Publié le 5 décembre 2025 à 12h10. La Coupe du monde de football 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, suscite des inquiétudes quant à son accessibilité et son orientation, certains y voyant plus un événement politique qu’une célébration sportive.
- La FIFA a créé un prix à l’honneur de Donald Trump, le « Prix de la Paix de la FIFA », suscitant des critiques.
- Les coûts élevés des billets, les distances importantes entre les stades et les restrictions de voyage menacent de rendre le tournoi inaccessible aux supporters.
- Les difficultés d’accès au territoire américain pour les supporters de certains pays, notamment Haïti et l’Iran, soulèvent des questions sur l’esprit d’unité affiché par les organisateurs.
Alors que l’organisation de la Coupe du monde 2026 bat son plein, une question résonne de plus en plus dans les stades de football à travers le monde : « Football pour les supporters ». En Pologne, ce chant est devenu un cri de ralliement face aux tentatives perçues de restriction de l’expérience des fans. Or, l’édition américaine de la compétition semble s’éloigner de cet idéal, se rapprochant plutôt d’un « football pour Donald Trump », tant l’ancien président américain s’efforce d’être au centre de l’attention, avant même le tirage au sort.
La FIFA a même créé spécialement pour lui un nouveau prix, le « Prix de la Paix de la FIFA », dont Donald Trump sera le premier lauréat. Ce geste, perçu par beaucoup comme une opération de relations publiques, a suscité de vives réactions.
Au-delà de cette polémique, les supporters craignent que la Coupe du monde 2026 ne soit réservée à une élite fortunée. Les prix des billets s’envolent, les distances entre les stades, répartis sur trois pays (États-Unis, Canada et Mexique), sont considérables, et les exigences en matière de voyage sont complexes et coûteuses. Il s’agit donc moins d’un championnat pour les fans que d’un événement pour les plus riches.
La situation est particulièrement préoccupante pour les supporters de certains pays. Dans le cas de Haïti et de l’Iran, l’argent seul ne suffit pas à garantir leur présence. Les restrictions de voyage imposées par les États-Unis constituent un obstacle majeur à leur participation.
La FIFA affirme vouloir se démarquer de la politique, mais les faits contredisent cette affirmation. Al Jazeera, un média d’envergure basé au Moyen-Orient, souligne que les politiques d’immigration américaines contredisent
l’esprit amical
qui devrait prévaloir lors d’une Coupe du monde. Cette critique intervient alors même que le comité d’organisation américain promet un
moment mondial d’unité
. Une douzaine de pays se voient interdire l’entrée sur le territoire américain, dont certains dont les équipes nationales sont qualifiées pour la compétition. Des exceptions seront prévues pour les joueurs et le personnel, mais l’accès aux stades pour les supporters reste incertain, des négociations étant encore en cours.
Il est intéressant de noter qu’il n’y a aucun obstacle formel à la venue de l’Iran à Haïti pour le tirage au sort, mais le match s’est déroulé devant des tribunes vides, par crainte de ne pas attirer de supporters dans un tel contexte.
Initialement, les États-Unis avaient refusé de délivrer des visas même aux représentants des fédérations de football. Cependant, à la dernière minute,
le feu vert a été donné
. Amir-Mahdi Alavi, porte-parole de la fédération iranienne, a déclaré à une agence de presse affiliée à la télévision d’État :
L’entraîneur de l’équipe nationale iranienne, Amir Ghalenoei, participera à l’événement
avec un ou deux membres de son équipe, afin
d’assurer que le siège du représentant de l’Iran ne reste pas vacant
.
Il est difficile pour les autorités américaines de critiquer ouvertement leur priorité à la politique sur le sport, tant la compétition se déroule dans un contexte géopolitique complexe. Néanmoins, il est difficile de nier qu’une Coupe du monde sans supporters – même si ce n’est que pour deux équipes – est une première dans l’histoire.
Les relations entre les équipes nationales d’Iran et des États-Unis en phase de groupes lors des Coupes du monde des années 1998 et 2022 ont été marquées par un esprit de respect mutuel. Avant le match de 1998, les joueurs iraniens ont offert des roses blanches à leurs homologues américains, un geste symbolique d’amitié. En 2022, malgré les tensions politiques, les supporters des deux pays ont été vus ensemble, célébrant l’esprit sportif.
La conférence de presse d’avant-match a révélé des tensions palpables. Les journalistes iraniens ont posé des questions difficiles aux représentants américains sur les questions de racisme, d’inflation et de politique étrangère. L’entraîneur américain, Gregg Berhalter, a tenté de désamorcer les tensions, insistant sur le fait qu’il s’agissait avant tout d’un match de football.
Le tirage au sort de la Coupe du monde 2026 aura lieu le vendredi 18h00, heure de la Pologne. La couverture en direct sera assurée par Interia.



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