Home AffairesUn bon endroit pour les taux et le sentiment de l’euro

Un bon endroit pour les taux et le sentiment de l’euro

by Amélie Bernard

Les taux d’intérêt de la zone euro se stabilisent dans un contexte de retour de la confiance des investisseurs, mais la Banque centrale européenne (BCE) maintient une approche prudente, consciente des risques économiques persistants. Cette attitude pourrait ouvrir la voie à de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire, une possibilité que les marchés semblent sous-estimer.

Les taux en euros évoluent actuellement dans des fourchettes prévisibles, bien qu’ils aient récemment testé leurs limites supérieures, avec un taux swap à 10 ans dépassant légèrement les 2,7 %. À l’exception du segment ultra-long terme, qui a amorcé une remontée début novembre, la courbe des taux reste relativement stable, se situant dans la moyenne observée depuis la fin de la Première Guerre mondiale.

Parallèlement, le sentiment de risque sur les marchés financiers s’est amélioré, les bourses ayant partiellement récupéré leurs pertes récentes. Cette détente se traduit par une légère baisse des volatilités implicites et un resserrement des écarts de taux obligataires. Les obligations d’État italiennes à 10 ans ont ainsi atteint leurs spreads les plus bas par rapport aux obligations allemandes (Bund) depuis 2010. Même les obligations françaises affichent des écarts plus faibles qu’en fin août, période marquée par les incertitudes politiques.

Cette situation reflète l’attentisme de la BCE, qui se considère, selon le compte rendu de sa réunion d’octobre, comme étant dans une « bonne position ». Cependant, la banque centrale reste attentive aux risques entourant les perspectives de croissance, notamment en ce qui concerne le commerce international et la mise en œuvre des plans de relance et d’investissement gouvernementaux. Les économistes soulignent également que les projets européens visant à retarder la prochaine phase du système d’échange de quotas d’émission pourraient peser sur les prévisions d’inflation.

Dans ce contexte, une baisse des taux à court terme est envisageable, afin de prendre en compte une probabilité accrue de nouvelles mesures d’assouplissement de la BCE. Actuellement, le marché anticipe une chance sur trois d’une telle intervention au cours de l’année à venir. Pour la courbe des taux dans son ensemble, cela suggère une tendance à la pentification, une vision que les analystes maintiennent à long terme si la reprise économique se confirme et que les taux à long terme augmentent progressivement.

Les données américaines, attendues en retrait, devraient contribuer à apaiser les marchés. En zone euro, les premières estimations de l’indice des prix à la consommation (IPC) de novembre seront publiées par la France, l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne. Le consensus prévoit une hausse de 2,1 % en glissement annuel. La BCE publiera également les résultats de son enquête auprès des consommateurs concernant leurs attentes d’inflation à long terme, où le chiffre à un an devrait reculer vers 2,6 %.

Aucune émission obligataire n’est prévue ce jour. S&P doit publier une évaluation de la France, mais après avoir abaissé la note à A+/Stable le mois dernier, il est probable que cette annonce passe inaperçue.

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