Publié le 2025-11-14 10:25:00. Une étude de l’Université ouverte de Catalogne (UOC) révèle que la réduction de la consommation de viande et de poisson au profit de protéines végétales dans les cantines scolaires peut diminuer significativement l’empreinte environnementale des repas des enfants, tout en maintenant une qualité nutritionnelle adéquate. Les recommandations catalanes en matière de repas scolaires ont déjà permis une réduction de 40 % de cet impact depuis 2005.
- Les mises à jour successives des directives catalanes en matière de repas scolaires ont permis de réduire l’empreinte environnementale de ces repas de 9 % en 2012, 22 % en 2017 et 40 % en 2020.
- Les plats principaux contenant de la viande et du poisson sont les plus gourmands en ressources et contribuent le plus aux impacts environnementaux.
- Remplacer une partie du riz par d’autres céréales plus résistantes au changement climatique pourrait encore améliorer l’empreinte écologique des repas scolaires.
L’étude, publiée dans la revue Science de l’environnement total (10.1016/j.scitotenv.2025.180102), analyse l’évolution des quatre versions des directives catalanes en matière de repas scolaires pour les enfants de 7 à 12 ans. Les chercheurs ont évalué l’impact environnemental à l’aide de 16 indicateurs, allant de l’acidification à l’utilisation de ressources fossiles, en passant par la rareté de l’eau et la toxicité humaine.
Selon Júlia Benito-Cobeña, l’une des auteures de l’étude, dont le projet final pour le Master en ligne en alimentation saine et durable de l’UOC constitue la base de cette recherche, la cantine scolaire est un lieu d’apprentissage essentiel où les enfants développent des habitudes alimentaires qui peuvent les accompagner tout au long de leur vie.
L’étude révèle que les seconds plats, souvent composés de viande et de poisson, sont les principaux responsables de l’impact environnemental des repas. En augmentant la proportion de protéines végétales et en diversifiant les sources de céréales, il est possible de réduire cet impact d’environ 50 %, sans compromettre l’équilibre nutritionnel des menus.
Anna Bach, membre de la Faculté des Sciences de la Santé de l’UOC et co-coordinatrice du département Nutrition, Alimentation, Santé et Développement Durable (NUTRALISSE), un groupe de recherche du Centre de cybersanté, souligne que les fruits et le riz sont les principaux contributeurs à la consommation d’eau. Cependant, elle précise :
« Les fruits jouent un rôle essentiel dans une alimentation saine, c’est pourquoi il est conseillé d’en manger dans quatre repas sur cinq. Réduire la consommation de fruits aurait un effet négatif sur la santé. »
Anna Bach, membre de la Faculté des Sciences de la Santé de l’UOC
L’étude met également en évidence le potentiel de substitution du riz par d’autres céréales plus adaptées au changement climatique, ce qui permettrait de réduire davantage l’empreinte environnementale des repas.
Les auteurs soulignent l’importance de surmonter les réticences liées à l’adoption de ces changements, notamment la perception que les menus à base de plantes seraient fades ou nutritionnellement insuffisants. Ils insistent sur la nécessité de travailler en collaboration avec les familles, le personnel scolaire et les cuisiniers pour proposer des plats attrayants et savoureux.
Ujué Fresán, chercheur à ISGlobal et chargé de cours à l’UOC, et Laura Batlle-Bayer, de l’ESCI-UPF, ont conjointement dirigé l’équipe de recherche. L’étude pourrait avoir des implications au-delà de la Catalogne, car ses résultats pourraient être transposés aux recommandations nationales, notamment à l’Arrêté royal relatif à la promotion d’une alimentation saine et durable à l’école publié en avril dernier par le ministère des Droits sociaux, de la Consommation et de l’Agenda 2030.
Cette recherche s’inscrit dans le cadre de la mission de recherche de l’UOC dédiée à la santé numérique et au bien-être planétaire et contribue à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) : ODD 2 (Faim zéro), ODD 3 (Bonne santé et bien-être) et ODD 12 (Production et consommation responsables).
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