Publié le 24 septembre 2025. Une combinaison innovante de médicaments offre un nouvel espoir aux hommes atteints d’un cancer de la prostate avancé porteurs de mutations génétiques spécifiques, en ralentissant significativement la progression de la maladie. Une étude internationale majeure, coordonnée par l’University College London, révèle des résultats prometteurs concernant l’ajout du Niraparib aux traitements conventionnels.
- L’association du Niraparib au traitement standard (abyratérone et prednisone) réduit le risque de progression tumorale de 37 %.
- Chez les patients présentant des mutations BRCA1 ou BRCA2, cette réduction atteint 48 %.
- Le délai avant aggravation des symptômes est doublé pour les patients traités avec la nouvelle combinaison.
Les résultats de cette étude de phase III, baptisée Amplitude et impliquant 696 patients issus de 32 pays, ouvrent la voie à une médecine plus personnalisée dans la lutte contre le cancer de la prostate. Publiée dans la revue Nature Medicine, l’étude se concentre sur les hommes atteints d’un cancer de la prostate métastatique, une forme particulièrement agressive de la maladie.
Environ un quart des patients atteints d’un cancer de la prostate avancé présentent des anomalies dans les gènes impliqués dans la réparation de l’ADN, notamment BRCA1, BRCA2, Chek2 ou PALB2. Ces mutations compromettent un mécanisme essentiel, la « réparation par recombinaison homologue » (HRR), qui permet aux cellules de réparer les ruptures de l’ADN en utilisant une copie saine de la séquence génétique. Lorsque ce processus est défaillant, les cellules sont plus susceptibles de développer des mutations et de proliférer de manière incontrôlée.
L’étude Amplitude a consisté en un essai en double aveugle, où la moitié des participants ont reçu la combinaison de médicaments (Niraparib, abyratérone et prednisone), tandis que l’autre moitié a reçu un placebo en plus de l’abyratérone et de la prednisone. Les chercheurs ont constaté que l’ajout du Niraparib, un inhibiteur de Parp (une enzyme impliquée dans la réparation de l’ADN), réduisait significativement le risque de progression de la maladie.
Selon le professeur Gerhardt Attard, coordinateur de l’étude, les patients porteurs de mutations HRR répondent généralement moins bien aux traitements standards.
« La combinaison du traitement avec le Niraparib retarde la récidive de la maladie et, très probablement, prolonge considérablement la durée de vie. Les résultats soutiennent les tests génomiques au moment du diagnostic et l’utilisation ciblée de la thérapie là où le bénéfice est maximum. »
Gerhardt Attard, coordinateur de l’étude
Bien que les résultats soient encourageants, les chercheurs soulignent la nécessité d’un suivi à long terme pour confirmer l’impact de cette combinaison sur l’espérance de vie. Le traitement a été généralement bien toléré, mais certains effets indésirables, tels que l’anémie et l’hypertension artérielle, ont été plus fréquents chez les patients ayant reçu le Niraparib. Environ 25 % d’entre eux ont eu besoin de transfusions sanguines. Le nombre de décès liés au traitement était légèrement plus élevé dans le groupe traité avec la combinaison (14 cas contre 7 dans le groupe placebo), mais le taux de mortalité global est resté faible.
Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les hommes. Chaque année, environ 1,5 million de nouveaux cas sont recensés dans le monde, dont plus de 56 000 au Royaume-Uni. Malheureusement, environ 12 000 hommes au Royaume-Uni succombent chaque année à cette maladie. Cette nouvelle approche thérapeutique représente donc une avancée significative pour les patients disposant de peu d’options efficaces.
Les auteurs de l’étude insistent sur l’importance d’une évaluation plus approfondie des bénéfices à long terme et de l’impact des tests génétiques plus larges, ainsi que sur le développement de nouvelles techniques d’imagerie pour affiner la prise en charge des patients atteints de cancer de la prostate avancé.
