Home Santé« Un contrôle de résidence permanente plus strict… Menaçant le droit à la survie des immigrants à faible revenu. »

« Un contrôle de résidence permanente plus strict… Menaçant le droit à la survie des immigrants à faible revenu. »

by Sophie Martin

L’administration américaine durcit les conditions d’accès à la carte verte, dissuadant les familles immigrées de solliciter l’aide sociale par crainte d’être exclues du processus d’immigration. Cette politique, qui avait été partiellement assouplie sous l’administration Biden, pourrait avoir des conséquences graves sur la santé et la stabilité économique des communautés immigrées, selon le Centre pour les femmes américaines d’Asie-Pacifique (CAPAWF).

Christina Bal-Owens, directrice exécutive du CAPAWF, souligne que les nouvelles directives du Département de la Sécurité intérieure (DHS) créent un climat de peur au sein de la communauté immigrée. « Les juges de l’immigration disposent d’un large pouvoir discrétionnaire, mais les familles, préoccupées par l’incertitude politique et un sentiment anti-immigration croissant, renoncent au soutien dont elles ont désespérément besoin pour vivre », explique-t-elle.

Le DHS a récemment rétabli le pouvoir pour les agents des Services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS) de refuser une demande de carte verte à un étranger bénéficiant de l’aide publique. Initialement annoncée en 2019 sous l’administration Trump, cette mesure avait été partiellement atténuée en 2022, limitant l’impact aux aides en espèces et aux établissements soutenus par le gouvernement. Les cas impliquant des membres de la famille bénéficiaires d’aides sociales avaient également été exclus des critères d’inéligibilité. Le DHS a cependant annulé ces amendements.

« Le problème avec les nouvelles directives du DHS est qu’elles invalident les amendements de 2022 sans explication claire », déplore Mme Bal-Owens. « Des décisions arbitraires des juges de l’immigration peuvent conduire à des résultats discriminatoires. »

L’impact est particulièrement préoccupant pour les femmes asiatiques, qui occupent souvent des emplois précaires ou exercent des professions de soins dépourvues d’avantages sociaux essentiels tels que l’assurance maladie ou les congés de maladie. Selon le CAPAWF, dès 2019, environ un immigrant sur sept avait renoncé à demander des bons d’alimentation ou une assurance maladie pour enfants (CHIP) par crainte de compromettre sa demande de résidence permanente. Ce taux atteignait près de 20 % pour les familles avec enfants, soit deux fois plus élevé que pour les familles sans enfants.

De nombreuses personnes évitent également de solliciter des programmes tels que le WIC (Programme de nutrition des femmes, des nourrissons et des enfants), l’Obamacare (ACA) et les repas scolaires gratuits, même s’ils ne sont pas explicitement inclus dans la définition de l’aide publique.

« L’aide publique est essentielle pour assurer la stabilité et la mobilité économique des immigrants », insiste Christina Bal-Owens. « Les personnes qui ont accès à des services médicaux et à un logement peuvent plus facilement travailler et poursuivre des études supérieures. Nous devons mettre fin à ces politiques anti-immigrés qui, au-delà des directives sur papier, propagent la peur et créent une stigmatisation sociale au sein de la communauté immigrée. »

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