultés à maintenir l’ordre.

La situation est également surveillée de près par les États-Unis. Le président américain Donald Trump a averti Téhéran contre une répression sanglante et, selon les médias américains, a été informé samedi d’éventuelles options militaires.

Téhéran menace de représailles

Des spéculations circulent sur la possibilité de frappes aériennes contre les forces de sécurité ou même d’une action visant directement l’ayatollah Khamenei. Israël, qui avait déjà mené des opérations militaires contre l’Iran l’été dernier, est également en état d’alerte.

La question de savoir si une intervention américaine ou israélienne renforcerait ou affaiblirait les manifestants reste ouverte. L’expérience des bombardements israéliens de 2024, qui n’ont pas conduit à un soulèvement populaire, est un exemple à considérer. Par ailleurs, Téhéran a menacé les États-Unis et Israël de représailles en cas d’attaque, ce qui pourrait entraîner une escalade du conflit et une guerre régionale.

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