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Cancer colorectal, les signes à ne pas sous-estimer

by Sophie Martin

Publié le 2023-11-08 10:22:00. Le cancer colorectal, troisième cancer le plus fréquemment diagnostiqué en France, touche chaque année des dizaines de milliers de personnes. Un dépistage précoce et une meilleure compréhension des facteurs de risque sont essentiels pour améliorer les taux de survie.

  • En 2023, on estime que 26 800 hommes et 23 700 femmes seront diagnostiqués avec un cancer colorectal en France.
  • Le taux de survie nette à 5 ans après le diagnostic s’élève à 65 % chez les hommes et 66 % chez les femmes.
  • Le professeur Ermanno Leo, pionnier de la chirurgie conservatrice du côlon et du rectum, souligne l’importance du dépistage et de la prévention.

Le cancer colorectal représente 9,6 % de tous les cancers diagnostiqués dans le monde, selon les estimations GLOBOCAN 2023, se positionnant derrière le cancer du sein (11,6 %) et le cancer du poumon (11,4 %). En Italie, le rapport “Les chiffres du cancer en Italie 2022” révèle un taux de survie nette à 5 ans de 65 % pour les hommes et 66 % pour les femmes, qui grimpe à 77 % et 79 % respectivement pour ceux qui dépassent la première année suivant le diagnostic.

Souvent silencieux à ses débuts, le cancer colorectal peut se manifester par la présence de sang dans les selles ou des troubles du transit. Le professeur Ermanno Leo, chirurgien oncologue et titulaire de la Médaille d’or du mérite de la santé publique, se consacre à cette pathologie depuis la fin des années 1980. Il est reconnu pour avoir développé la première technique chirurgicale conservatrice et curative du côlon et du rectum. Ancien directeur de la Structure Complexe de Chirurgie Colorectale de l’Institut du Cancer de Milan, il a contribué à de nombreuses études de cas internationales.

Quels sont les premiers signes qui doivent alerter ? Selon le professeur Leo, il est crucial de prendre en compte les antécédents médicaux et familiaux du patient.

« Il est essentiel de recueillir les antécédents médicaux du patient et d’enquêter sur la situation familiale. En effet, dans 15 à 20 % des cas, il existe des antécédents familiaux de cancer colorectal. Au début de la maladie, le patient peut remarquer des traces de sang dans les selles et une modification de la motilité intestinale, mais dans de nombreux cas, le patient peut ne pas avoir de problèmes particuliers au début de la pathologie. »

Professeur Ermanno Leo, chirurgien oncologue

L’oncologue insiste sur l’importance des examens de dépistage, tels que la recherche de sang occulte dans les selles, la rectoscopie et la coloscopie.

En matière de nutrition, le professeur Leo se montre prudent :

« certes, consommer moins d’aliments transformés aide mais dire qu’il existe un aliment cancéreux ou nocif pour l’intestin, je refuse de le dire. Il suffit de penser que les premières traces de cancer ont été trouvées dans les os de momies égyptiennes il y a 2 millions d’années. »

Professeur Ermanno Leo, chirurgien oncologue

Il ajoute :

« Je m’occupe du diagnostic et du traitement et si un chercheur dit qu’il y a quelque chose de cancérigène à ce stade, il doit le retirer du marché et empêcher la propagation du produit incriminé. À ce jour, nous ne savons pas avec certitude ce qui déclenche une pathologie tumorale, pensons aux nombreux enfants hospitalisés dans les services d’oncologie pédiatrique, il pourrait évidemment y avoir un problème génétique. »

Professeur Ermanno Leo, chirurgien oncologue

Le professeur Leo souligne enfin l’importance de la prévention, en particulier chez les jeunes, car la détection précoce augmente considérablement les chances de guérison.

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