La Suisse fait face à des tensions économiques après l’imposition de droits de douane américains de 39 % sur ses exportations, mais l’attention des marchés des changes se porte surtout sur les signaux d’un possible ralentissement de l’économie américaine. Cette situation a entraîné une pression à la baisse sur le dollar américain face au franc suisse et à l’euro, ouvrant la voie à de nouvelles opportunités pour les investisseurs.
Un déplacement de dernière minute à Washington par la présidente suisse, Viola Amherd, mercredi dernier, n’a pas permis d’empêcher l’instauration de ces droits de douane. Cette décision fait suite à une augmentation inattendue du taux initialement prévu par le président Donald Trump la semaine précédente, exacerbant les tensions commerciales.
La présidente Amherd a rencontré le secrétaire d’État Marco Rubio, mais pas le président Trump ni les principaux responsables du commerce. Elle avait proposé un taux de 10 %, mais cette offre a été rejetée, Washington insistant sur la nécessité de réduire son déficit commercial. Le rapatriement d’or suisse, motivé par les craintes liées à ces droits de douane, a contribué à l’aggravation de ce déficit.
Malgré ce coup dur économique, ce sont les perspectives économiques américaines qui ont le plus influencé les marchés des changes ces derniers jours. Les commentaires de responsables de la Réserve fédérale (Fed), notamment ceux de la gouverneure Lisa Cook, qui a qualifié le dernier rapport sur l’emploi de « préoccupant » et « typique des points de bascule », ont accentué la pression à la baisse sur le dollar, non seulement face au franc suisse, mais aussi face à d’autres devises européennes, dont l’euro.
L’USD/CHF a affiché une inversion baissière vendredi dernier, complétant un modèle d’étoile du soir à trois corps, souvent observé avant des retournements de marché. Bien que la paire n’ait pas encore accentué sa chute, l’orientation du prix et de la dynamique passe rapidement du haussier au neutre. Les analystes privilégient désormais la vente sur les rallyes plutôt que l’achat sur les baisses. Des niveaux de résistance se situent à proximité de 0,8112 et 0,8150, ce dernier étant particulièrement important. En cas de rupture du support autour de 0,8025, des niveaux à surveiller se situent à 0,7950, 0,7920 et le plus bas du 1er juillet à 0,7873.
L’EUR/USD a suivi une tendance similaire, affichant un modèle d’étoile du matin haussier après la publication du rapport sur l’emploi. La paire a dépassé la résistance de la tendance baissière de juillet, avant de buter sur une résistance mineure à 1,1600 jeudi, ce qui a entraîné un rebond haussier vers la résistance à 1,1665. Si ce niveau est franchi dans les prochains jours, des objectifs à 1,1720, 1,1788 et 1,1832 pourraient être visés, ainsi que la ligne de tendance rompue fin juillet, autour de 1,1730. Si 1,1665 tient, 1,1600 pourrait devenir un support.
L’indicateur RSI (14) montre une tendance haussière supérieure à 50, et le MACD est sur le point de franchir sa ligne de signal, ce qui confirme une dynamique neutre à légèrement positive, favorisant un biais haussier.
Les données économiques américaines de jeudi, la vente aux enchères d’obligations et les discours des membres du FOMC, Alberto Musalem et Raphael Bostic, seront particulièrement scrutés par les investisseurs cette semaine, compte tenu de la sensibilité des marchés des changes aux perspectives américaines. La nomination d’Adriana Kugler pour remplacer le gouverneur de la Fed démissionnaire pourrait également influencer les taux d’intérêt et, par conséquent, la valeur du dollar.
