Publié le 15 décembre 2025 05:38:00. Face à la multiplication des termes décrivant les divorces – « de pouvoir », « silencieux », « gris » – une avocate spécialisée et influenceuse sur les réseaux sociaux rappelle que, derrière les étiquettes, la réalité juridique et émotionnelle du divorce reste inchangée, et souvent dévastatrice.
- Les nouvelles classifications du divorce, bien que populaires, ne modifient pas les fondements juridiques de la séparation.
- Les enjeux réels d’un divorce résident souvent dans des questions de dépendance, de garde d’enfants ou d’abus, et non dans la richesse des parties.
- Trois règles essentielles permettent aux femmes de protéger leurs intérêts lors d’un divorce : connaître précisément sa situation financière, maîtriser ses émotions et ne pas céder à la peur.
Le divorce, sujet de fascination et de spéculation, continue de faire la une des journaux. Jadis envisagé comme un échec romantique, il est aujourd’hui analysé sous toutes ses coutures, donnant naissance à un véritable vocabulaire émotionnel. On parle de « divorce de pouvoir », à l’image des ruptures médiatisées de Bill et Melinda Gates ou des Kardashian, de « divorce silencieux », où les couples se transforment en simples colocataires, ou encore de « divorce gris », qui touche les couples plus âgés et met fin à un avenir longuement imaginé.
Pourtant, pour Jenny Hutt, avocate spécialisée en droit du divorce et personnalité influente sur les réseaux sociaux, ces classifications sont superficielles.
« Un divorce est un divorce »,
Jenny Hutt, avocate et personnalité des médias sociaux
affirme-t-elle, ajoutant que, dans le meilleur des cas, il est dévastateur, et dans le pire, tout aussi douloureux.
Lors d’un entretien, Mme Hutt explique pourquoi, malgré l’évolution du langage utilisé pour décrire le divorce, la loi et la réalité vécue restent remarquablement constantes.
Le mythe du divorce de pouvoir
Interrogée sur l’attrait que suscitent les « divorces de pouvoir », souvent suivis avec un certain plaisir coupable, Mme Hutt déconstruit cette idée. Elle reconnaît qu’il est difficile de résister à la tentation de s’intéresser aux ruptures de milliardaires et aux déclarations fracassantes, comme celle d’Ivana Trump : « Ne te fâche pas, prends tout ». Cependant, elle insiste sur le fait qu’une rupture impliquant de grandes fortunes n’est pas intrinsèquement plus dramatique ou significative.
« C’est un mythe. La loi ne se soucie pas de votre richesse. Il s’agit simplement d’un partage équitable. Les calculs sont les mêmes, quelle que soit la somme en jeu. »
Jenny Hutt, avocate et personnalité des médias sociaux
Pour elle, les véritables enjeux sont d’une autre nature : « Dépendance, garde à vue, abus… C’est ça le vrai drame. C’est ce qui vous prive de sommeil. »
La taxonomie changeante du divorce
Si les drames du divorce alimentent les chroniques, Mme Hutt souligne que les « divorces silencieux » ne sont pas toujours synonymes de facilité. Elle remet en question l’idée d’une séparation en douceur, où les couples se contenteraient de s’éloigner progressivement.
« Calme ne signifie pas forcément sérénité, et encore moins absence de stress. Cela signifie souvent que l’un des partenaires a déjà fait le travail émotionnel ailleurs. »
Jenny Hutt, avocate et personnalité des médias sociaux
Elle constate également une augmentation significative des ce qu’on appelle les « divorces gris », touchant les couples dans la cinquantaine, la soixantaine ou au-delà, après des décennies de vie commune. Elle reconnaît que la douleur est profonde lorsque l’on met fin à une union de longue date : « On ne perd pas seulement un partenaire, on perd une histoire, un rythme, un avenir imaginé. » Elle déplore le fait que de nombreuses femmes, confrontées à un divorce tardif, sous-estiment leur propre pouvoir, acceptant souvent des accords défavorables par culpabilité ou par lassitude.
« Elles veulent en finir, et je comprends. Mais les femmes ont bien plus de force qu’elles ne le croient. »
Jenny Hutt, avocate et personnalité des médias sociaux
Mme Hutt insiste sur le fait que, si l’on peut qualifier le divorce pour mieux le comprendre, il reste avant tout le reflet d’une société où les femmes sont plus souvent à l’initiative de la rupture. Près de trois quarts des divorces aux États-Unis sont engagés par des femmes, en particulier celles qui ont fait des études supérieures. Quel que soit le type de divorce, les enjeux émotionnels et financiers en font une histoire avant tout féminine. Elle partage avec ses clients trois règles fondamentales.
Règle n°1 : Connaître l’argent – chaque ligne, chaque responsabilité
Selon Mme Hutt, la liberté commence toujours par la maîtrise des finances. Il ne s’agit pas seulement d’une question théorique, mais d’une connaissance précise de la situation financière : « Titres, hypothèque, biens matrimoniaux ou propres. Si vous ne savez pas, vous ne pouvez pas vous protéger. En l’absence de contrat de mariage, tout ce qui est acquis pendant le mariage est considéré comme un bien commun », explique-t-elle. Elle souligne l’importance de reconnaître la valeur du travail domestique pour les parents qui se consacrent à l’éducation de leurs enfants : « Votre travail à la maison rend possible le travail à l’extérieur. »
Deuxième règle : ne laissez pas les émotions prendre le volant
Mme Hutt témoigne avoir vu d’innombrables femmes brillantes compromettre leur propre position en cédant à la colère et à la rancune.
« L’émotion obscurcit tout. La colère coûte cher. Le désespoir coûte cher. Je dis toujours à mes clients de crier après moi, pas contre lui. Pleurez auprès de votre thérapeute, pas auprès de votre conjoint. »
Jenny Hutt, avocate et personnalité des médias sociaux
Elle met en garde contre toute publication en ligne, même motivée par la blessure ou la trahison.
À l’ère du chagrin numérique, Internet est, selon elle, le lieu le plus dangereux. « Quelle que soit l’ampleur de votre douleur, qu’il s’agisse d’infidélité, d’humiliation ou de trahison, la partager publiquement ne fera qu’aggraver la situation. »
Un panneau indiquant « Just Divorced » sur le coffre d’une Mercedes-Benz, États-Unis, vers 1965. (Photo de Graphic House/Archive Photos/Getty Images)
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Troisième règle : ne négociez pas avec votre peur
La peur conduit souvent à des accords défavorables, selon Mme Hutt. Elle pousse à accepter moins, à s’excuser davantage et à se replier sur soi pour que la situation se termine rapidement.
« Le désespoir coûte cher, la colère coûte cher. »
Jenny Hutt, avocate et personnalité des médias sociaux
Elle constate que de nombreux clients souhaitent une séparation rapide. « Vous voulez en finir, je comprends, mais je leur dis que la précipitation n’est pas une stratégie. » Son conseil est clair : « Ne partez pas. » Elle a été témoin de nombreux cas où un départ précipité du domicile conjugal, avant d’avoir consulté un avocat, a entraîné des conséquences financières importantes.
Mme Hutt souligne que, si l’émotion brute peut sembler libératrice sur le moment, elle représente une dette cumulative et corrosive dans le cadre d’un divorce. « La peur conduit à des décisions hâtives, à des signatures précipitées, à des compromis paniqués. La clarté, elle, permet d’élaborer une stratégie qui peut élargir votre avenir au lieu de le réduire. Ne prenez pas de décisions par peur, mais en fonction de ce que vous savez, et non de ce que vous redoutez. »
Le conseil de divorce le plus important de tous
Le message central de Mme Hutt aux femmes est le suivant : le divorce n’est pas synonyme d’impuissance.
« Vous avez des droits. Vous avez des moyens de pression. Vous avez des options. »
Jenny Hutt, avocate et personnalité des médias sociaux
Elle insiste sur le fait que, si l’on peut qualifier le divorce de différentes manières, la dynamique émotionnelle reste inchangée. Elle veut que les femmes sachent que le divorce n’est pas une fin en soi : « Le divorce peut briser la vie que vous avez eue, mais il ne décide pas de celle que vous construirez ensuite. »
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