Publié le 28 septembre 2025 à 04h28. Une étude récente relance le débat sur les facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer, suggérant un lien potentiel – bien que pour l’instant limité à des recherches sur des animaux – entre l’habitude de se gratter le nez et l’augmentation du risque de développer cette maladie neurodégénérative.
- Des chercheurs ont identifié une voie par laquelle une bactérie, Chlamydia pneumoniae, pourrait atteindre le cerveau via la cavité nasale.
- Cette infection pourrait déclencher des processus biologiques similaires à ceux observés dans la maladie d’Alzheimer, notamment la formation de plaques amyloïdes.
- Il est important de souligner que ces résultats proviennent principalement d’études sur des souris et nécessitent des confirmations chez l’homme.
La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative progressive qui affecte la mémoire, la pensée et le comportement. Bien que ses causes exactes restent inconnues, plusieurs facteurs de risque sont reconnus, notamment l’âge, les prédispositions génétiques (comme le gène apoe4), un mode de vie peu sain (alimentation, manque d’exercice, sommeil de mauvaise qualité) et certaines pathologies chroniques (diabète, hypertension artérielle, obésité). Récemment, l’hypothèse d’un rôle des infections microbiennes dans le déclenchement de l’inflammation cérébrale a également été soulevée.
L’alerte concernant le lien entre se gratter le nez et la maladie d’Alzheimer provient d’une étude menée en 2022 par une équipe de scientifiques australiens, publiée dans la revue Scientific Reports. Leurs travaux ont mis en évidence les points suivants :
- La bactérie Chlamydia pneumoniae, lorsqu’elle est introduite dans la cavité nasale de souris, peut migrer vers le cerveau en empruntant les voies olfactives et le nerf trijumeau.
- Dans les 24 à 72 heures suivant l’infection, les chercheurs ont observé des changements biologiques dans le cerveau des souris, similaires à ceux observés dans la maladie d’Alzheimer, notamment la formation de plaques amyloïdes-β.
- Les lésions de la muqueuse nasale, qui peuvent survenir en se grattant le nez, augmentent la probabilité que des bactéries pénètrent dans le système nerveux.
En d’autres termes, l’étude suggère que des micro-lésions répétées de la muqueuse nasale pourraient faciliter l’entrée de micro-organismes potentiellement nocifs dans le cerveau.
Cependant, il est crucial de noter que les preuves concernant un lien direct entre se gratter le nez et la maladie d’Alzheimer chez l’homme restent limitées. Des études post-mortem (autopsies) ont parfois révélé la présence de C. pneumoniae dans le cerveau de patients atteints d’Alzheimer, mais il est difficile de déterminer si la bactérie est une cause de la maladie ou simplement un facteur associé, présent après que le cerveau a commencé à se détériorer.
De plus, aucune étude menée sur des populations humaines n’a pour l’instant établi de lien de causalité direct entre l’habitude de se gratter le nez et le développement de la maladie d’Alzheimer. Les médias ont souvent tendance à simplifier les résultats de recherches animales et à les extrapoler hâtivement aux humains, ce qui peut être trompeur.
Les chercheurs proposent le mécanisme suivant : se gratter le nez pourrait provoquer de minuscules lésions dans la cavité nasale, permettant à des microbes tels que C. pneumoniae d’accéder aux nerfs olfactifs et au nerf trijumeau, puis de se propager au cerveau. L’infection qui en résulte pourrait déclencher une neuroinflammation et, à terme, contribuer à la production de protéines amyloïdes-β, l’une des caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Il s’agit toutefois d’une hypothèse qui nécessite des investigations plus approfondies.
En conclusion, il est important de souligner que se gratter le nez ne provoque pas automatiquement la maladie d’Alzheimer. Les facteurs de risque les plus importants restent l’âge, la génétique et le mode de vie. Néanmoins, maintenir une bonne hygiène des mains et limiter l’habitude de se gratter le nez peut contribuer à prévenir les infections nasales et sinusales, ce qui est bénéfique pour la santé en général.
FAQ sur le grattage de nez et la maladie d’Alzheimer
1. Est-il vrai que se gratter le nez peut immédiatement provoquer la maladie d’Alzheimer ?
Non, cela n’a pas encore été prouvé chez l’homme. Les preuves actuelles proviennent uniquement de modèles animaux.
2. Pourquoi le nez pourrait-il devenir une voie d’entrée pour les bactéries dans le cerveau ?
Parce que les nerfs olfactifs et le nerf trijumeau sont directement connectés au système nerveux central.
3. Quelle est la meilleure mesure préventive ?
Lavez-vous les mains régulièrement, évitez de vous gratter le nez de manière excessive et prenez soin de votre santé nasale.
Source :
- Chacko, A., Beagley, K., et al. (2022). Chlamydia pneumoniae can infect the central nervous system via olfactory and trigeminal nerves and contribute to Alzheimer’s disease risk. Scientific Reports, Nature Publishing Group. Europe PMC
- Wozniak, MA, Itzhaki, RF (2024). Infectious agents and Alzheimer’s disease: the case of Chlamydia pneumoniae. Frontiers in Neuroscience. Frontiers
- SCIENCEAlert (2022). Scientists reveal how picking your nose could increase Alzheimer’s risk.
