Publié le 26 octobre 2025 17:57:00. Le journaliste d’investigation Slavi Anguelov s’interroge sur le silence entourant l’agression d’un procureur bulgare, pointant du doigt un possible système de protection des réseaux d’influence et de corruption au sein de la justice. Il aborde également les difficultés persistantes rencontrées par la communauté rom en Bulgarie et les paradoxes du marché du travail dans le secteur du bâtiment.
- L’agression d’un procureur, Ivo Iliev, suscite un silence inquiétant, interprété comme une possible acceptation tacite de pratiques illégales.
- Le journaliste Anguelov souligne l’absence de progrès dans les enquêtes sur des affaires de corruption et de meurtre, notamment celle concernant Martin Bojanov-Notarias.
- Il met en lumière les problèmes structurels auxquels est confrontée la communauté rom, souvent ignorés sauf en période électorale.
Slavi Anguelov a exprimé son étonnement face au manque de réaction suite à l’agression du procureur Ivo Iliev. Il estime que ce silence peut s’expliquer par une tolérance, voire une approbation, des agissements du procureur, connu pour ses enquêtes sur des réseaux de trafic d’influence et de corruption au sein du système judiciaire.
« Cette absence de réaction était choquante. Et je l’explique de deux manières. Soit on considère cela comme normal, soit même comme juste. Car n’oublions pas que ce procureur avait annoncé il y a longtemps que seul le meurtre de Martin Bojanov-Notarias avait empêché son arrestation et les actions d’enquête liées à ce réseau de trafic d’influence, de pression sur les magistrats dans le système judiciaire et racket. »
Slavi Anguelov, journaliste d’investigation
Le journaliste souligne l’impasse dans les enquêtes sur des affaires sensibles, notamment le meurtre du notaire Martin Bojanov-Notarias, qui avait apparemment bloqué les investigations sur le réseau ciblé par le procureur Iliev. Il suggère que ces affaires ont été intentionnellement étouffées, car le procureur représente une menace pour certains.
« Nous sommes témoins du fait que, tout d’abord, il n’est absolument rien ressorti de l’affaire du meurtre du notaire lui-même. Et dans cette enquête, qui était censée être menée pour ce groupe, absolument rien n’est sorti non plus. »
Slavi Anguelov, journaliste d’investigation
Anguelov a également commenté la mort d’un jeune homme poignardé dans un centre commercial, soulignant que les problèmes de la communauté rom sont systématiquement ignorés, sauf en période électorale, où des mesures d’aide ponctuelles sont mises en place, sans résoudre les problèmes de fond.
« Les problèmes des Roms au cours des dernières décennies sont toujours passés sous le tapis. Ils ne sont jamais résolus. Sauf lorsqu’il y a des élections. Ce qui est fait, c’est leur apporter une sorte d’aide, ce qui aggrave en fait le problème. »
Slavi Anguelov, journaliste d’investigation
Le journaliste a partagé une expérience personnelle récente, où il a fait appel à une équipe de travailleurs roms pour des travaux de rénovation à l’extérieur de Sofia. Il a été agréablement surpris par leur professionnalisme et leur fiabilité, contrairement à certains artisans bulgares qui l’avaient laissé en suspens. Il a constaté que les tarifs pratiqués par les carreleurs s’élevaient à environ 15 000 à 20 000 BGN (leva bulgare) pour la réalisation d’une salle de bain, le reste du travail étant souvent réalisé au noir, sans déclaration fiscale.
« Aucun impôt n’est payé sur cette chose. On me dit que ces personnes font actuellement partie de ceux qui achètent tous ces appartements construits en coopératives et qui restent vides. »
Slavi Anguelov, journaliste d’investigation
Anguelov a insisté sur l’importance de donner aux membres de la communauté rom des opportunités d’emploi et de les former à des métiers qualifiés, soulignant que son expérience positive avec les travailleurs roms était plus encourageante que ses déceptions avec certains artisans bulgares.
« Donc avec ces Roms, il est important de les donner, de les qualifier. »
Slavi Anguelov, journaliste d’investigation
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