Publié le 4 novembre 2025 16h03. Une étude menée par Mass General Brigham révèle que les patients ayant subi une lésion traumatique de la moelle épinière (LTMÉ) présentent un risque accru de développer des problèmes de santé chroniques, soulignant la nécessité d’un suivi médical à long terme et proactif.
- Les patients atteints de LTMÉ sont plus susceptibles de souffrir d’hypertension, d’accident vasculaire cérébral, de diabète et de troubles psychiatriques.
- Le risque de décès est également plus élevé chez ces patients, même s’ils étaient en bonne santé avant la blessure.
- L’étude souligne l’importance de programmes de soins multidisciplinaires pour identifier et gérer les risques à long terme.
Les personnes ayant subi une lésion traumatique de la moelle épinière ne sont pas simplement confrontées aux défis immédiats de leur blessure. Une nouvelle recherche, publiée dans JAMA Network Open, démontre que ces patients sont particulièrement vulnérables au développement de pathologies chroniques, et ce, indépendamment de leur âge, de la localisation de la lésion ou de leur état de santé antérieur.
L’étude, conduite par des chercheurs de Mass General Brigham, s’est appuyée sur l’analyse de données provenant de cet établissement ainsi que du système de santé de l’Université de Californie (UC). Les dossiers hospitaliers de janvier 1996 à janvier 2024 ont été examinés, portant sur un total de 1 038 patients atteints de LTMÉ issus de Mass General Brigham et 1 711 patients de l’UC. Les chercheurs ont suivi l’évolution de ces patients jusqu’à 20 ans après leur blessure, documentant l’apparition de maladies chroniques et les décès.
Les résultats indiquent que les patients ayant subi une LTMÉ présentent un risque significativement plus élevé de développer de l’hypertension artérielle, de l’hypercholestérolémie, des accidents vasculaires cérébraux et du diabète, comparativement à un groupe témoin de personnes n’ayant pas subi ce type de blessure. Des troubles neurologiques et psychiatriques sont également plus fréquents dans cette population.
« Le parcours ne s’arrête pas lorsque les patients atteints de lésions traumatiques de la moelle épinière quittent l’hôpital ou la rééducation », explique le Dr Saef Izzy, neurologue au département de neurologie de Mass General Brigham et auteur correspondant de l’étude. « Des programmes devraient être mis en œuvre pour identifier les patients à risque afin que nous puissions mieux gérer leurs soins chroniques et traiter les problèmes de santé qui augmentent leur risque de décès. »
Saef Izzy, MD, FAAN, FNCS, neurologue
Les chercheurs soulignent que l’étude s’est basée sur des codes médicaux standardisés pour identifier les pathologies, ce qui peut introduire une certaine marge d’erreur. De plus, les patients souffrant déjà de maladies préexistantes ont été exclus de l’analyse, ce qui pourrait sous-estimer la prévalence réelle des maladies chroniques chez les personnes ayant subi une LTMÉ. Néanmoins, les conclusions de l’étude mettent en évidence un besoin urgent de stratégies de soins à long terme plus complètes et proactives pour cette population vulnérable.
« Ces résultats soulignent la nécessité de stratégies de soins de longue durée proactives et multidisciplinaires », conclut le Dr Izzy. « Des études futures sont nécessaires pour identifier des interventions efficaces visant à réduire le fardeau des maladies chroniques chez les patients ayant subi une LTMÉ. »
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