Publié le 25 décembre 2025 à 08h58. Le Comité consultatif sur les pratiques d’immunisation (ACIP) des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) aux États-Unis envisage de modifier les recommandations concernant la vaccination contre l’hépatite B à la naissance, s’inspirant du modèle danois qui privilégie une approche plus ciblée.
- Les États-Unis pourraient abandonner la vaccination universelle à la naissance contre l’hépatite B.
- Cette décision s’appuie sur une comparaison avec le système de santé danois, où la vaccination est réservée aux populations à risque.
- Les experts soulignent que la mise en œuvre d’une telle politique aux États-Unis pourrait avoir des conséquences économiques importantes en raison des faiblesses structurelles du système de santé américain.
Une réévaluation majeure de la politique américaine de vaccination est en cours. Lors d’une récente réunion, les membres de l’ACIP ont examiné la possibilité de ne plus administrer systématiquement une dose de vaccin contre l’hépatite B à tous les nouveau-nés, une pratique courante depuis des années. Cette réflexion s’inscrit dans un contexte de questionnement sur l’opportunité d’adapter les stratégies de vaccination aux spécificités de chaque pays.
Jusqu’à présent, la recommandation américaine de vaccination universelle à la naissance visait à pallier les lacunes du système de santé, notamment les inégalités d’accès aux soins prénatals, la couverture d’assurance variable et les difficultés de suivi médical. L’idée était de garantir que tous les nourrissons soient protégés, même dans un contexte où le dépistage systématique des mères et le suivi des bébés à risque ne sont pas toujours assurés. Cependant, cette approche est désormais remise en question.
Plusieurs experts ont mis en avant le modèle danois, où la vaccination contre l’hépatite B est réservée aux enfants présentant un risque élevé d’infection. Le Danemark dispose d’un système de santé universel, d’une couverture prénatale élevée et d’une incidence de l’hépatite B chronique beaucoup plus faible qu’aux États-Unis. Dans ce contexte, une approche ciblée s’avère efficace pour protéger les populations vulnérables sans recourir à une vaccination systématique.
Toutefois, les experts américains mettent en garde contre une transposition simpliste du modèle danois. Ils soulignent que les États-Unis présentent des défis structurels majeurs, tels que la pauvreté infantile, le surpeuplement des logements, l’accès inégal aux soins primaires et une incidence plus élevée des infections chroniques. Dans ce contexte, une réduction de la couverture vaccinale pourrait entraîner une augmentation des cas d’hépatite B, avec des conséquences graves pour la santé publique et des coûts économiques considérables.
L’hépatite B non traitée peut évoluer vers une cirrhose, un cancer du foie et nécessiter une transplantation hépatique, dont le coût peut atteindre un million de dollars par cas, en incluant la chirurgie, l’hospitalisation et les soins de suivi. De plus, d’autres vaccins, comme ceux contre l’hépatite A, le rotavirus, la varicelle, le méningocoque, la grippe et le VRS, pourraient également être concernés par une approche plus sélective, ce qui pourrait aggraver les inégalités en matière de santé et augmenter les coûts à long terme.
Selon Marie Mazur, conseillère stratégique auprès d’entreprises des sciences de la vie,
« Les choix de santé publique et les choix financiers sont indissociables. Les décisions que nous prenons aujourd’hui en matière de vaccination des enfants façonneront les dépenses médicales, le budget et la résilience économique des années à venir. »
Elle souligne que le calendrier vaccinal danois est le fruit d’investissements massifs dans l’accès universel aux soins et la protection sociale, des éléments qui font défaut aux États-Unis.
En conclusion, la décision de modifier ou non la politique de vaccination contre l’hépatite B à la naissance aux États-Unis est complexe et soulève des questions cruciales sur l’équilibre entre la prévention, l’accès aux soins et les coûts économiques. Il est essentiel de prendre en compte les spécificités du système de santé américain et d’éviter de transposer aveuglément des modèles étrangers sans tenir compte des réalités locales.
Marie Mazur est conseillère stratégique auprès d’entreprises des sciences de la vie. Elle possède plus de 25 ans d’expérience dans le développement, la fabrication et la réponse aux pandémies de vaccins à l’échelle mondiale au sein d’organisations et de fabricants de médicaments de premier plan. Elle est reconnue pour son travail en faveur de l’innovation à l’intersection de la science, des politiques et des marchés. Elle siège au groupe consultatif stratégique du Partnership for International Vaccine Initiatives et au conseil d’administration de Mid-Atlantic Diamond Ventures.
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