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Presque un cœur: reproduire les organes humains

by Sophie Martin

Publié le 30 septembre 2025 13:36:00. Des chercheurs autrichiens repoussent les limites de la médecine régénérative en cultivant des organoïdes – des modèles miniatures d’organes humains – pour mieux comprendre les maladies et tester de nouveaux traitements, notamment face à des défis sanitaires majeurs comme les maladies cardiovasculaires et la Covid-19.

  • Les organoïdes, cultivés à partir de cellules souches, permettent d’imiter le fonctionnement des organes humains et d’étudier les maladies à un niveau moléculaire.
  • L’Institut de biotechnologie moléculaire (IMBA) de Vienne a développé des organoïdes cardiaques et vasculaires, ouvrant la voie à la recherche sur les maladies cardiovasculaires, le diabète et les infections virales.
  • Cette approche offre une alternative plus précise et éthique aux expérimentations animales, tout en ouvrant des perspectives pour la médecine personnalisée.

La recherche sur les organoïdes, ces structures tissulaires miniatures issues de cellules souches, représente une avancée majeure dans le domaine de la biologie et de la médecine. Si le concept peut évoquer la science-fiction, il s’agit d’une réalité scientifique en plein essor. Selon le Dr Sasha Mendjan, chef de groupe senior à l’IMBA (Institut de biotechnologie moléculaire) de l’Académie autrichienne des sciences, ces organoïdes, qui peuvent inclure des vaisseaux sanguins, ne sont pas encore des organes entièrement fonctionnels, mais constituent une étape cruciale vers la recréation d’organes complexes.

Depuis 2013, les scientifiques s’efforcent de reproduire la complexité des organes humains in vitro. L’IMBA a été à l’avant-garde de cette recherche. En 2013, le directeur de l’IMBA, Jürgen Knoblich, et son équipe ont créé les premiers organoïdes cérébraux à partir de cellules souches humaines. Le Dr Mendjan a ensuite concentré ses efforts sur le développement d’organes cardiaques à partir de cellules souches, un domaine particulièrement pertinent étant donné que les maladies cardiovasculaires constituent la principale cause de décès en Europe.

En 2019, les chercheurs du laboratoire Penninger de l’IMBA ont franchi une nouvelle étape en développant les premiers organoïdes de vaisseaux sanguins au monde. Ces modèles permettent d’étudier des maladies telles que le diabète. L’organe vasculaire développé à Vienne a également été utilisé en 2020 pour tester l’efficacité de différents principes actifs contre la maladie Covid-19 causée par le virus de la corona.

« Avec la recherche organoïde, nous apprenons comment les organes se développent, et aussi comment les tissus humains réagissent aux médicaments ou comment certaines mutations et donc des maladies surviennent. »

Sasha Mendjan, chef de groupe senior à l’IMBA

Les organoïdes permettent d’étudier des processus complexes directement dans un tissu humain. Par exemple, les organoïdes cérébraux offrent la possibilité d’examiner des maladies héréditaires du cerveau sur une culture d’organes humains, et même de produire spécifiquement des organoïdes à partir de cellules affectées par des maladies neurologiques.

« Les causes biologiques de nombreuses images cliniques neurologiques complexes, telles que l’épilepsie ou la schizophrénie, sont encore largement obscures. Nous espérons obtenir des connaissances de cette manière dans le but de pouvoir développer des thérapies sur mesure. »

Jürgen Knoblich, directeur de l’IMBA

Au-delà de leurs applications en recherche fondamentale, les organoïdes présentent un avantage considérable pour la médecine personnalisée. Contrairement aux tests sur animaux, la recherche sur les organoïdes peut être observée au niveau moléculaire, ce qui la rend non seulement plus précise, mais aussi plus éthique. De plus, les organoïdes peuvent être cultivés pour refléter les caractéristiques spécifiques de chaque patient, ouvrant la voie à des tests de nouvelles substances et thérapies adaptés à chaque individu.

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