Home SantéUn nouveau test génomique identifie les patients atteints d’un cancer de la prostate récurrent qui répondent le mieux à la radiothérapie associée à l’hormonothérapie

Un nouveau test génomique identifie les patients atteints d’un cancer de la prostate récurrent qui répondent le mieux à la radiothérapie associée à l’hormonothérapie

by Sophie Martin

Publié le 24 septembre 2025. Un test génomique pourrait permettre d’optimiser le traitement du cancer de la prostate récidivant en identifiant les patients qui bénéficieront le plus d’une association radiothérapie-hormonothérapie, évitant ainsi des effets secondaires inutiles.

  • Un test génomique, initialement développé pour le cancer du sein, permet de classer les tumeurs prostatiques en deux catégories : Luminal B et non-Luminal B.
  • Les patients atteints de tumeurs Luminal B présentent une meilleure réponse à la combinaison radiothérapie et hormonothérapie.
  • Une étude clinique de phase II a démontré une amélioration significative de la survie sans récidive biochimique et sans métastases chez les patients Luminal B traités avec hormonothérapie.

Une nouvelle étude présentée lors de la Réunion annuelle de l’American Radiation Oncology Society (ASTRO) suggère qu’un test génomique pourrait révolutionner la prise en charge du cancer de la prostate récidivant. Ce test, appelé Pam50, permet d’adapter le traitement en fonction du profil génétique de chaque patient, maximisant ainsi les bénéfices et minimisant les effets indésirables.

Initialement conçu pour le cancer du sein, le test Pam50 a été adapté pour analyser les tumeurs prostatiques. Il les classe en deux grandes catégories : les tumeurs Luminal B et les tumeurs non-Luminal B. Les tumeurs Luminal B, plus agressives et à croissance rapide, sont fortement dépendantes de la testostérone et répondent donc mieux à la combinaison radiothérapie et hormonothérapie. À l’inverse, les tumeurs non-Luminal B, moins sensibles aux hormones, ne bénéficient pas autant de l’hormonothérapie.

L’étude d’équilibre (NRG Oncologie GU006), un essai clinique de phase II, a suivi 295 patients dont la maladie était réapparue après une prostatectomie (ablation chirurgicale de la prostate), signalée par une augmentation du taux de PSA (antigène prostatique spécifique). Il est important de noter que l’élévation du PSA peut également être causée par d’autres affections non cancéreuses, telles que l’hyperplasie bénigne de la prostate ou une inflammation, nécessitant un diagnostic différentiel précis.

Les participants ont été répartis aléatoirement en deux groupes : l’un a reçu une radiothérapie associée à l’apalutamide, un médicament antiandrogène de nouvelle génération, tandis que l’autre a reçu une radiothérapie combinée à un placebo pendant six mois. Des échantillons de leurs tumeurs ont été analysés avec Pam50 et les patients ont été suivis pendant cinq ans.

Les résultats ont révélé des différences significatives entre les deux catégories de tumeurs. Chez les patients porteurs de tumeurs Luminal B, le taux de survie sans récidive biochimique à cinq ans était de 72,4 % avec l’hormonothérapie, contre 53,9 % avec le placebo. La survie sans métastases était également améliorée, passant de 81,8 % à 94,7 %. En revanche, chez les patients atteints de tumeurs non-Luminal B, les résultats étaient similaires, quel que soit le traitement (70,2 % contre 71,1 % pour le contrôle biochimique et 89,9 % contre 89,3 % pour la survie sans métastases).

Le cancer de la prostate est le deuxième cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les hommes dans le monde. Aux États-Unis, plus de 314 000 nouveaux cas sont recensés chaque année. Si la chirurgie et la radiothérapie peuvent être curatives en cas de maladie localisée, jusqu’à 30 % des patients connaissent une récidive, souvent détectée par une augmentation du PSA. La radiothérapie est généralement proposée après une intervention chirurgicale, et l’hormonothérapie peut être ajoutée pour bloquer la testostérone, hormone favorisant la croissance des cellules cancéreuses. Cependant, cette thérapie complémentaire peut entraîner des effets secondaires importants tels que fatigue, troubles neurologiques, perte osseuse, troubles métaboliques et risques cardiovasculaires.

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