Home SantéOn dit que la combinaison de deux médicaments aide à lutter contre les affections courantes.

On dit que la combinaison de deux médicaments aide à lutter contre les affections courantes.

by Sophie Martin

Publié le 11 octobre 2025 à 19h00. Des chercheurs barcelonais ont identifié un effet inattendu de médicaments cardiaques existants : ils pourraient offrir une nouvelle voie thérapeutique pour lutter contre la stéatose hépatique, une maladie du foie de plus en plus répandue.

  • Une étude menée sur des modèles animaux a révélé que le pémafibrate et le telmisartan réduisent significativement l’accumulation de graisse dans le foie.
  • La stéatose hépatique non alcoolique (MASLD) touche plus d’un tiers (38 %) des adultes dans le monde.
  • Les chercheurs soulignent l’importance d’une approche thérapeutique combinée pour traiter cette maladie complexe.

La stéatose hépatique, ou « foie gras » comme on l’appelle couramment, est une affection caractérisée par l’accumulation excessive de graisse dans le foie. Connue dans le milieu médical sous le nom de stéatose hépatique non alcoolique (MASLD), elle affecte un nombre croissant de personnes à l’échelle mondiale. Selon les estimations, plus de 38 % des adultes en sont atteints. Jusqu’à présent, les options thérapeutiques étaient limitées, mais une nouvelle étude menée par des scientifiques de l’Université de Barcelone apporte un espoir tangible.

Les résultats de leurs expérimentations sur des animaux indiquent que deux médicaments déjà approuvés pour d’autres indications – le pémafibrate et le telmisartan – pourraient considérablement diminuer l’accumulation de graisse dans le foie. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles perspectives de traitement pour cette maladie silencieuse, souvent méconnue de ceux qui en souffrent.

Des chercheurs de Barcelone découvrent un effet surprenant : des comprimés cardiaques pourraient également aider à l'avenir les patients atteints de stéatose hépatique.
Des chercheurs de Barcelone découvrent un effet surprenant : des comprimés cardiaques pourraient également aider à l’avenir les patients atteints de stéatose hépatique. © IMAGO/Lorena Riga et William Dondyk / Addictive Stock

La stéatose hépatique augmente le risque de maladies cardiovasculaires graves, telles que les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux, même à ses premiers stades. L’étude révèle un lien étroit entre l’hypertension artérielle et cette affection hépatique. Le système rénine-angiotensine (RAS), un système hormonal qui régule la pression artérielle, est également actif au niveau du foie et contribue au développement de l’obésité, de la résistance à l’insuline et de l’inflammation.

C’est cette observation qui a conduit les chercheurs à se concentrer sur deux médicaments spécifiques : le telmisartan, disponible dans environ 90 pays et utilisé pour traiter l’hypertension artérielle, et le pémafibrate, approuvé au Japon pour le traitement des troubles du métabolisme lipidique.

Une combinaison prometteuse pour une maladie complexe

Lors d’expériences menées sur des rats et des poissons zèbres, la combinaison des deux agents s’est avérée plus efficace pour réduire la graisse du foie que l’utilisation de l’un ou l’autre médicament seul. L’étude précise que l’administration d’une « demi-dose » de chaque médicament était aussi efficace qu’une dose complète d’un seul des deux. Cette synergie est due au fait que les deux substances agissent par des mécanismes différents, tout en contribuant à réduire le risque de maladies cardiovasculaires, un risque accru chez les patients atteints de stéatose hépatique.

À propos de l’étude

L’étude intitulée « Telmisartan reverses hepatic steatosis via positive regulation of PCK1: a novel mechanism independent of PPAR in experimental MASLD models » par Roger Bentanachs, Patricia Ramírez-Carrasco, Bianca Braster et al. de l’Université de Barcelone a été publiée en août 2025 dans la revue Science Direct.

Lien vers l’étude

Il est essentiel d’adopter un mode de vie sain, comprenant une alimentation équilibrée et une activité physique régulière, pour prévenir et gérer la stéatose hépatique. Cependant, de nombreux patients ont du mal à maintenir ces habitudes sur le long terme. Une approche combinant médicaments et changements de style de vie pourrait donc constituer un complément précieux, en particulier aux premiers stades de la maladie, où les symptômes sont souvent absents et la pathologie est donc négligée. Des études cliniques sont nécessaires pour confirmer l’efficacité de cette approche thérapeutique chez l’homme. Néanmoins, les chercheurs se montrent optimistes :

« Jusqu’à présent, la monothérapie a été la stratégie pharmacologique prédominante pour le traitement. Cependant, étant donné la complexité de la MASLD et l’utilisation réussie de thérapies combinées dans d’autres maladies métaboliques, nous pensons que la thérapie combinée est la meilleure stratégie. »

Professeur Marta Alegret, auteur de l’étude

Trois raisons motivent cette nouvelle approche thérapeutique

L’étude souligne que la stéatose hépatique est souvent « sous-diagnostiquée », même en présence de facteurs de risque métaboliques tels que l’obésité. Un problème majeur réside dans le fait que les symptômes sont souvent discrets et peu spécifiques. Selon l’Aide allemande au foie, ces symptômes peuvent inclure une sensation de pression dans la partie supérieure droite de l’abdomen, de la fatigue, des difficultés de concentration ou des démangeaisons. Le temps presse, car les prévisions indiquent que plus de la moitié (55,4 %) des adultes dans le monde souffriront de stéatose hépatique d’ici 2040.

Du point de vue des scientifiques, le pémafibrate et le telmisartan présentent des atouts considérables en tant que candidats thérapeutiques. Les deux médicaments ont déjà été approuvés et leur profil de sécurité est bien établi. De plus, ils agissent par des mécanismes complémentaires contre la stéatose hépatique et contribuent à réduire le risque cardiovasculaire. Trois arguments de poids, selon les auteurs. Heureusement, de nombreux facteurs sont sous notre contrôle. Outre la prédisposition génétique, le mode de vie joue un rôle crucial. Selon l’Aide allemande au foie, les causes les plus fréquentes de stéatose hépatique sont l’obésité, l’augmentation des taux de lipides sanguins et la résistance à l’insuline. (Source : Étude, German Liver Aid, Newsweek)

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