Publié le 16 octobre 2025 12:32:00. L’Union européenne finance à hauteur de 10 millions d’euros la création d’un tribunal international spécial destiné à enquêter sur le crime d’agression commis en Ukraine, avec l’objectif de poursuivre Vladimir Poutine et ses principaux collaborateurs. Cette initiative, annoncée par la cheffe de la diplomatie européenne, Kaya Kallas, vise à briser l’impunité des actes commis lors du conflit.
- L’UE alloue 10 millions d’euros pour la mise en place du tribunal.
- L’objectif est d’enquêter et de poursuivre Vladimir Poutine et ses associés pour le crime d’agression contre l’Ukraine.
- Le tribunal s’inspirera du Tribunal de Nuremberg et enquêtera sur les événements depuis 2014.
L’annonce de ce financement a été faite par Kaya Kallas lors de sa visite à Kyiv le lundi 13 octobre. Ce tribunal, surnommé le « Tribunal Poutine », a été initié par l’Union européenne fin juin et devrait commencer ses travaux d’organisation en février 2025. Un accord de création a été signé le 25 juin à Strasbourg entre le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, et le président ukrainien, Volodymyr Zelenskyy.
Ce projet s’inscrit dans la continuité des efforts internationaux pour traduire en justice les responsables des crimes commis en Ukraine. Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a souligné qu’il s’agira du premier organisme judiciaire international depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale à avoir compétence pour enquêter et poursuivre des individus, quel que soit leur rang. L’enquête portera non seulement sur l’invasion à grande échelle lancée en février 2022, mais également sur l’annexion de la Crimée en février-mars 2014.
Cependant, l’efficacité de ce tribunal est limitée par le droit international, qui accorde une immunité juridique aux hauts fonctionnaires d’État. Il ne pourra donc pas juger Poutine, Mikhaïl Mishustin (Premier ministre russe) ou Sergueï Lavrov (ministre russe des Affaires étrangères) tant qu’ils occupent leurs fonctions. Les poursuites pénales contre Poutine ne deviendront envisageables qu’après sa démission ou sa destitution, et le tribunal pourrait initialement avoir une portée symbolique.
La Russie, pour sa part, rejette toute accusation de crime de guerre et refuse de coopérer avec les institutions judiciaires occidentales. Moscou a quitté le Conseil de l’Europe en mars 2022, rendant l’extradition de suspects depuis le territoire russe pratiquement impossible. Le Kremlin a qualifié ce projet de tribunal de “tentative d’extorquer de l’argent aux citoyens européens”, selon Alexandre Venediktov, secrétaire adjoint du Conseil de sécurité russe. Dmitri Peskov, l’attaché de presse de Poutine, a déclaré en mai 2025 que le Kremlin ne souhaitait pas commenter cette initiative.
Kaya Kallas a exprimé son point de vue sur la plateforme X :
« Les preuves de la guerre russe en Ukraine sont indéniables. Les crimes impunis n’encouragent que de nouvelles atrocités. »
Kaya Kallas, Cheffe de la diplomatie européenne
Les fonds alloués garantiront, selon elle, que les responsables de ces crimes ne pourront échapper à la justice.
Pour plus d’informations sur les crimes de guerre russes en Ukraine, vous pouvez consulter le site du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.
