Home MondeUn pays du Commonwealth commence à expédier des criminels migrants vers une île stérile | Monde | Nouvelles

Un pays du Commonwealth commence à expédier des criminels migrants vers une île stérile | Monde | Nouvelles

by Clara Dubois

L’Australie a commencé à expulser des ressortissants étrangers condamnés pour des crimes graves vers l’île de Nauru, suite à la conclusion d’un accord controversé et financièrement conséquent. Ce transfert, le premier en date, intervient après une décision de justice ayant interdit la détention indéfinie de ces individus et soulève de vives inquiétudes quant au respect des droits humains.

Le ministre australien de l’Intérieur, Tony Burke, a confirmé mardi que Nauru avait reçu son premier migrant expulsé par l’Australie, précisant que le transfert avait eu lieu vendredi dernier. Environ 350 personnes, reconnues coupables de délits allant du meurtre à l’agression, pourraient être concernées par cette politique d’expulsion, l’Australie n’ayant pas réussi à trouver d’autres pays prêts à les accueillir.

Ces expulsions font suite à des tentatives antérieures, bloquées par des problèmes juridiques. Les visas des personnes concernées avaient été annulés en raison de la gravité de leurs crimes ou de préoccupations concernant leur dangerosité. En 2023, la Haute Cour australienne a jugé illégale la détention prolongée de ce groupe d’immigrants, faute de perspectives de réinstallation. Les avocats avaient invoqué des risques de persécution ou de guerre dans leurs pays d’origine, rendant leur retour impossible.

Libérés et réintégrés dans la communauté, ces individus ont posé des problèmes de sécurité importants, poussant l’Australie à solliciter l’aide de Nauru. L’accord bilatéral prévoit le versement de plusieurs millions de dollars à l’île du Pacifique en échange de l’accueil de ces migrants. Si le montant exact de la transaction n’a pas été divulgué, on sait que l’Australie a déjà versé 204 millions de livres sterling (environ 238 millions d’euros) pour le transfert du premier groupe. En contrepartie, Nauru accorderait à ces personnes des visas de longue durée leur permettant de s’installer durablement.

L’opération suscite de vives critiques. David Shoebridge, porte-parole du parti des Verts en matière d’immigration, a dénoncé un transfert secret, dont les détails restent cachés au public australien : « Peu importe qui vous êtes ou d’où vous venez, les gouvernements ne devraient pas avoir le pouvoir de vous faire disparaître en vous envoyant contre votre gré dans un pays avec lequel vous n’avez aucun lien. »

Laura John, du Human Rights Law Center, a également exprimé son inquiétude face au manque de transparence : « Nous ne savons pas si la personne exilée a laissé sa famille en Australie, si elle a besoin de soins médicaux indisponibles à Nauru, ou si elle avait encore des recours juridiques possibles. »

Tony Burke s’est défendu en affirmant avoir visité les infrastructures d’hébergement et de santé de Nauru et en jugeant leur niveau « satisfaisant ». Il a également rappelé que les personnes concernées ont commis des actes graves en Australie : « Lorsque quelqu’un vient et traite les Australiens d’une manière qui montre un caractère épouvantable, leurs visas sont annulés et, lorsque leurs visas sont annulés, ils doivent partir. »

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