Home SantéUne nouvelle forme de diabète a été officiellement reconnue : le diabète de type 5 ne répond pas aux traitements habituels

Une nouvelle forme de diabète a été officiellement reconnue : le diabète de type 5 ne répond pas aux traitements habituels

by Sophie Martin

Publié le 28 décembre 2023. Après des décennies de débat, la Fédération Internationale du Diabète (FID) a officiellement reconnu une cinquième forme de diabète, touchant potentiellement jusqu’à 25 millions de personnes dans le monde, principalement dans les pays à faible revenu.

  • La FID encourage l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à reconnaître également ce nouveau type de diabète.
  • Le diabète de type 5, longtemps controversé, est lié à la malnutrition et ne répond pas aux traitements conventionnels.
  • Des recherches récentes mettent en évidence des altérations pancréatiques spécifiques liées à des carences nutritionnelles chroniques.

Longtemps considéré comme une curiosité médicale, le diabète de type 5, anciennement appelé diabète lié à la malnutrition (DLM), sort enfin de l’ombre. Décrit pour la première fois en 1955 en Jamaïque, il a été progressivement oublié, puis brièvement reconnu par l’OMS dans les années 1980 avant d’être retiré de la classification officielle en 1999, faute de preuves concluantes. Pendant près de sept décennies, l’existence même de cette forme de diabète a été remise en question par la communauté scientifique.

Contrairement aux diabètes de type 1, 2, 3c ou gestationnel, le diabète de type 5 n’est pas associé à l’obésité, au mode de vie, à la grossesse ou à des dysfonctionnements du système immunitaire. Il est principalement lié à une malnutrition sévère et prolongée. Cette spécificité rend les traitements habituels, basés sur la résistance à l’insuline, souvent inefficaces, voire potentiellement dangereux.

« Comprendre le type spécifique de diabète d’un patient est crucial pour choisir le bon traitement »,

Craig Beall, chercheur en diabète à l’Université d’Exeter

L’endocrinologue Meredith Hawkins, du Global Diabetes Institute de l’Albert Einstein College of Medicine, a milité pendant des années pour la reconnaissance officielle de ce type de diabète, particulièrement répandu en Asie et en Afrique, où l’insécurité alimentaire est une réalité quotidienne. Elle souligne l’importance d’une identification précise : « Le diabète lié à la malnutrition est plus répandu que la tuberculose et presque aussi courant que le VIH/SIDA, mais l’absence de nom officiel a entravé le diagnostic et le développement de thérapies efficaces. »

Des études récentes ont démontré que des carences nutritionnelles chroniques peuvent endommager le pancréas à long terme, perturbant la production d’insuline et l’équilibre glycémique. En 2022, Meredith Hawkins a publié une étude établissant un profil métabolique distinct pour le diabète lié à la malnutrition, révélant que les patients présentent une carence en insuline, mais y restent sensibles, contrairement aux patients atteints de diabète de type 2, qui développent une résistance à l’insuline.

Selon le Dr Rahul Garg, médecin indien, « le diabète de type 5 se distingue par une pathogenèse unique, associée à un développement compromis du pancréas suite à des périodes prolongées de malnutrition ». Face à ces nouvelles données, la FID a créé un groupe de travail, présidé par Meredith Hawkins, afin d’établir des critères de diagnostic et des directives de traitement, ainsi qu’un registre mondial pour la recherche et la formation des professionnels de la santé.

Le traitement du diabète de type 5 est délicat. Les patients peuvent nécessiter de faibles doses d’insuline ou des méthodes alternatives pour stimuler sa sécrétion, afin d’éviter des fluctuations dangereuses de la glycémie. « Un traitement à l’insuline inapproprié peut provoquer une hypoglycémie, un risque majeur dans les zones d’insécurité alimentaire et où la surveillance de la glycémie est difficile ou coûteuse », explique Meredith Hawkins.

Si le problème est particulièrement aigu en Asie et en Afrique, la malnutrition est également en augmentation dans certaines régions d’Amérique latine et des Caraïbes, en raison d’un ensemble complexe de facteurs économiques, politiques et environnementaux qui exacerbent les inégalités et la pauvreté. La FID insiste sur la nécessité de recherches approfondies et d’un plaidoyer constant pour lutter contre cette maladie négligée. « Une fois que vous avez vu de jeunes patients mourir du mauvais traitement d’une forme négligée de diabète, il n’y a pas de retour en arrière », conclut Meredith Hawkins.

Pour en savoir plus sur le diabète de type 5, vous pouvez consulter cet article de ScienceAlert.

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