Publié le 18 octobre 2025 23:52:00. Une salariée new-yorkaise s’est retrouvée dans une situation délicate après avoir été informée par son employeur d’une erreur de paie s’élevant à plus de 7 000 $ et confrontée à la possibilité de rembourser cette somme ou de travailler gratuitement pour compenser.
- Les employeurs ont le droit de récupérer les sommes versées en trop à leurs employés, mais cette pratique est encadrée par des lois fédérales et étatiques.
- La loi de l’État de New York offre des protections supplémentaires aux travailleurs en matière de récupération des trop-payés, notamment en matière de préavis et de limites de déduction.
- Il est crucial de vérifier régulièrement ses fiches de paie et ses relevés bancaires pour détecter d’éventuelles erreurs et éviter ce type de situation.
Natalie, une employée new-yorkaise, a récemment reçu une nouvelle inattendue de la part de son supérieur : une erreur de paie avait entraîné un versement excessif de près de 7 000 $ sur son compte au cours de l’année écoulée. Elle occupait deux emplois et n’avait pas remarqué ces petites augmentations progressives, admettant ne pas avoir examiné attentivement ses relevés bancaires chaque mois.
L’employeur lui a présenté deux options : rembourser la totalité de la somme ou travailler gratuitement jusqu’à ce que la dette soit éteinte. Natalie, vivant au jour le jour, ne pouvait se permettre un remboursement immédiat de 7 000 $ et son employeur ne semblait pas disposé à envisager un plan de remboursement échelonné. Elle était alors confrontée à l’incertitude quant à la légalité de telles demandes.
En vertu de la loi fédérale américaine sur la protection du crédit à la consommation (CCPA), les employeurs sont autorisés à effectuer des retenues sur salaire en cas de trop-payé, mais des limites sont fixées. Si les « revenus disponibles » hebdomadaires (le montant après les déductions obligatoires comme les impôts et la sécurité sociale) dépassent 290 $ (environ 2 300 F), le maximum déductible est de 25 %. Si ces revenus sont inférieurs à 217,50 $ (environ 1 730 F), aucune déduction n’est possible. Pour les revenus disponibles compris entre 217,50 $ et 290 $, l’employeur peut saisir le montant excédant 217,50 $ (1).
Les lois des États jouent également un rôle important dans la manière et le moment où un employeur peut effectuer des retenues sur salaire. Dans la plupart des États, un trop-payé est considéré comme une avance sur salaire, et les employeurs n’ont pas besoin de l’autorisation de l’employé pour procéder aux déductions. En cas de divergence entre la loi fédérale et la loi de l’État, la loi la plus favorable au travailleur s’applique (2).
Heureusement pour Natalie, elle réside à New York, où des dispositions spécifiques protègent les employés en cas de récupération de trop-payés. La loi new-yorkaise exige que l’employeur fournisse un avis écrit d’intention de procéder à des retenues sur salaire. Cet avis doit préciser le montant total du trop-payé, ventilé par période de paie, le montant total à déduire et le calendrier des déductions, ainsi que les modalités de contestation du trop-payé.
Plus important encore, dans l’État de New York, les déductions pour trop-payé ne peuvent concerner que les huit semaines précédant la remise de l’avis d’intention à l’employé. Si le trop-payé est inférieur ou égal au prochain chèque de paie, la totalité du montant peut être déduite. Cependant, si le trop-payé est supérieur, le montant maximum déductible ne peut dépasser 12,5 % du salaire brut, et cette déduction ne peut réduire le salaire horaire effectif en dessous du salaire minimum de l’État (3).
La demande de l’employeur à Natalie de travailler gratuitement pour rembourser le trop-payé est illégale. En tant que résidente de New York, son employeur ne peut effectuer des déductions que sur les huit semaines précédant la réception d’un préavis approprié. La simple discussion avec son employeur ne constitue pas un avis officiel ; un document respectant les exigences légales est nécessaire.
Natalie devrait informer son employeur que cette demande constitue une violation du droit du travail et qu’il est de sa responsabilité de lui fournir un préavis conforme à la loi. Grâce aux protections offertes par l’État de New York, elle ne devrait pas être confrontée à des retenues sur salaire qui compromettraient sa capacité à faire face à ses dépenses. Elle devra néanmoins ajuster son budget en conséquence.
Pour l’avenir, une vérification régulière des fiches de paie et des relevés bancaires est essentielle pour prévenir ce type de perte de revenus inattendue et détecter d’éventuelles erreurs de paie. Une étude d’Ernst & Young réalisée en 2022 a révélé que la précision moyenne de la paie des entreprises n’est que de 80,15 %, ce qui signifie qu’il est possible de ne pas percevoir la totalité du salaire auquel on a droit si l’on ne surveille pas attentivement son compte bancaire (4).
Si un employé estime que son employeur a effectué des retenues sur salaire illégales, il peut déposer une plainte auprès du ministère du Travail de son État et, selon la législation en vigueur, engager une action en justice (2).
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Département américain du Travail (1); Thomson Reuters (2); Département du Travail de New York (3); Ernst & Young (4)
Cet article fournit uniquement des informations et ne doit pas être considéré comme un conseil. Il est fourni sans garantie d’aucune sorte.
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