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Un mauvais sommeil peut réduire l’espérance de vie

by Sophie Martin

Publié le 2025-12-11 01:45:00. Une étude américaine révèle que dormir moins de sept heures par nuit est un facteur de risque majeur pour la longévité, juste derrière le tabagisme. Ce manque de sommeil affecte profondément la santé cardiovasculaire, le système immunitaire et le métabolisme.

  • Dormir moins de sept heures par nuit est associé à une espérance de vie réduite aux États-Unis.
  • Le manque de sommeil est le deuxième facteur prédictif le plus puissant d’une espérance de vie inférieure après le tabagisme.
  • La qualité du sommeil (continuité, régularité, satisfaction) est désormais reconnue comme un pilier essentiel de la santé cardiovasculaire.

Une analyse approfondie des données américaines a mis en évidence un lien étroit entre la durée du sommeil et la longévité. L’étude, menée par des chercheurs de l’Oregon Health & Science University (OHSU), a analysé les données de tous les États américains entre 2019 et 2025, révélant une corrélation constante : un sommeil insuffisant est associé à une vie plus courte, et ce, même en tenant compte d’autres facteurs de risque comme l’alimentation, l’activité physique et l’isolement social.

L’ampleur de cette corrélation a surpris l’équipe de recherche. « Je ne m’attendais pas à ce que le sommeil soit aussi fortement corrélé à l’espérance de vie », a déclaré Andrew McHill, professeur agrégé à l’OHSU, qui a dirigé l’étude. L’analyse, principalement réalisée par des étudiants diplômés du laboratoire du sommeil, de la chronobiologie et de la santé de l’OHSU, s’est appuyée sur une base de données nationale reliant l’espérance de vie moyenne par comté aux enquêtes des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) sur les habitudes de sommeil.

Les résultats indiquent que, d’année en année et dans la quasi-totalité des États, dormir moins de sept heures est associé à une diminution significative de la longévité. En comparant le sommeil à d’autres comportements à risque, l’étude a démontré que le manque de sommeil était le deuxième facteur prédictif le plus important d’une espérance de vie réduite après le tabagisme, surpassant l’inactivité physique et le diabète.

Cette relation se maintient même après avoir pris en compte statistiquement ces autres facteurs, soulignant ainsi l’importance cruciale du sommeil pour la santé publique. Les chercheurs insistent sur le fait que le sommeil ne doit pas être considéré comme un luxe, mais comme un besoin biologique fondamental. Ils recommandent d’atteindre un minimum de sept heures de sommeil par nuit, conformément aux recommandations du CDC, de l’American Academy of Sleep Medicine et de la Sleep Research Society.

« Les gens devraient vraiment s’efforcer de dormir entre sept et neuf heures si possible. »

Andrew McHill, professeur agrégé à l’Oregon Health & Science University (OHSU)

Les implications pour la santé publique sont considérables. Les experts, comme le cardiologue Daniel López Rosetti, soulignent que le sommeil n’est pas un luxe, mais un besoin biologique essentiel pour le bien-être physique, psychologique et émotionnel.

« Le sommeil impacte directement la mémoire, l’humeur et le système immunitaire, en plus de réduire le risque de maladies cardiovasculaires. »

Daniel López Rosetti, cardiologue

Le Dr Daniel Pérez Chada, président de la Fondation argentine du sommeil, explique que le sommeil a une fonction biologique essentielle, et son altération peut provoquer ou aggraver des maladies préexistantes.

En Argentine, les problèmes de sommeil sont en augmentation, avec 60 % de la population signalant des difficultés à dormir, selon une étude de l’Observatoire de psychologie sociale de l’Université de Buenos Aires (UBA). Cette tendance est exacerbée depuis la pandémie.

L’American Heart Association (AHA) a récemment reconnu l’importance de la qualité du sommeil, en l’intégrant à ses recommandations “Life’s Essential 8” pour la santé cardiovasculaire. Le rapport de l’AHA souligne que non seulement la durée du sommeil est importante, mais aussi sa continuité, sa régularité et la satisfaction ressentie. Des différences dans la qualité du sommeil peuvent augmenter les risques, en particulier dans les communautés défavorisées.

Les recherches suggèrent également que le manque de sommeil peut affecter le métabolisme neuronal de manière similaire aux maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer, impactant la mémoire à long terme et la formation des synapses.

Face à ces constats, les chercheurs appellent à des politiques et des campagnes de sensibilisation promouvant de saines habitudes de sommeil au sein de la population.

Agence

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