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Vous devriez connaître ces huit mythes

by Sophie Martin

Publié le 3 novembre 2025 à 03h00. De nombreuses idées reçues circulent sur la nutrition et les effets des aliments sur notre santé. Démêler le vrai du faux est essentiel pour adopter une alimentation équilibrée et éviter les mythes tenaces.

  • Manger tard le soir n’entraîne pas forcément une prise de poids, l’équilibre calorique quotidien restant primordial.
  • Contrairement à une croyance répandue, le café ne déshydrate pas l’organisme.
  • Le miel, bien que naturel, est aussi riche en sucres que le sucre blanc et doit être consommé avec modération.

De nombreuses affirmations sur l’alimentation sont souvent basées sur des idées préconçues ou des informations obsolètes. Il est donc crucial de s’appuyer sur des données scientifiques pour faire des choix éclairés. Plusieurs mythes courants ont été récemment remis en question par des experts en nutrition.

L’idée que manger tard le soir favorise la prise de poids est l’une d’entre elles. Si certaines études suggèrent un lien entre le moment des repas et l’augmentation du poids, d’autres ne confirment pas cette corrélation. Selon Claudia Müller, attachée de presse de la Société allemande de nutrition (DGE), « ce qui compte en fin de compte, c’est un bilan calorique quotidien équilibré. Cela signifie que vous ne devriez pas consommer plus de calories que vous n’en brûlez. » L’heure de la consommation n’est donc pas le facteur déterminant.

Néanmoins, il est conseillé d’éviter les repas copieux juste avant de se coucher, car le corps ralentit ses fonctions métaboliques et digestives pendant la nuit. Un repas lourd peut donc être plus difficile à digérer.

Une autre croyance tenace est que le café déshydrate. Pendant longtemps, le café a été considéré comme un diurétique puissant. Cependant, la DGE nuance cette affirmation. « Le café a un effet légèrement diurétique, surtout si on n’a pas l’habitude d’en boire et qu’on en consomme de grandes quantités. Mais le corps dispose de mécanismes de régulation pour compenser cette perte de liquide. »

En comparaison, le corps élimine un pourcentage similaire de liquide après la consommation d’eau potable. Selon l’Association professionnelle des internistes allemands, l’effet diurétique de la caféine est de courte durée. La DGE recommande de ne pas considérer le café comme un substitut à l’eau, mais plutôt comme un plaisir occasionnel en raison de sa teneur en caféine.

Le miel, souvent perçu comme une alternative plus saine au sucre, est également l’objet de mythes. Bien qu’il ait un goût naturel, le miel est composé à 80 % de sucres simples (fructose et glucose), similaires à ceux présents dans le sucre blanc. Il apporte environ 300 kilocalories pour 100 grammes, selon le Centre de conseil aux consommateurs. Sa consommation doit donc être modérée pour éviter les risques d’obésité, de caries et de diabète. La DGE recommande une consommation maximale de 50 grammes de sucre par jour, ce qui équivaut à environ trois cuillères à soupe de miel.

L’idée que plus on consomme de protéines, mieux c’est est également remise en question. La DGE estime que les besoins en protéines sont souvent suffisants avec une alimentation équilibrée. Elle recommande 0,8 gramme de protéines par kilogramme de poids corporel et par jour pour les adultes (19 à 65 ans). Pour une personne pesant 70 kilogrammes, cela représente 56 grammes de protéines. Les sportifs récréatifs ont des besoins similaires, tandis que les athlètes de haut niveau peuvent avoir besoin de 1,2 à 2 grammes par kilogramme de poids corporel par jour. Cependant, une consommation excessive de protéines peut être néfaste pour les reins et le cœur.

Enfin, l’affirmation selon laquelle la viande provoque le cancer est partiellement vraie. La DGE recommande de limiter la consommation de viande et de charcuterie à 300 grammes par semaine, en raison des conclusions d’une évaluation du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) en 2015. Le CIRC a classé la viande rouge comme « probablement cancérigène » et la viande transformée comme « définitivement cancérigène ». Plus de 800 études ont été analysées, révélant un lien entre la consommation de viande transformée et un risque accru de cancer du côlon. Des études supplémentaires suggèrent également un lien avec les maladies cardiovasculaires, la démence et le diabète de type 2 (étude, étude, étude).

Quant à l’idée que le sucre crée une dépendance, elle est nuancée. Bien que le sucre puisse activer le centre de récompense du cerveau et provoquer une libération de dopamine, l’hormone du bonheur, il n’est pas considéré comme une substance addictive au sens psychiatrique du terme. Selon Marc Tittgemeyer de l’Institut Max Planck de recherche métabolique, « le terme addiction est utilisé en psychiatrie comme un diagnostic clair, il convient donc d’être prudent lorsqu’on l’applique à des comportements quotidiens tels que la consommation de sucre. » Néanmoins, le sucre peut induire des comportements compulsifs et une envie de consommer davantage.

Enfin, l’idée qu’il ne faut rien boire pendant les repas est fausse. La DGE confirme que boire pendant les repas ne ralentit pas la digestion et peut même être bénéfique, en aidant à atteindre l’apport quotidien recommandé d’environ 1,5 litre d’eau. Boire un verre d’eau avant de manger peut également favoriser la satiété et réduire la quantité de nourriture consommée.

En ce qui concerne le sel, une consommation excessive peut effectivement augmenter la tension artérielle, mais une consommation trop faible peut également être problématique. La DGE recommande de ne pas dépasser six grammes de sel par jour (environ une cuillère à café) et de privilégier l’utilisation d’herbes et d’épices pour relever le goût des plats.

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