Home AffairesL’intelligence artificielle d’aujourd’hui ne pense pas, mais ressent

L’intelligence artificielle d’aujourd’hui ne pense pas, mais ressent

by Amélie Bernard

Publié le 16 octobre 2025 à 12h03. Lors de sa douzième édition, la soirée Qubit Live a exploré les limites et les risques sociaux de l’intelligence artificielle, un domaine en pleine expansion qui façonne déjà de nombreux aspects de notre quotidien.

L’intelligence artificielle (IA) s’immisce désormais dans presque tous les secteurs, de la reconnaissance d’images et de vidéos à la production et la traduction de textes, en passant par les voitures autonomes et les prévisions météorologiques. Mais jusqu’où ira-t-elle ? Cette question était au cœur des discussions lors de la soirée Qubit Live, qui s’est tenue à la mi-septembre.

Antal Jakovác, responsable du groupe de recherche en sciences intensives des données et en informatique du centre de recherche en physique HUN-REN Wigner, a soulevé une interrogation fondamentale : « La question est de savoir où est la limite. L’intelligence artificielle sera-t-elle capable d’effectuer tout le travail humain ? Si oui, quand ? »

Si l’IA excelle déjà dans certains domaines, comme le diagnostic médical ou les jeux vidéo, elle montre des faiblesses notables dans d’autres. Elle peut “halluciner” – pour employer un terme imagé, voire mentir – manquer de capacité de planification ou prendre des décisions basées sur des critères non pertinents.



Antal Jakovác, responsable du groupe de recherche en sciences intensives des données et en informatique du centre de recherche en physique HUN-REN Wigner.

Photo : Matyás Czeglédi

Selon Jakovác, la manière dont l’IA résout les problèmes diffère fondamentalement de la pensée humaine. Alors que nous comprenons le problème et élaborons une stratégie, l’IA se concentre sur la compréhension elle-même, c’est-à-dire sur la capacité du système à trouver une solution. « C’est pourquoi nous ne savons même pas ce que la machine comprend réellement, car cela est codé dans les nombreux paramètres qu’elle utilise », a-t-il expliqué.

L’IA réagit de manière intuitive et rapide aux stimuli, un peu comme un réflexe humain ou animal. Cependant, face à des environnements complexes, une réponse directe devient impossible. L’être humain a alors recours à un modèle interne, une cartographie de l’environnement qui permet d’anticiper les conséquences, de prendre des décisions et de planifier. D’où une conclusion surprenante : « Il est intéressant de noter que nous pensons que la machine pense, mais en fait, les systèmes d’IA d’aujourd’hui ressentent davantage. »

Les conférences, la table ronde et les questions-réponses du public seront disponibles prochainement en vidéo et en podcast.

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