Publié le 21 octobre 2025 à 02h41. L’équilibre de notre flore intestinale, ou microbiote, est devenu une préoccupation majeure pour les Argentins, influençant non seulement la digestion mais aussi l’immunité, la santé mentale et même nos choix. Une étude récente révèle que la majorité de la population est consciente de son importance et prend des mesures pour la préserver.
- 85 % des Argentins connaissent le microbiote intestinal.
- Deux personnes sur trois adoptent des habitudes pour en prendre soin, notamment par l’alimentation, l’hydratation et l’exercice physique.
- L’état du microbiote influence notre humeur, notre tempérament et nos décisions.
Le microbiote intestinal, cet ensemble complexe de milliards de bactéries, est au cœur d’un intérêt croissant pour la santé et le bien-être. Selon une étude menée par l’IFOP (Institut français de l’opinion publique) pour Danone, les Argentins sont de plus en plus conscients de son rôle crucial. L’enquête, réalisée auprès d’un échantillon représentatif de plus de 18 ans à travers le pays, montre que 85 % de la population a déjà entendu parler du microbiote intestinal et que près de deux tiers (66 %) adaptent leur mode de vie pour le protéger, privilégiant une alimentation saine, une hydratation adéquate et une activité physique régulière.
Le microbiote ne se limite pas à la digestion. Il joue un rôle fondamental dans le système immunitaire, le métabolisme et même le fonctionnement du système nerveux. L’étude révèle que 75 % des Argentins considèrent que la consommation de yaourt a un effet positif sur leur santé intestinale. Mais qu’est-ce que le microbiote exactement ?
Pour simplifier, le microbiote intestinal est une véritable armée de micro-organismes en interaction constante. On parle de symbiose lorsque cet écosystème est en équilibre et de dysbiose lorsqu’il est perturbé.
« J’aime l’appeler le premier cerveau parce que c’est comme s’il nous commandait, c’est notre base de contrôle. »
Dr María Ana Puiggari, médecin spécialiste en médecine générale et familiale, détoxification et microbiote
Le Dr Puiggari explique que l’état de notre microbiote influence notre capacité à résister aux agents pathogènes : “Tout ce qui vient de l’extérieur dépend de ce que vous avez dans votre microbiote. Tout a un microbiote : votre corps, la peau, les voies nasales, la bouche, les yeux, le système reproducteur… Ils ont tous une flore. Si nous modifions cet équilibre et le mettons en dysbiose, c’est alors qu’une maladie extérieure peut nous attaquer, qu’il s’agisse d’un simple rhume ou de maladies dégénératives, auto-immunes, métaboliques, de cancer, d’obésité… tout dépend de notre microbiote.”
L’influence du microbiote va encore plus loin. Selon le Dr Puiggari, notre humeur, notre tempérament, notre caractère et même les décisions que nous prenons sont liés à son état :
« Lorsque vous réparez le microbiote et qu’il est en équilibre, vous prenez de meilleures décisions, vous êtes plus calme, moins irritable. Cela se voit quotidiennement chez mes patients. »
Dr María Ana Puiggari, médecin spécialiste en médecine générale et familiale, détoxification et microbiote
L’adage d’Hippocrate, “Dites-moi comment va votre intestin et je vous dirai dans quelle mesure vous êtes en bonne santé”, prend tout son sens. Cette armée de micro-organismes travaille sans relâche pour nous : elle nous nettoie, nous détoxifie, nous défend, régénère les cellules de nos organes et digère nos aliments.
Notre microbiote n’est pas figé à la naissance. Nous l’héritons de nos parents, mais de nombreux facteurs l’influencent tout au long de notre vie. L’accouchement vaginal et l’allaitement maternel sont des étapes clés dans la formation du microbiote de l’enfant. Nous naissons avec la flore de nos parents, mais le stress et une mauvaise alimentation peuvent l’endommager avec le temps.
Certains aliments sont particulièrement néfastes pour les micro-organismes bénéfiques, notamment les produits agrochimiques et les aliments transformés.
Les antibiotiques, bien que parfois nécessaires, doivent être utilisés avec prudence. Ils détruisent non seulement les bactéries pathogènes, mais aussi les micro-organismes bénéfiques du microbiote. “Il faut parfois jusqu’à quatre mois pour régénérer le microbiote après une cure d’antibiotiques. Il est toujours conseillé de prendre des probiotiques naturels ou en gélules avant et pendant un traitement antibiotique”, conseille le Dr Puiggari, soulignant qu’une personne qui prend constamment des antibiotiques, et qui vit en milieu urbain sans contact avec la terre, aura un microbiote particulièrement déséquilibré.
Le “grounding”, ou contact direct des pieds nus avec la terre, est une pratique simple qui peut améliorer l’équilibre du microbiote. “Dans les éléments électriques, il doit toujours y avoir un fil de terre, et il en va de même pour notre corps. Lorsque nous sommes connectés à toutes sortes d’appareils électroniques, notre charge électrique est déséquilibrée. Si nous nous déchargeons sur terre, c’est comme si l’électricité s’équilibrait et que le microbiote s’améliorait“, explique le Dr Puiggari.
Il est également important de désactiver le Wi-Fi la nuit et de s’éloigner de la technologie en fin de journée.
Le Dr Puiggari souligne également les effets anti-inflammatoires du grounding, et raconte avoir vu des bébés qui ne pouvaient pas dormir se calmer lorsqu’ils étaient mis en contact avec la terre.
Les aliments fermentés sont riches en probiotiques, des micro-organismes bénéfiques déjà présents dans les aliments. Parmi eux, on trouve le kéfir, le kombucha et la choucroute. Il est important de tenir compte des tolérances individuelles, car le kéfir et le kombucha contiennent du sucre qui peut nourrir le candida, une flore pathogène. Si vous n’avez pas de candida, il n’y a pas de problème, mais il est préférable d’opter pour la choucroute.
Pour un yaourt optimal, privilégiez un produit biologique fabriqué à partir de lait de vache nourri à l’herbe. Il existe deux types de vaches : celles qui sont nourries avec une alimentation équilibrée et celles qui reçoivent des antibiotiques ou des hormones. “Tout ce que mangent les vaches se retrouve également dans votre microbiote et peut l’endommager, car les agents pathogènes se développent au lieu des bénéfiques”, explique le Dr Puiggari. Le lait de vache nourrie à l’herbe, non pasteurisé, contient toutes les souches sauvages et est donc plus bénéfique, mais il est important de l’introduire progressivement dans son alimentation. La même chose s’applique aux poulets, qui sont souvent gavés d’hormones et d’antibiotiques. Pour les œufs, privilégiez les œufs de poules élevées en plein air.
“Le bouillon d’os est spectaculaire, Sainte Hildegarde le considérait comme le premier médicament pour tout et pour la prévention. Il contient de l’acide butyrique, qui aide à sceller la perméabilité intestinale”, explique le Dr Puiggari.
L’équilibre entre repos, sommeil, travail et exercice est essentiel pour maintenir une symbiose entre les micro-organismes, qui sont très sensibles aux changements de rythme de vie.
“Si nous nous levons à sept heures tous les jours de la semaine, mais que nous nous levons à 10 ou 11 heures le week-end, ces trois heures de différence constituent déjà un décalage horaire et perturbent le microbiote“, explique le médecin. Il est donc idéal de se réveiller avec un écart d’au plus une heure. “Si vous subissez un décalage horaire chaque semaine, cela modifie votre microbiote. Si cela arrive occasionnellement, il n’y a pas de problème. Tout est une question de cohérence et de routine”, précise-t-elle. Il en va de même pour l’alimentation : il n’est pas comparable de manger des aliments transformés tous les jours plutôt que de temps en temps, lors d’un anniversaire.
L’eau est essentielle pour éliminer les toxines et améliorer la quantité et la qualité des selles. Sans eau, les matières fécales stagnent, fermentent et affectent le microbiote bénéfique. L’hydratation favorise l’équilibre intestinal, tandis que la déshydratation perturbe cet équilibre, favorise la prolifération des agents pathogènes et provoque constipation.
Le Dr María Ana Puiggari met en garde sur la qualité de l’eau, car le chlore et le fluorure peuvent éliminer le microbiote. L’eau de puits est plus saine, mais doit être exempte de contamination. Dans les deux cas, il est important d’utiliser un filtre pour éliminer le chlore et les métaux lourds.
Il est recommandé de trouver un équilibre entre intensité, quantité et fréquence de l’exercice. Une intensité modérée est idéale pour maintenir un régime bénéfique et éviter de favoriser le développement de bactéries pathogènes. “L’exercice stimule la diversité et l’abondance des bactéries bénéfiques”, explique le Dr Puiggari.
De plus, l’exercice améliore la perméabilité intestinale, qui se manifeste par de petits trous dans la muqueuse intestinale causés par le stress, les aliments mal digérés, le gluten, les parasites, les médicaments, etc. Lorsque vous mangez quelque chose contenant une toxine, celle-ci passe directement dans votre circulation sanguine. “Votre corps la considère alors comme un corps étranger et le système immunitaire commence à réagir. L’exercice aide à refermer cette perméabilité“, déclare le Dr Puiggari.
Les graisses saines, les protéines et l’acide butyrique contribuent également à refermer la perméabilité intestinale, permettant aux bactéries et aux micro-organismes de faire leur travail de digestion sans passer directement dans la circulation sanguine.
Enfin, l’exercice réduit l’inflammation en général et l’oxygène associé à l’activité musculaire stimule le côlon à se contracter pour évacuer.
L’impact sur la santé mentale et cognitive est également notable : “L’exercice génère des endorphines et améliore l’humeur, ce qui favorise le développement de votre microbiote, renforce les micro-organismes bénéfiques et élimine les mauvaises herbes”, décrit-elle.
Lorsque nous interagissons avec d’autres personnes, nous acquérons leur flore. Des études suggèrent que nous sommes attirés par des personnes dont la flore est complémentaire à la nôtre. “Cela vous commande tellement que cela vous fait choisir la personne avec qui vous allez être. Il doit y avoir une symbiose entre le microbiote de l’autre et le vôtre. “Ce que vous n’avez pas, l’autre l’a, et vice versa”, explique le Dr Puiggari.
“Le bien-être commence de l’intérieur”, souligne Juan Garibaldi, PDG de Danone Cono Sur, expliquant la raison de l’étude commandée. Il ajoute : “Nous devons proposer des aliments qui accompagnent l’équilibre des personnes en promouvant une relation plus consciente avec ce que nous mangeons et avec la façon dont nous prenons soin de nous-mêmes.” Les résultats montrent que 93 % des personnes interrogées ont souffert d’inconforts digestifs à un moment donné et que seulement 28 % en souffrent fréquemment. Parmi les nutriments, 85 % considèrent les fibres comme essentielles, 58 % valorisent les probiotiques et 56 % donnent la priorité aux aliments fermentés. Concernant les produits laitiers, 75 % pensent que le yaourt et le lait fermenté aident le microbiote et 73 % des personnes interrogées en consomment au moins une fois par semaine.
Enfin, l’étude a révélé que 67 % des personnes consultent des professionnels de santé, 45 % consultent leur famille ou leurs amis, et 41 % utilisent les réseaux sociaux pour s’informer sur la santé digestive. Dans quel groupe vous situez-vous ?
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