Publié le 16 octobre 2025 05:39:00. Une nouvelle étude clinique, menée en partie en Irlande, explore l’utilisation d’un dispositif de surveillance cérébrale implantable pour améliorer le diagnostic et le suivi de l’épilepsie, une maladie neurologique complexe qui touche des millions de personnes à travers le monde.
- Un essai clinique européen, impliquant de nombreux patients irlandais, teste un système de surveillance cérébrale sous-cutanée (sqEEG) pour une surveillance à long terme de l’activité cérébrale.
- Cette technologie pourrait permettre de détecter des crises d’épilepsie qui passent inaperçues avec les méthodes traditionnelles, notamment les crises nocturnes.
- Les chercheurs espèrent que cette approche améliorera la précision des diagnostics, réduira les hospitalisations et permettra un traitement plus personnalisé.
Les méthodes actuelles de diagnostic de l’épilepsie présentent des limites importantes. Les électroencéphalogrammes (EEG) courts (généralement d’une durée d’environ 30 minutes) et les journaux de crises ne sont pas toujours fiables, en particulier lorsque les crises sont rares ou difficiles à identifier. Bien que la vidéo-EEG en unité de surveillance de l’épilepsie (USE) reste la méthode de référence, elle est coûteuse, nécessite des ressources importantes et n’est pas facilement accessible. L’Irlande ne dispose que de six lits dédiés à l’USE, obligeant souvent les patients à séjourner à l’hôpital jusqu’à huit jours.
L’essai clinique, mené en collaboration avec la société danoise de technologie médicale UNEEG Medical A/S, se concentre sur l’utilisation de l’UNEEG EpiSight, un système sqEEG qui permet une surveillance à distance de l’activité cérébrale jusqu’à 36 mois. Ce dispositif, implanté lors d’une brève intervention ambulatoire par les neurochirurgiens Kieron Sweeney et Wail Mohammad et leurs équipes, enregistre en continu l’activité cérébrale, y compris pendant le sommeil, et transmet les données sans fil pour aider à la prise de décision clinique.
Cette innovation s’appuie sur les résultats prometteurs d’une étude précédente, dirigée par le professeur Norman Delanty, neurologue consultant à l’hôpital Beaumont, chercheur FutureNeuro et professeur clinicien honoraire au RCSI, et récemment publiée dans la revue Épilepsie. Cette étude avait démontré qu’une version antérieure de la technologie détectait de manière fiable toutes les crises enregistrées et 90 % des anomalies cérébrales significatives chez les patients atteints d’épilepsie résistante aux médicaments. Jusqu’à présent, un tel niveau de surveillance détaillée n’était possible qu’en milieu hospitalier, en USE.
L’essai actuel vise à déterminer si la surveillance ambulatoire à long terme par sqEEG peut surmonter les défis posés par les méthodes traditionnelles. En capturant l’activité cérébrale dans des situations réelles et sur des périodes prolongées, le système pourrait aider les cliniciens à identifier des schémas de crises qui pourraient autrement passer inaperçus, notamment les crises nocturnes, et ainsi accélérer le diagnostic et réduire le nombre de visites à l’hôpital.
« L’implication de FutureNeuro témoigne de notre engagement à intégrer les progrès technologiques dans la pratique clinique. Cet essai nous aidera à mieux comprendre l’impact clinique de la surveillance cérébrale à long terme, avec un potentiel d’avantages considérables, tels que la réduction des hospitalisations, un diagnostic plus rapide et l’évitement de traitements inutiles. En améliorant la précision et l’efficacité du diagnostic, ce type de technologie pourrait alléger la pression sur les services d’épilepsie, optimiser l’allocation des ressources et, en fin de compte, offrir des soins plus personnalisés et plus rentables aux patients. »
Professeur Norman Delanty, neurologue consultant à l’hôpital Beaumont et chercheur FutureNeuro
« Cet outil de diagnostic présente un potentiel important pour la prise en charge clinique. Il pourrait aider à détecter des crises qui seraient autrement manquées, à obtenir une image plus claire de la fréquence des crises et à évaluer leur impact cumulatif sur la fonction cérébrale. Il peut également rassurer les patients lorsque leurs crises sont bien contrôlées et aider à distinguer les crises d’épilepsie d’autres événements. »
Dr Daniel Costello, Hôpital universitaire de Cork (CUH)
Peter Murphy, PDG d’Epilepsy Ireland, a déclaré : « Nous sommes enthousiastes quant au potentiel de cet essai et ravis de constater la forte participation des patients irlandais, ce qui souligne l’excellence de la recherche sur l’épilepsie menée en Irlande. L’épilepsie est une maladie très individuelle et trouver le traitement approprié nécessite souvent des essais et des erreurs. Plus les cliniciens disposent d’informations précises, plus ils ont de chances d’identifier le traitement adéquat rapidement. Cette technologie innovante pourrait fournir ces informations sans nécessiter de longs séjours à l’hôpital ni de longues listes d’attente, améliorant ainsi la qualité de vie des personnes atteintes d’épilepsie tout en réduisant la pression sur les services hospitaliers. Nous suivrons de près cet essai important et attendons avec impatience ses résultats. »
Cet essai représente une évolution majeure vers une médecine de précision dans le traitement de l’épilepsie, où les décisions thérapeutiques sont basées sur des données complètes et objectives plutôt que sur les méthodes de surveillance traditionnelles limitées. La forte participation irlandaise à cette étude internationale confirme la position de FutureNeuro dans la traduction des découvertes de la recherche sur le cerveau en applications cliniques, démontrant ainsi le rôle des centres de recherche irlandais dans l’innovation des soins de l’épilepsie à l’échelle mondiale.
Source:
Référence de l’article :
Munteanu, T., et al. (2025). Ultra-long-term unilateral subcutaneous EEG monitoring in refractory idiopathic generalized epilepsy. Épilepsie. doi.org/10.1111/epi.18644
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