Home SantéVentilation par le bas : un chercheur découvre une méthode inhabituelle

Ventilation par le bas : un chercheur découvre une méthode inhabituelle

by Sophie Martin

Publié le 29 décembre 2025 à 11h15. Des chercheurs japonais explorent une méthode de ventilation artificielle radicalement nouvelle : l’oxygénation par voie rectale, une approche qui pourrait offrir une alternative en cas d’insuffisance respiratoire sévère.

  • Une équipe médicale japonaise a testé avec succès l’administration d’oxygène liquide par voie rectale chez des animaux, augmentant leur saturation en oxygène.
  • Des essais préliminaires sur des volontaires humains ont confirmé la sécurité de la méthode, bien que son efficacité à augmenter la consommation d’oxygène reste à démontrer.
  • Cette technique pourrait servir de complément à la ventilation traditionnelle dans les situations d’urgence où l’accès aux voies respiratoires est compromis.

La ventilation artificielle, qu’elle soit non invasive (par masque buccal ou nasal) ou invasive (via un tube trachéal), est une pratique courante pour soutenir les patients souffrant d’insuffisance respiratoire. Le Service d’information pulmonaire explique que cette assistance permet de maintenir un niveau d’oxygène suffisant dans le sang tout en éliminant le dioxyde de carbone. Mais un gastro-entérologue japonais a exploré une voie insoupçonnée : l’intestin.

Takanori Takebe, médecin spécialisé dans le tractus gastro-intestinal, a été motivé par le cas de son père, hospitalisé pour une pneumonie et nécessitant une assistance respiratoire. Selon Welt.de, il s’est inspiré de certaines espèces animales, comme le poisson-chat, capable d’absorber l’oxygène directement de l’eau via ses intestins pour compléter sa respiration branchiale en cas de manque d’oxygène. Standard.at précise que le poisson-chat absorbe l’air à la surface de l’eau et le dirige vers son intestin.

Dans le cadre de plusieurs expériences, Takebe et ses collaborateurs ont administré un liquide spécial contenant de l’oxygène, la perfluorodécaline, à des souris et des porcs par voie rectale, un peu comme un lavement. L’objectif était de permettre à l’oxygène d’être absorbé par le bas intestin et de passer directement dans la circulation sanguine. Les résultats ont montré une augmentation mesurable de la saturation en oxygène dans le sang. Ces découvertes ont été publiées dans la revue spécialisée The Lancet Respiratory Medicine.

Pour évaluer le potentiel de cette méthode chez l’homme, 27 volontaires masculins ont reçu une dose de perfluorodécaline par voie rectale, qui a été conservée dans leur corps pendant environ une heure. Si une augmentation significative de la consommation d’oxygène n’a pas été observée, la procédure s’est avérée sûre, comme le confirment les résultats publiés dans The Lancet Respiratory Medicine. Des doses allant jusqu’à 1 000 millilitres ont été bien tolérées, tandis que des douleurs abdominales ont été signalées chez quatre des six sujets ayant reçu des doses supérieures à 1 500 millilitres.

Reste à déterminer si cette technique pourra réellement être utilisée en clinique. Takanori Takebe envisage une application complémentaire à la ventilation classique, notamment dans les situations d’urgence où l’accès aux voies respiratoires est compromis. Cependant, des recherches plus approfondies sont nécessaires avant de pouvoir envisager une utilisation généralisée de cette approche innovante.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.