Home AffairesVaste polémique autour de la faillite d’une boulangerie traditionnelle

Vaste polémique autour de la faillite d’une boulangerie traditionnelle

by Amélie Bernard

Publié le 21 novembre 2025 18h37. La boulangerie du Mecklembourg, une institution dans le nord de l’Allemagne, a déposé le bilan, suscitant des inquiétudes quant à l’avenir de ses 55 succursales et relançant le débat sur les difficultés rencontrées par les entreprises traditionnelles face à la conjoncture économique.

  • La boulangerie du Mecklembourg a déposé le bilan afin de garantir sa pérennité.
  • L’augmentation des coûts (personnel, énergie, matières premières) et l’évolution des habitudes de consommation sont pointées du doigt.
  • La situation provoque des tensions politiques entre la gauche et l’AfD sur les mesures à prendre pour soutenir les entreprises.

La boulangerie du Mecklembourg, forte de ses 55 établissements répartis dans la région des lacs du Mecklembourg et le nord du Brandebourg, est confrontée à de sérieuses difficultés financières. L’entreprise a annoncé avoir déposé le bilan, une décision justifiée par la volonté de préserver son activité et son avenir. Selon le directeur général, Günther Neumann, cette démarche permettra à l’entreprise de s’adapter à un marché difficile.

L’entreprise subit de plein fouet la hausse des coûts de production, notamment en ce qui concerne le personnel, l’énergie et l’achat des matières premières. Parallèlement, elle constate un changement dans les habitudes d’achat des consommateurs, qui se tournent de plus en plus vers des produits à bas prix, en particulier dans un contexte économique incertain. La production de produits surgelés avait déjà été arrêtée en janvier 2025, entraînant le licenciement de 50 salariés.

La situation de la boulangerie du Mecklembourg a rapidement dépassé le cadre des discussions économiques pour s’inviter dans le débat politique régional. Les déclarations de Henning Förster, expert du marché du travail pour le groupe parlementaire de gauche au parlement du Land, ont suscité la vive réaction de Michael Meister, porte-parole de la politique du marché du travail du groupe parlementaire de l’AfD.

« C’est tout à fait risible quand la gauche se lève et vante l’insolvabilité de l’autogestion comme la bière aigre. C’est vrai : l’augmentation massive des prix de l’énergie et des matières premières ainsi que la concurrence à bas prix affectent les boulangeries et d’autres entreprises. Ce que la gauche passe cependant sous silence, ce sont les coûts salariaux supplémentaires qui augmentent rapidement en raison de l’escalade de la politique sociale. »

Michael Meister, porte-parole de la politique du marché du travail du groupe parlementaire de l’AfD

Selon M. Meister, la pression fiscale exercée sur les entreprises est excessive et conduit à leur disparition, entraînant une augmentation du chômage et une dépendance accrue aux systèmes de sécurité sociale. Il plaide pour une réduction des coûts salariaux pour les employeurs et les employés, l’abolition de la progression à froid et des heures supplémentaires exonérées d’impôt.

De son côté, M. Förster a souligné que la procédure d’insolvabilité auto-administrée permettrait aux succursales de continuer à proposer quotidiennement des produits de boulangerie frais. Il a également précisé que l’indemnité d’insolvabilité versée par l’Agence fédérale pour l’emploi garantirait les salaires des employés jusqu’en janvier 2026.

« Ce n’est pas une bonne nouvelle. »

Henning Förster, expert du marché du travail pour le groupe parlementaire de gauche

La faillite de la boulangerie du Mecklembourg soulève la question plus générale de la pérennité des entreprises traditionnelles face aux défis économiques actuels. L’avenir de ces acteurs locaux, ancrés dans le tissu régional, reste incertain.

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